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de Bamako

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__La Francophonie fait de l'engagement démocratique une priorité

Le Symposium international sur le "Bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone", qui s'est tenu du 1er au 3 novembre 2000, à Bamako (Mali), a été marqué par l'adoption d'une "Déclaration de Bamako" réaffirmant l'attachement des pays francophones aux valeurs démocratiques et visant à garantir leur respect.

La Déclaration sera transmise au IXe Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Francophonie qui se tiendra à Beyrouth en octobre 2001.

Qualifiant la rencontre de Bamako de "moment de vérité et de partage"qui interpelle la communauté francophone sur "les déficits observés au cours de ces dernières années et qui se sont traduits par des conflits ethniques et religieux, des guerres civiles voire des situations d'anarchie", le président malien Konaré a rappelé que ce symposium qui se devait de "répondre aux mille impatiences qui s'expriment à travers toutes les couches sociales" au sein de l'espace francophone.

En matière de démocratie, "impératif suprême de la Francophonie", () "il n'y a pas de modèle unique" comme il n'y a pas d'action possible si "les ressources ne sont pas à la hauteur de nos ambitions", a souligné pour sa part Boutros Boutros-Ghali, "la Francophonie étant indissociable des notions de démocratie, de diversité et de solidarité".

Consolider l'Etat de droit

Pour la première fois, la Francophonie se dote, avec la Déclaration de Bamako, de moyens qui lui permettent de réagir vigoureusement en cas de crise ou de rupture de la démocratie et en cas de violations graves ou massives des droits de l'homme. Ainsi la suspension immédiate d'un pays sera prononcée en cas de coup d'Etat militaire contre un gouvernement issu d'élections démocratiques.

Partant du constat que le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone au cours de ces dix dernières années, comporte des acquis indéniables, mais qu'il présente aussi des insuffisances et des échecs, les délégués des Etats et gouvernements membres de la Francophonie s'engagent, dans cette Déclaration, à consolider l'Etat de droit, à tenir des élections libres, fiables et transparentes et à promouvoir une culture démocratique intériorisée ainsi que le plein respect des droits de l'homme.

Démocratie et droits de l'homme

Après avoir confirmé leur adhésion aux principes fondamentaux de la démocratie, ils ont affirmé que "la Francophonie, indissociable de la démocratie, fait de l'engagement démocratique une priorité qui doit se traduire par des propositions et des réalisations concrètes , () et que son action doit s'inspirer des pratiques et des expériences positives de chaque Etat et gouvernement membre". Ils ont également proclamé que la Francophonie condamnera désormais les coups d'Etat et toute autre prise de pouvoir par la violence, les armes ou quelqu'autre moyen illégal.

Les Etats et gouvernements entendent par ailleurs intensifier la coopération entre l'Organisation internationale de la Francophonie et les organisations internationales et régionales en vue de la démocratisation des relations internationales, et renforcer la concertation avec les organisations internationales non gouvernementales, particulièrement celles qui agissent dans les domaines de la démocratie et des droits de l'homme.

"Cette Déclaration, qui porte si justement son nom de Déclaration de Bamako, est aussi un hommage au Mali et à la façon dont S. E. Alpha Oumar Konaré préside à son destin", a estimé Boutros Boutros-Ghali, à la clôture du symposium.

Source: Organisation internationale de la Francophonie, novembre 2000.Haut de page