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Journée internationale contre la torture






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2008
__Kofi Annan réaffirme le caractère inaliénable des droits de l'homme et la nécessité de lutter contre la torture partout où elle se pratique

| LE MESSAGE DE BAN-KI-MOON |

A l'occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, le 26 juin 2008, les Nations unies demandent qu'une attention particulière soit accordée à la protection des femmes contre la torture.

K. AnnanSoixante ans après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, "nous demandons aux Etats de réaffirmer leur détermination à garantir une application sexospécifique du cadre de protection contre la torture afin d'aider à mettre un terme aux violences faites aux femmes", ont déclaré Louise Arbour, la haut commissaire aux droits de l'homme, ainsi que d'autres experts dans un communiqué conjoint publié aujourd'hui.

Selon l'article 5 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, "nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants".

Les experts demandent ainsi aux Etats de garantir que des mécanismes soient mis en place pour prévenir, enquêter et punir les actes de violence dont sont victimes les femmes, et de leur donner un plein accès à la justice ainsi qu'à des services de santé et de réinsertion.

"Les femmes sont victimes de torture de façon différente", signalent les experts. "Certaines formes de violence sexospécifique commises par des Etats, ainsi que par des particuliers et des organisations, équivalent à de la torture. Il est maintenant admis que la violence sexospécifique correspond à la définition de la torture faite par la Convention contre la torture".

Ils ont également estimé que la campagne mondiale visant à mettre fin aux violences faites aux femmes devait être renforcée, notamment en ce qui concerne l'interdiction de la torture. Ils ont ainsi préconisé un meilleur système de prévention, de protection, de justice et de réparation pour les victimes, que celui existant actuellement.

Les experts ont également évoqué la situation des femmes détenues, qui sont particulièrement vulnérables face aux actes de violence sexuelle, et des personnes handicapées.

En Afghanistan

Par ailleurs, la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a demandé  à ce que des enquêtes complètes soient menées pour faire la lumière sur des accusations de torture en Afghanistan.

"Alors que l'Afghanistan s'avance vers une plus grande démocratisation, il est important de réitérer qu'il est du devoir de l'Etat de prévenir, d'interdire, d'enquêter et de pénaliser tout acte de torture et d'autres types de traitement inhumain", indique un communiqué publié  par la Mission.

"Toutes les parties au conflit, y compris les acteurs internationaux qui participent aux détentions en Afghanistan, doivent respecter les critères juridiques internationaux".

BAN KI-MOON APPELLE LES ETATS A ADHERER À LA CONVENTION CONTRE LA TORTURE ET À CONTRIBUER AU FONDS DES NATIONS UNIES POUR LES VICTIMES DE CES ACTES

Message du secrétaire général des nations unies, Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, le 26 juin 2008.

K. AnnanLa torture est une violation grave des droits de l’homme et un dévoiement horrible de la conscience humaine. L’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le texte fondateur du droit international des droits de l’homme, l’interdit rigoureusement, en toutes circonstances : "Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants".

Et pourtant, 60 ans après l’adoption de la Déclaration, la torture subsiste, détruisant des millions de victimes et leurs familles. Dans chaque cas, les cicatrices psychologiques et émotionnelles sont profondes et difficiles à effacer. La Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture doit être l’occasion de se souvenir de ceux qui ont été torturés et en sont morts.  Elle doit aussi être l’occasion de faire entendre notre voix et d’agir au nom de ces victimes et contre ceux qui se livrent à la torture et à toutes les formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Bien que l’on dispose d’un arsenal juridique complet contre la torture, les Etats membres doivent faire davantage pour que chacun soit protégé contre ce fléau quel que soit son sexe : certaines formes de violences sexospécifiques sont en effet assimilables à la torture telle que celle-ci est définie dans la Convention contre la torture. Je demande à la communauté internationale de renforcer le cadre juridique international pour mieux protéger les femmes contre la torture, notamment en leur garantissant l’accès à une aide internationale.

J’engage vigoureusement les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à adhérer à la Convention contre la torture et à envisager de se joindre aux 35 Etats membres qui ont ratifié le Protocole facultatif de la Convention, qui prévoit des contrôles sous la forme de visites internationales et nationales dans les lieux de détention.

Je demande aussi à tous les gouvernements de continuer d’appuyer le Fonds de contributions volontaires des Nations unies pour les victimes de la torture. Le Fonds est l’un des plus importants fonds humanitaires des Nations unies et il aide de nombreuses organisations non gouvernementales à fournir aux victimes de la torture des soins médicaux et psychologiques, une aide juridique et sociale et un appui financier. Je remercie les donateurs pour l’appui qu’ils ne cessent de fournir et j’encourage l’ensemble de la communauté internationale à verser de généreuses contributions au Fonds.

En ce jour, Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, et alors que nous célébrons le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, réaffirmons notre attachement aux droits inaliénables et à la dignité de toutes les femmes et tous les hommes. Edifions ensemble sur toute la planète un monde plus humain, un monde libéré de la torture et de toutes les formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Source : Nations unies, New York, juin 2008.
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