2009
__Ban Ki-moon réclame des mesures pour l'émancipation des femmes, la lutte contre la violence sexuelle et la promotion de l'image de la femme dans les medias

Dans un discours prononcé le 5 mars 2009, à l'occasion du lancement de la série de manifestations prévues dans le cadre de la Journée internationale de la femme du 8 mars 2009, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé à accentuer l'action internationale contre la violence faite à l'égard des femmes et des jeunes filles.
L'intervention du secrétaire général des Nations unies ouvrait les travaux de la table ronde de haut niveau organisée par le Bureau de la Conseillère spéciale pour la parité des sexes et la promotion de la femme du Département des affaires économiques et sociales et le Département de l'information, autour du thème retenu pour la Journée cette année : "Les femmes et les hommes unis pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles".
Ce thème est d'ailleurs lié à la campagne de Ban Ki-moon, lancée en 2008, et appelant les peuples et les gouvernements du monde entier à s'unir pour mettre fin à cette violence à l'égard des femmes et des filles (UniTE to end Violence Against Women). Cette campagne se poursuivra jusqu'en 2015, date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
Se fondant sur les liens qui existent entre la violence faite aux femmes et les OMD, Ban Ki-moon, a déclaré que "nous devons faire cesser cette violence ordinaire, profondément ancrée dans la société, qui détruit des vies, ruine la santé, entretient la pauvreté et entrave la réalisation de l'égalité entre les femmes et les hommes et l'émancipation des femmes".
Le secrétaire général des Nations unies a rappelé que cette violence "est en contradiction flagrante avec la promesse de la Charte des Nations Unies de "favoriser le progrès social et d'instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande", tout en reconnaissant que "de plus en plus, les hommes commencent eux aussi à s'élever contre cette violence, infamante pour nos sociétés".
Au titre des solutions, il a notamment soutenu qu'il fallait des politiques économiques et sociales qui favorisent l'émancipation des femmes. Mais aussi mettre en place des programmes et des budgets pour promouvoir la non-violence.
Selon Ban Ki-moon, il faut également améliorer l'image des femmes dans les médias, et instaurer des lois qui érigent la violence en crime et qui obligent les auteurs à répondre de leurs actes. En même temps, il faut faire respecter ces lois.
LE MESSAGE DE BAN KI-MOON
Message du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, célébrée le 8 mars 2009.
Il y a un an, j’ai lancé une campagne appelant les peuples et les gouvernements du monde entier à s’unir pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette campagne se poursuivra jusqu’en 2015, date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, parce qu’il existe entre elle et les Objectifs du Millénaire un lien évident. Nous devons faire cesser cette violence ordinaire, profondément ancrée dans la société, qui détruit des vies, ruine la santé, entretient la pauvreté et entrave la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes et l’émancipation des femmes.
Il existe également un lien entre la violence faite aux femmes et la propagation du VIH/sida. Dans certains pays, pas moins d’une femme sur trois est battue, contrainte à avoir des relations sexuelles ou est victime d’une autre forme de violence à un moment ou à un autre de sa vie. En temps de guerre, les femmes et les filles sont systématiquement et délibérément victimes de viol et de violences sexuelles.
La violence à l’égard des femmes est en contradiction flagrante avec la promesse de la Charte des Nations unies de "favoriser le progrès social et d’instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande". Ses répercussions vont bien au-delà des conséquences immédiatement visibles. Blessures mortelles, frais médicaux et perte d’emploi ne sont que la pointe de l’iceberg. Les effets de cette violence sur les femmes et les filles, mais aussi sur leur famille, sur leur groupe social et sur la société en général, mesurés au nombre de vies anéanties, sont incalculables. Et bien trop souvent, ces crimes demeurent impunis et leurs auteurs libres. Il n’est aucun pays, aucune culture ni aucune femme, jeune ou âgée, qui soit à l’abri de ce fléau.
De plus en plus, les hommes commencent eux aussi à s’élever contre cette violence, infamante pour nos sociétés. La Campagne du ruban blanc et V-Men, le volet masculin du mouvement V-Day, sont de bons exemples de cette mobilisation mondiale. Et à l’échelon local aussi, des hommes enseignent à d’autres hommes qu’il existe une autre voie et que les "vrais hommes" ne battent pas les femmes.
Faire évoluer les mentalités et bousculer des habitudes ancrées depuis des générations n’est pas chose facile. C’est à nous tous simples citoyens, organisations et gouvernements que revient cette tâche. Nous devons oeuvrer ensemble pour dire haut et fort, au niveau le plus élevé, que la violence, quelles qu’en soient la forme et les circonstances, ne sera plus tolérée.
Il nous faut des politiques économiques et sociales qui favorisent l’émancipation des femmes. Il nous faut des programmes et des budgets pour promouvoir la non-violence. Il faut améliorer l’image des femmes dans les médias. Il faut des lois qui érigent la violence en crime et qui obligent les auteurs à répondre de leurs actes, et il faut faire respecter ces lois.
La campagne "Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes" encourage les hommes et les femmes à se donner la main pour s’opposer à cette violence. Ce n’est qu’en unissant nos forces que nous bâtirons des sociétés plus équitables et pacifiques. Alors, en cette Journée internationale de la femme, engageons-nous, tous, à agir pour faire changer les choses.
Sources : Nations unies, New York, mars 2009.
