2006
__Pour combattre la violence à l'encontre des femmes, nous devons montrer une fois pour toutes qu'elle n'est ni tolérée ni excusable, déclare Kofi Annan
Message du secrétaire général des nations unies, Kofi Annan, à l'occasion de la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre 2006.
Les violences que subissent les femmes causent d'indicibles
souffrances, détruisent les familles d'une génération
à l'autre et appauvrissent les communautés. Elles
empêchent leurs victimes de réaliser leurs potentialités,
restreignent la croissance économique et retardent le développement.
En matière de violence contre les femmes, il n'y a pas
de société civilisée.
J'ai fait paraître [en octobre 2006] une étude
approfondie dont les conclusions montrent que la moitié
de l'humanité vit sous la menace de cette forme de violence,
sur tous les continents, dans tous les pays et toutes les cultures,
indépendamment du revenu, de la classe socioéconomique,
de la race ou de l'ethnie. Et pourtant, nous vivons dans un ordre
mondial où les droits de l'homme ont été
reconnus par la loi et garantis par les instruments internationaux;
et pourtant, nous savons que l'exercice des droits de l'homme
est indispensable au bien-être de l'être humain, de
son milieu et du reste du monde; et pourtant, les dirigeants de
la planète se sont engagés au Sommet mondial de
2005 à redoubler d'efforts pour faire disparaître
la violence contre les femmes sous toutes ses formes.
Pour lutter contre ce fléau, nous devons faire évoluer
un état d'esprit qui est encore trop courant et trop enraciné
et montrer une fois pour toutes que cette violence n'a droit
à aucune tolérance et qu'elle est inexcusable.
Il y a des années que les mouvements et les associations
de femmes du monde entier s'efforcent sans relâche de faire
sortir la violence contre les femmes de la sphère privée
pour la porter sur la place publique, celle de la responsabilité
des Etats. Beaucoup de pays ont adopté et mis en application
des lois efficaces et offert aux victimes des services complets,
attentifs aux sensibilités propres à leur sexe.
La normalisation internationale a également progressé.
Le moment est venu de passer à la vitesse supérieure. L'Organisation des Nations unies doit assumer les fonctions mieux coordonnées d'un chef de file plus visible et plus ferme. Les Etats membres doivent mettre plus largement en uvre l'encadrement juridique et politique international auquel ils ont souscrit. Et nous devons, les uns et les autres, constituer des partenariats puissants et efficaces avec la société civile, qui a un rôle décisif à jouer sur tous les fronts de cette lutte.
Tous ensemble nous devons créer des conditions telles
que la violence contre les femmes ne sera plus tolérable.
En me commandant l'étude dont je parlais, les Etats membres
ont montré qu'ils étaient prêts à se
mettre à la tâche.
Maintenant que nous disposons des recommandations qui en découlent,
il nous reste à mobiliser la volonté politique et
les ressources qui nous permettront de les appliquer. En cette
Journée internationale de l'élimination de la
violence à l'égard des femmes, nous devons tous,
hommes et femmes, joindre nos efforts pour accomplir cette mission.
Source : Nations unies, New York, novembre 2006.