| A l'occasion de la Journée mondiale pour le soutien
aux victimes de la torture, célébrée
le 26 juin 2006, Kofi Annan a appelé la communauté
internationale à redoubler d'efforts pour lutter contre
la torture, rappelant que cette pratique était interdite
en temps de guerre comme en temps de paix. |
"La Journée internationale pour le soutien aux
victimes de la torture est conçue pour appeler l'attention
de l'opinion publique sur les souffrances qu'endurent les victimes
de la torture, leurs familles et leur entourage", a rappelé
le secrétaire général des Nations unies dans
un message publié à cette occasion. "Elle
donne aussi l'occasion à la communauté internationale
de réitérer sa condamnation de la torture et autres
peines cruelles, inhumaines ou dégradantes", a-t-il
ajouté.
Kofi Annan a également rappelé que l'interdiction
de la torture valait "en temps de guerre comme en
temps de paix". "Elle s'applique en outre à
la torture sous ses différentes appellations : toute peine
cruelle est intolérable et illégale, quel que soit
le nom qu'on choisisse de lui donner".
"Nous devons tous nous employer à effacer cette
souillure infâme qui ternit la conscience de l'humanité.
Nous devons dénoncer avec force toutes les pratiques en
cause et redoubler d'efforts pour mettre un terme à la
torture sous toutes ses formes", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général des Nations unies
a par ailleurs salué l'entrée en vigueur, le 22
juin 2006, du Protocole facultatif se rapportant à
la Convention contre la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants.
Le Protocole renforce le traité en établissant
un sous-comité international qui peut visiter les centres
de détention d'États parties. Il exige également
que les Etats parties élaborent des mécanismes nationaux
de prévention de la torture.
A ce jour, 20 pays ont signé ce Protocole
[Liberia, Mali, Maurice, Argentine, Bolivie, Costa Rica, Honduras,
Mexique, Paraguay, Uruguay, Maldives, Albanie, Croatie, Géorgie,
Pologne, Danemark, Espagne, Malte, Royaume-Uni et Suède.
Dans son message, Kofi Annan demande aux Etats qui ne l'ont pas encore fait de ratifier la Convention et le Protocole. "Profitons de cette Journée pour réaffirmer le caractère inaliénable des droits et de la dignité de tout homme et de toute femme et pour nous engager à lutter contre les traitements cruels, dégradants et inhumains, où qu'ils se pratiquent", a-t-il conclu.
LE MESSAGE DE KOFI ANNAN
Texte du message de Kofi Annan, secrétaire
général des Nations unies, à l'occasion de
la Journée internationale pour le soutien aux victimes
de la torture, célébrée le 26 juin
2006
La Journée internationale pour le soutien aux victimes
de la torture est conçue pour appeler l'attention de l'opinion
publique sur les souffrances qu'endurent les victimes de la torture,
leurs familles et leur entourage. Elle donne aussi l'occasion
à la communauté internationale de réitérer
sa condamnation de la torture et autres peines cruelles, inhumaines
ou dégradantes.
L'interdiction de la torture est aujourd'hui largement reconnue.
Sans équivoque et ne tolérant aucune exception,
elle vaut en temps de guerre comme en temps de paix. Elle s'applique
en outre à la torture sous ses différentes appellations
: toute peine cruelle ou inusitée est intolérable
et illégale, quel que soit le nom qu'on choisisse de lui
donner.
Malheureusement, cette pratique barbare existe encore dans
de trop nombreuses sociétés, et elle est tolérée,
voire utilisée, par certains gouvernements ou leurs représentants.
Nous devons tous nous employer à effacer cette souillure
infâme qui ternit la conscience de l'humanité. Nous
devons dénoncer avec force toutes les pratiques en cause
et redoubler d'efforts pour mettre un terme à la torture
sous toutes ses formes.
Je me félicite vivement de la récente entrée
en vigueur du Protocole facultatif se rapportant à
la Convention contre la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants. En établissant
un système de visites sur les lieux de détention
effectuées par des organismes internationaux et nationaux,
le Protocole peut contribuer à prévenir la maltraitance
des détenus. Ses dispositions peuvent également
servir d'appui aux travaux du Rapporteur spécial chargé
d'examiner la question de la torture. J'invite tous les Etats
qui ne l'ont pas encore fait à ratifier la Convention et
son protocole facultatif, et à tenir compte des plaintes
individuelles déposées par les victimes en vertu
de ces instruments.
Cette année marque le vingt-cinquième anniversaire
de la création du Fonds de contributions volontaires des
Nations unies pour les victimes de la torture. Ce Fonds est
l'un des plus importants fonds d'affectation spéciale pour
les questions humanitaires du système des Nations unies
et offre un soutien crucial aux organisations qui aident les victimes
et leurs familles. Je remercie les donateurs actuels pour l'intérêt
qu'ils portent au Fonds, et j'encourage la communauté internationale
à continuer d'y contribuer avec générosité.
Je tiens également à saluer le travail d'accompagnement
et de réinsertion accompli par des organisations non gouvernementales
du monde entier auprès des victimes de la torture et de
leurs familles.
Profitons de cette Journée internationale pour le soutien
aux victimes de la torture pour réaffirmer le caractère
inaliénable des droits et de la dignité de tout
homme et de toute femme, et pour nous engager à lutter
contre les traitements cruels, dégradants et inhumains,
où qu'ils se pratiquent.
Source : Nations unies, New York, juin 2006.