![]() |
![]() |
|
LES MESSAGES 2005 |
2000
|
| Message de Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. |
Chaque année, en cette Journée des droits de l'homme, nous pensons à tous ceux qui, tant au niveau local, national, régional qu'international, oeuvrent en faveur des droits de l'homme. Le nombre de ceux qui s'occupent de droits de l'homme ne cesse d'augmenter. Ils viennent de toutes les couches de la société. Cette année, pour la première fois, une représentante spéciale du Secrétaire général sur la situation des défenseurs des droits de l'homme a été nommée, ce qui constitue une reconnaissance méritée du rôle essentiel que jouent les défenseurs des droits de l'homme, de leur courage et des risques que prennent nombre d'entre eux.
L'espoir qu'un nouveau siècle donnerait un nouveau départ pour réussir à enseigner le respect des droits de l'homme ne s'est pas encore réalisé. Ayant eu l'occasion cette année de constater par moi-même la situation des droits de l'homme en Tchétchénie, au Timor oriental, en République démocratique du Congo et en Colombie, j'ai pu réaliser les défis auxquels nous sommes confrontés.
L'impression la plus vive et la plus troublante que j'ai rapportée de ma récente visite en Israël et dans les territoires palestiniens occupés a été celle de deux peuples liés par l'histoire et la géographie mais séparés aujourd'hui par un large fossé qui va s'élargissant dans la perception qu'ils ont l'un de l'autre. J'ai entendu deux discours différents, les uns préoccupés et on peut les comprendre par les questions de sécurité et les autres subissant les humiliation quotidiennes, des discriminations mesquines avec un sentiment d'impuissance face à l'occupation, rendue plus brutale encore par le recours excessif à la force. J'ai recommandé qu'une forme de surveillance internationale soit mise en place dans les territoires palestiniens occupés afin de briser le cycle des violences quotidiennes faisant des victimes dans les deux camps pour ainsi encourager la reprise du dialogue.![]()
Je suis convaincue que la voie à suivre pour assurer un avenir de paix et de stabilité au Moyen-Orient consiste, pour toutes les parties concernées, à se conformer au droit international en matière de droits de l'homme et de droit humanitaire. C'est d'ailleurs le défi qui doit être relevé dans toutes les régions du monde : il s'agit d'enraciner une culture des droits de l'homme par le biais de l'éducation et de la formation aux droits de l'homme, de soutenir le renforcement des capacités en ce qui concerne l'état de droit et le système judiciaire, d'assurer la mise en oeuvre au niveau national des normes et standards internationaux dans le domaine des droits de l'homme. Il faut accorder une plus grande priorité à ces questions, notamment en consacrant davantage de ressources et en assurant une meilleure coordination des efforts entre les institutions et programmes des Nations unies et les organisations régionales. Il nous faut mettre davantage l'accent sur la prévention des violations des droits de l'homme avant qu'elles ne se produisent.
La Déclaration du Sommet du Millénaire a lancé un appel en faveur de l'instauration d'une paix juste et durable dans le monde entier conformément aux buts et aux principes inscrits dans la Charte. Je crois fermement que le moyen le plus sûr de réaliser cet objectif est d'enseigner le respect des droits de l'homme. Il y a une mesure pratique que nous pouvons tous prendre. Elle consiste à accélérer la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et toutes les formes d'intolérance qui y sont associées. Ces facteurs sont à l'origine de nombreux conflits. Nous disposons d'une occasion unique de relancer la lutte contre le racisme et la xénophobie dans le cadre des préparatifs de la Conférence mondiale contre le racisme qui se tiendra à Durban (Afrique du Sud), en septembre [2001]. Tirons parti de cette occasion qui nous est donnée pour modifier réellement les attitudes et stratégies afin de combattre le racisme. Nous pourrons ainsi concrètement contribuer à l'édification d'une paix durable fondée sur une véritable culture des droits de l'homme.
Source : Département de l'information (DPI), Nations unies, Genève, 7 décembre 2000.![]()