2003
__Kofi Annan : "Nous réaffirmons également notre ferme volonté de traduire les bourreaux en justice et de prendre soin des victimes innocentes"
A l'occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, le 26 juin 2003, Kofi Annan a affirmé la volonté des Nations unies d'aller plus loin dans ses efforts pour "traduire les bourreaux en justice et protéger les victimes".
"Aucune cause, qu'elle soit politique, militaire, religieuse ou autre, ne peut justifier la torture", a affirmé le secrétaire général des Nations unies dans son message communiqué à l'occasion de cette journée. "Chaque année, le 26 juin, nous réaffirmons notre détermination à éliminer la torture. Nous réaffirmons notre volonté de traduire les bourreaux en justice et de prendre soin des victimes innocentes."
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Malheureusement, il reste beaucoup à faire, a ajouté
Kofi Annan. "S'il nous arrive d'entendre le témoignage
de ceux qui ont été torturés par des régimes
brutaux et de voir les salles dans lesquelles les actes de torture
ont été commis, nous ne devons pas oublier pour
autant que la plupart des victimes n'ont jamais l'occasion de
raconter leur histoire et que la torture n'est pas limitée
à une région particulière, à un système
politique particulier ou à quelques pays."
"Aussi sûrement que l'Organisation des Nations unies
est pour la paix et le développement, elle défend
le droit de chacun de ne jamais être soumis à la
torture ou à d'autres peines et traitements cruels, inhumains
ou dégradants et elle s'emploie à ce que les auteurs
de crimes d'une telle gravité soient traduits en justice",
a-t-il remarqué. 
"Nous devons néanmoins continuer de mettre au point
de nouvelles stratégies et appliquer jusqu'au bout celles
qui sont déjà en place", a encore indiqué
Kofi Annan, qui s'est félicité de l'adoption par
l'Assemblée générale, en décembre
2002, du Protocole facultatif à la Convention
contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants, estimant qu'il constitue un cadre qui
devrait "permettre à des organes nationaux et internationaux
indépendants de visiter les lieux où des personnes
sont privées de liberté."
"Je demande à tous les Etats qui ne l'ont
pas encore fait de ratifier la Convention et son Protocole facultatif
en tant que mesure concrète de lutte contre la torture
dans le monde".
Kofi Annan a également attiré l'attention
sur les activités d'aide aux victimes de la torture rendues
possibles par les dons effectués au Fonds de contributions
volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture.
Il a lancé un appel pour que beaucoup donnent généreusement
au Fonds et que davantage de projets puissent être financés
durant l'année 2004.
LE MESSAGE DE KOFI ANNAN
Chaque année, le 26 juin, nous réaffirmons
notre détermination à éliminer la torture,
cette pratique odieuse qui vise à briser la volonté
et le moral des victimes. Nous réaffirmons également
notre ferme volonté de traduire les bourreaux en justice
et de prendre soin des victimes innocentes. La torture est
un acte barbare qui porte gravement atteinte à la dignité
humaine et aux droits de l'homme. Aucune cause, qu'elle soit politique,
militaire, religieuse ou autre, ne peut la justifier.
Malheureusement, nous avons encore beaucoup à
faire pour éliminer la torture. S'il nous arrive d'entendre
le témoignage de ceux qui ont été torturés
par des régimes brutaux et de voir les salles dans lesquelles
les actes de torture ont été commis, nous ne devons
pas oublier pour autant que la plupart des victimes n'ont jamais
l'occasion de raconter leur histoire et que la torture n'est pas
limitée à une région particulière,
à un système politique particulier ou à quelques
pays.
Aussi sûrement que l'Organisation des Nations Unies est
pour la paix et le développement, elle défend le
droit de chacun de ne pas être soumis à la torture
et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
et s'emploie à ce que les auteurs de crimes d'une telle
gravité soient traduits en justice. Il existe toute une
série de mécanismes juridiques et autres sur lesquels
l'Organisation des Nations Unies s'appuie pour lutter contre la
torture. Nous devons néanmoins continuer de mettre au point
de nouvelles stratégies et appliquer jusqu'au bout celles
qui sont déjà en place.
C'est pourquoi je me félicite de l'adoption par l'Assemblée
générale, en décembre 2002, du Protocole
facultatif à la Convention contre la torture et
autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
qui définit un cadre devant permettre à des organes
nationaux et internationaux indépendants de visiter les
lieux où des personnes sont privées de liberté.
En réduisant l'isolement des personnes placées en
détention, qui sont souvent les plus exposées aux
mauvais traitements, nous espérons les mettre à
l'abri de la torture, même si, comme nous le savons, c'est
aux gouvernements qu'il incombe en tout premier lieu de respecter
et de protéger les droits de l'homme. Il est aussi évident
que les mécanismes nationaux et internationaux de protection
sont complémentaires. Le Protocole créera de nouvelles
voies de dialogue avec les autorités nationales et entre
celles-ci et contribuera à ce que le droit d'être
protégé contre la torture devienne une réalité.
Je demande à tous les Etats qui ne l'ont pas encore
fait de ratifier la Convention et son Protocole facultatif en
tant que mesure concrète de lutte contre la torture dans
le monde.
Si elles ne meurent pas de leurs blessures, les victimes
de la torture en portent souvent les marques physiques et psychologiques
tout au long de leur vie. Durant l'année écoulée,
les contributions de gouvernements, d'ONG et de particuliers au
Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les
victimes de la torture ont permis de financer quelque 200 projets
d'ONG dans le monde entier et ainsi, d'apporter aux quelque 100'000
victimes de la torture une assistance vitale dans les domaines
psychologique, médical, social, juridique, économique
et autres. Je remercie ces contributeurs pour leur solidarité
avec les victimes de la torture et j'espère vivement que
beaucoup d'autres suivront cet exemple en donnant généreusement
au Fonds, pour que davantage de projets puissent être financés
durant l'année qui vient.
A l'occasion de cette Journée internationale pour
le soutien aux victimes de la torture, réaffirmons
notre indignation contre cette pratique et engageons-nous à
prendre des mesures concrètes pour y mettre fin une fois
pour toutes. Nous le devons aux victimes de la torture et à
l'humanité.
Source : Nations unies, New York, 26 juin 2003.