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__Les droits de l'homme, priorité du XXIe siècle
Flavio Cotti, Président de la Confédération helvétique /Janvier 1998


Allocution de M. Flavio Cotti, président de la Confédération Helvétique, à l'occasion de l'ouverture du Forum de Davos, le 29 janvier 1998 / (Extraits).

Mesdames et Messieurs, pour ce qui est de la substance même des discussions sur les priorités du siècle prochain, je ne veux pas préjuger des entretiens des jours à venir. De nombreuses questions, d'ordre économique et politique, seront sans doute soulevées. On parlera de politique de sécurité, de sauvegarde des bases naturelles d'existence et, facteur persistant, de mondialisation - phénomène prometteur et nouveau sous cette forme, qui marque l'interdépendance économique au plan mondial et la politique Internationale.

Ce ne sont que trois exemples de priorités parmi celles que vous aborderez en profondeur. Mais permettez-moi d'insister plus particulièrement sur une priorité qui nous tient à coeur et qui est aussi l'un des objectifs de la politique extérieure de la Suisse, je pense à la défense des droits de l'homme. En cette fin de siècle, on constate avec consternation que la barbarie est manifestement consubstantielle de la nature humaine. L'Holocauste, les purifications ethniques et l'oppression qui frappe les opposants politiques ont montré jusqu'à nos jours que nombre d'êtres humains ne sont pas respectueux en tant que tels.

Si nous voulons, conscients de notre responsabilité, définir les priorités du siècle prochain, si la reconnaissance des différences ethniques n'est pas un vain mot, alors l'une des priorités absolues du XXIe siècle devra être un engagement plus marqué en faveur de la défense des droits de l'homme. Si les 50 dernières années, sur ce continent surtout, auront été - malgré les revers -, celles de la pacification et d'une sécurisation accrue, le siècle à venir doit être celui des droits de l'homme.

La défense des droits de l'homme fait indiscutablement partie des préoccupations de la politique, de la coopération internationale, des Eglises. Permettez-moi toutefois, ici à Davos, d'établir un lien avec l'économie. Les objectifs d'un entrepreneur doivent s'inspirer à l'évidence de considérations économiques et financières, et le succès économique est et reste son souci majeur. Mais l'entrepreneur - mes contacts avec l'économie le confirment sans cesse - est aussi un être humain auquel l'éthique impose des valeurs. C'est ce qui explique aujourd'hui déjà la contribution souvent très efficace de l'économie en faveur des droits de l'homme, même si de par sa nature, cette contribution reste modeste et n'occupe pas la une des journaux - ce qu'elle ne cherche d'ailleurs pas.

Vos paroles, Mesdames et Messieurs les représentants de l'économie, si vous les prononcez au juste moment et au bon endroit, peuvent avoir un effet considérable. Il ne s'agit évidemment pas d'échanger des banalités philosophiques, Mais il me semble que jour après jour, et de plus en plus, votre position vous permet de glisser dans le dialogue entre la politique et l'économie des questions très concrètes sur les droits de l'homme, sans pour autant que soient remis en cause vos objectifs d'entrepreneur. Vous contribuerez ainsi de façon décisive à faire du XXIe siècle le siècle des droits de l'homme.(...)

Pour moi, une chose est donc certaine: même si le World Economic Forum de Davos avait été placé cette année sous un autre signe que celui des priorités futures, Davos est et reste un cadre privilégié de notre tâche commune - la construction de l'avenir en un dialogue où règne la confiance.

M. Flavio Cotti, Président de la Confédération Helvétique, Forum de Davos, 29 janvier 1998.Up