L'esclavage n'a pas disparu, indique le secrétaire général des Nations unies, le 2 décembre 2003, à l'occasion de la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage. Kofi Annan affirme la responsabilité particulière des Nations unies dans la lutte contre toutes les formes contemporaines d'esclavage.
"Il ne se passe pratiquement pas de jour sans que des nouvelles consternantes nous parviennent : victimes de formes d'esclavage anciennes ou modernes, des hommes, des femmes et des enfants sont exploités, au mépris de leur dignité et de leurs droits fondamentaux", malgré les lois d'abolition et les nombreux instruments internationaux en interdisant la pratique, fait observer Kofi Annan dans son message diffusé à l'occasion de cette Journée.
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"L'Organisation des Nations unies, dont l'acte fondateur
proclame la foi de la communauté internationale dans les
droits fondamentaux de l'homme et dans la dignité et la
valeur de la personne humaine, a une responsabilité particulière
lorsqu'il s'agit de lutter contre toutes les formes contemporaines
d'esclavage et pratiques analogues", souligne-t-il. "Si
nous voulons gagner ce combat, nous devons nous attaquer à
ses causes profondes que sont la pauvreté, l'exclusion,
l'illettrisme, l'ignorance et la discrimination sous toutes ses
formes.
A cette fin, le secrétaire général des
Nations unies plaide pour un renforcement de l'arsenal juridique,
exhortant "les Etats à ratifier et à mettre
en application les deux protocoles additionnels à la Convention
contre la criminalité transnationale organisée
- le Protocole visant à prévenir, réprimer
et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et
des enfants, et le Protocole contre le trafic illicite de migrants
par terre, air et mer".
Kofi Annan les encourage également à verser des
contributions au Fonds de contributions volontaires des Nations unies pour la lutte contre les formes contemporaines d'esclavage, qui fournit une aide aux victimes de l'esclavage et de pratiques analogues.
LE MESSAGE DE KOFI ANNAN
Un peu partout dans le monde, des lois ont été
adoptées pour abolir l'esclavage et de nombreux instruments
internationaux en interdisent la pratique. Pourtant, il ne
se passe pratiquement pas de jour sans que des nouvelles consternantes
nous parviennent : victimes de formes d'esclavage anciennes
ou modernes, des hommes, des femmes et des enfants sont exploités,
au mépris de leur dignité et de leurs droits fondamentaux,
et sont ainsi privés de tout espoir d'améliorer
leur sort.
L'esclavage, la traite des êtres humains et les pratiques
apparentées comme la servitude pour dettes, la prostitution
et le travail forcés constituent des violations des droits
les plus fondamentaux que sont le droit à la vie, le droit
à la dignité et à la sécurité,
le droit à des conditions de travail équitables
et satisfaisantes, le droit à la santé et le droit
à l'égalité. Ces droits, nous les possédons
tous, indépendamment de notre sexe, de notre nationalité,
de notre statut social, de notre profession ou de toute autre
considération.
L'Organisation des Nations unies, dont l'acte fondateur proclame
la foi de la communauté internationale dans les droits
fondamentaux de l'homme et dans la dignité et la valeur
de la personne humaine, a une responsabilité particulière
lorsqu'il s'agit de lutter contre toutes les formes contemporaines
d'esclavage et pratiques analogues. Si nous voulons gagner ce
combat, nous devons nous attaquer à ses causes profondes
que sont la pauvreté, l'exclusion, l'illettrisme, l'ignorance
et la discrimination sous toutes ses formes.
Nous devons aussi renforcer notre arsenal juridique.
J'exhorte les Etats à ratifier et à
mettre en application les deux protocoles additionnels à
la Convention des Nations unies contre la criminalité
transnationale organisée - le Protocole visant à
prévenir, réprimer et punir la traite des personnes,
en particulier des femmes et des enfants, et le Protocole contre
le trafic illicite de migrants par terre, air et mer.
J'engage également les Etats à
faire usage des Principes et directives concernant les droits
de l'homme et la traite des êtres humains, outil élaboré
par le Haut Commissariat aux droits de l'homme pour assurer à
ces droits une place centrale dans les stratégies nationales,
régionales et internationales de lutte contre la traite
des êtres humains.
J'encourage enfin les Etats à verser des
contributions au Fonds de contributions volontaires des
Nations unies pour la lutte contre les formes contemporaines d'esclavage,
qui fournit une aide aux victimes de l'esclavage et de pratiques
analogues.
L'esclavage n'a pas disparu. En cette Journée internationale
pour l'abolition de l'esclavage, réaffirmons notre
engagement à mettre fin à cette pratique intolérable
et notre détermination à prendre les mesures qui
s'imposent pour y parvenir.
Source : Nations unies, New York, 2 décembre
2003.