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LES MESSAGES 2005 |
1999
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| Déclarations de M. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, et de Mme Mary Robinson, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, à l'occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l'homme, le 10 décembre 1999. |
En cette année 1999, la Journée des droits de l'homme doit être celle du souvenir et du renouveau. Elle est l'occasion de se souvenir de ceux, nombreux, qui ont été victimes d'atteintes aux droits de l'homme tout au long de ce siècle, et de s'engager à nouveau à faire du respect des droits de l'homme non p lus un espoir lointain mais une réalité concrète pour l'humanité tout entière.
En cette Journée des droits de l'homme, la dernière du XXe siècle, engageons-nous à redoubler d'efforts pour vaincre le racisme sous toutes ses formes. Le racisme, la discrimination, le sectarisme et l'intolérance sont à l'origine des plus grands crimes et des guerres les plus sanglantes du siècle qui s'achève. Un siècle qui, par ailleurs, a été témoin d'authentiques progrès sur la voie de la reconnaissance des droits fondamentaux et de la dignité de tous les être humains, sans distinction de race ou d'origine ethnique.
Notre tâche est loin d'être achevée. Pour chaque enfant sauvé du racisme, un autre subit les conséquences les plus dramatiques de ce fléau.
Pour chaque homme et chaque femme qui vivent à l'abris de la persécution, trop d'autres ont payé de leur vie leur appartenance ethnique.
Le racisme peut détruire la trame même de l'humanité![]()
Les cicatrices de la décennie écoulée - celles du Rwanda, de la Bosnie, du Kosovo - montrent que le racisme peut détruire la trame même de l'humanité. En cette Journée des droits de l'homme, réaffirmons notre attachement à l'idéal d'un monde multiculturel dans lequel toutes les races et tous les groupes ethniques puissent cohabiter en paix.
Un tel monde est à notre portée, nous le savons. Et nous savons aussi que la diversité et la tolérance rendent les pays et les peuples meilleurs, plus forts et plus riches spirituellement.
Au seuil du nouveau millénaire, efforçons-nous tous d'oeuvrer pour promouvoir la compréhension et vaincre le racisme, en faisant le pari de la diversité, en enseignant la tolérance et en traitant chaque être humain avec le respect qu'il mérite. La chose est simple, et possible. Pour peu que l'humanité mérite son nom.
La dernière Journée internationale des droits de l'homme du siècle a une signification particulière. Nous pouvons nous montrer encouragés par les grands pas que nous avons effectués, au cours des 50 dernières années, dans la création de normes globales des droits de l'homme. Mais nous devons être honnêtes et reconnaître à quel point cette performance reste éloignée de l'objectif des droits de l'homme pour tous. Qui peut être optimiste face à l'un des siècles les plus sanglants de l'humanité ou en sachant que malgré le serment que le génocide ne se reproduira jamais, il a défiguré le monde plus d'une fois au cours de la dernière décennie.
Pourtant, je continue de croire que nous devons faire face au nouveau siècle dans un esprit d'espoir et de détermination. Un espoir fondé sur le fait que des batailles importantes ont été gagnées, par exemple, la défaite de l'apartheid. Une détermination née du fait que les droits de l'homme occupent désormais une place centrale et qu'il ne pourrait peut-être plus y avoir une meilleure occasion de mettre véritablement en pratique les droits de l'homme qu'ils soient économiques, sociaux, culturels, civils ou politiques. Dans le contexte des perceptions différentes de la mondialisation, le défi majeur sera de trouver un terrain d'entente pour la promotion du droit au développement.
Le racisme et la xénophobie sont des causes puissantes des conflits![]()
Le racisme, la discrimination raciale, l'intolérance et la xénophobie sont au premier plan de mes pensées, cette année, alors que débutent les préparatifs de la Conférence internationale contre le racisme qui doit se tenir en 2001 en Afrique du Sud. En mai [2000], la première conférence préparatoire se tiendra à Genève et des conférences régionales auront lieu dans le monde, au cours de l'année à venir.
Le racisme et la xénophobie sont des causes puissantes des conflits. En effet, si vous regardez attentivement les origines des confrontations les plus violentes de l'histoire, vous verrez, à l'oeuvre, leur influence maléfique. Et ils se trouvent partout. Chaque société compte au moins quelques personnes intolérantes à la différence, qu'elle soit ethnique ou religieuse, et dont l'intolérance trouve une expression violente. L'importance cruciale de la Conférence internationale contre le racisme réside dans le potentiel qu'elle a de forger une nouvelle vision de la lutte contre le racisme pour le XXIe siècle. En tant que secrétaire générale de la Conférence, mon objectif sera d'assurer que des stratégies nouvelles et pratiques soient identifiées pour combattre, de manière plus efficace, le racisme et la xénophobie.
Nelson Mandela, exemple du triomphe du pardon sur la haine et de la réconciliation sur la vengeance
Je veillerai, en particulier, à ce que les femmes dirigeantes et les jeunes gens prennent des initiatives dans leurs communautés nationale et locale, des initiatives qui nous aident à forger une communauté mondiale engagée dans la cause des droits de l'homme pour tous, quels que soient la race, le sexe ou le credo. Il est juste que la Conférence internationale ait lieu en Afrique du Sud où Nelson Mandela a donné un tel exemple du triomphe du pardon sur la haine et de la réconciliation sur la vengeance.
Chacun de nous peut jouer un rôle dans la lutte contre le racisme et la xénophobie, sur les lieux d'enseignement, de travail, dans son village, dans sa ville. Ce faisant, nous rendrons le plus grand hommage dont nous soyons capables aux auteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme lorsqu'ils ont proclamé que tous les êtres humains sont égaux en dignité et en droit.
Source : Département de l'information (DPI), Nations unies, New York, 2 et 8 décembre 1999.![]()