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Journée internationale des droits de l'homme






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2004
__Violence contre les femmes : le mariage forcé poursuivi comme crime contre l'humanité

A l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre 2004, le secrétaire général des nations unies, Kofi Annan, a attiré l'attention sur le fait qu'en mai 2004, une décision du tribunal pour la Sierra Leone permettait de poursuivre le mariage forcé en tant que crime contre l'humanité, tandis que la haut commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, et l'Experte des Nations unies sur cette question, Yakin Ertürk, rappelaient qu'en dépit de décennies de lutte, la violence contre les femmes restait peut-être la violation la plus répandue des droits de l'homme.

Dans un message diffusé à l'occasion de la journée, Kofi Annan a fait observer que "la violence à l'égard des femmes était un phénomène mondial présent dans toutes les sociétés et toutes les cultures, qui touche les femmes sans distinction de race, d'origine ethnique ou sociale, de fortune, de naissance ou de statut quel qu'il soit".

Il a particulièrement insisté sur un aspect de cette violence, celle fondée sur le sexe, particulièrement répandue dans les situations de conflit armé et a par ailleurs attiré l'attention sur la mesure prise en mai 2004 par la Chambre de première instance du Tribunal spécial pour la Sierra Leone qui a accepté d'ajouter un chef d'accusation supplémentaire, celui de "mariage forcé", aux actes d'accusation établis contre six défendeurs.

"Pour la première fois, le mariage forcé va être poursuivi en tant que crime contre l'humanité", a-t-il souligné. Un aspect aggravant de cette violence sexuelle, qui a lieu trop souvent sous la contrainte et sans protection est "sa dimension mortelle liée au risque de contraction du VIH", a-t-il également fait valoir.

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour, et la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Yakin Ertürk, ont pour leur part fait observer dans une déclaration conjointe que cette commémoration venait rappeler qu'en dépit de décennies de lutte, la violence contre les femmes restait "peut-être la violation des droits humains la plus répandue".Up

"Trop souvent, cette violence est tolérée et ses auteurs excusés", ont-elles souligné, avant de rappeler que "les Etats ont l'obligation de protéger les droits des femmes, d'accorder justice aux victimes et de tenir les auteurs pour responsables de leurs actes".

Elles ont attiré l'attention sur la nécessité de revoir toute législation inadéquate et d'appliquer effectivement la protection juridique existante. "Cela exige plus qu'un simple engagement rhétorique", ont-elles remarqué. "Il faut dégager des ressources pour améliorer l'accès à la justice, former et sensibiliser les juges et autres professions juridiques, ainsi que les agents responsables de l'application des lois à tous les niveaux, fournir un abri et une assistance juridique aux victimes et lancer des campagnes de sensibilisation effectives à l'attention du public".

"La communauté internationale doit absolument traiter cette question de manière concrète", ont affirmé Louise Arbour et Yakin Ertürk.

LE MESSAGE DE KOFI ANNAN

K. AnnanMessage du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre 2004.

La violence à l'égard des femmes est un phénomène mondial présent dans toutes les sociétés et toutes les cultures, qui touche les femmes sans distinction de race, d'origine ethnique ou sociale, de fortune, de naissance ou de statut quel qu'il soit.

La violence fondée sur le sexe est particulièrement répandue dans les situations de conflit armé, qui exposent les femmes et les filles au viol et à d'autres formes de violence sexuelle, ainsi qu'à la traite. En mai [2004], un pas important a été fait dans la lutte contre l'impunité dont jouissent les auteurs de tels crimes quand la Chambre de première instance du Tribunal spécial pour la Sierra Leone a accepté d'ajouter un chef d'accusation supplémentaire, celui de "mariage forcé", aux actes d'accusation établis contre six défendeurs. Pour la première fois, le mariage forcé va être poursuivi en tant que crime contre l'humanité.

Comme si la violence à l'égard des femmes n'était pas assez grave en soi, elle a en outre aujourd'hui une dimension mortelle liée au risque de contraction du VIH. La violence sexuelle rend les femmes plus vulnérables au virus. Trop souvent, sous la menace, elles sont contraintes d'avoir des rapports sexuels sans protection. La violence empêche aussi certaines d'entre elles d'obtenir l'information dont elles ont besoin, de suivre un traitement, ou même tout simplement d'en parler.

Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, l'organe qui surveille l'application de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes poursuit ses efforts déterminés pour amener la communauté internationale à faire de ce problème une de ses grandes priorités. Le Protocole facultatif se rapportant à la Convention donne aux femmes et aux groupes de femmes le droit de pétition et pourrait devenir un instrument très efficace de lutte contre la violence fondée sur le sexe et d'autres violations des droits des femmes.Up

En cette 5e Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, réjouissons-nous que le problème soit de mieux en mieux compris. Mais engageons-nous aussi à faire tout ce que nous pouvons pour protéger les femmes, bannir la violence dont elles sont victimes et bâtir un monde dans lequel elles puissent exercer leurs droits et libertés sur un pied d'égalité avec les hommes.

L'APPEL DE LOUISE ARBOUR ET YAKIN ERTÜRK

Louise ArbourLouise Arbour et Yakin Ertürk ont rendu public cet appel à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes.

Yakin Ertürk"La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Mme Louise Arbour, et la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Mme Yakin Ertürk, ont publié une déclaration conjointe à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes. Dans cette déclaration, elles soulignent que la commémoration de cette Journée vient rappeler à chacun qu'en dépit de décennies de lutte contre ce phénomène, la violence contre les femmes reste un obstacle majeur pour la jouissance de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales à travers le monde.

"Que ce soit en période de conflit ou en temps de paix, dans la sphère publique ou dans le domaine privé, la violence contre les femmes est peut-être la violation des droits de l'homme la plus répandue. Trop souvent, cette violence est tolérée et ses auteurs excusés.

"Mmes Arbour et Ertürk rappellent que les Etats ont l'obligation de protéger les droits des femmes, d'accorder justice aux victimes et de tenir les auteurs pour responsables de leurs actes. Elles soulignent à cet égard la nécessité de revoir toute législation inadéquate et d'appliquer effectivement la protection juridique existante. Cela exige plus qu'un simple engagement rhétorique, insistent-elles : il faut dégager des ressources pour améliorer l'accès à la justice; former et sensibiliser les juges et autres professions juridiques, ainsi que les agents responsables de l'application des lois à tous les niveaux; fournir un abri et une assistance juridique aux victimes; et lancer des campagnes de sensibilisation effectives à l'attention du public.

"La haut commissaire aux droits de l'homme et la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes remercient le mouvement des femmes pour s'être positionné en première ligne du combat ainsi que pour les activités qu'il entreprendra dans les jours à venir - jusqu'au 10 décembre 2004, Journée des droits de l'homme.

"La communauté internationale doit absolument traiter cette question de manière concrète, affirment Mmes Arbour et Ertürk. Eliminer la violence fondée sur le sexe reste aujourd'hui l'un des défis les plus difficiles à relever. Pour y parvenir, il faut d'une part que l'individu et la communauté y soient résolus et, d'autre part, que se manifeste une volonté politique de la part des Etats. Des outils pour parvenir à l'élimination de la violence contre les femmes ont été élaborés; il convient désormais de les appliquer effectivement.

"Aujourd'hui, nous sommes solidaires des femmes qui, partout dans le monde, ont souffert de la violence et qui demandent, avec courage et persévérance, le respect de leur dignité", concluent Mme Arbour et Mme Ertürk".

Sources : Nations unies, New York et Genève, 26 novembre 2004.
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