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Mary Robinson


Mme Mary Robinson plaide en faveur d'une Alliance mondiale pour les droits de l'homme

Mary Robinson, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme /New York 1998

Participant, le 2 novembre 1998, à New York, aux travaux de la Commission des questions sociales, humanitaires et culturelles des Nations unies – au centre desquels l'examen de l'application et du suivi méthodiques de la Déclaration et du Programme d'action de Vienne -, Mme Mary Robinson, a déclaré que l'évaluation quinquennale de la Conférence de Vienne (1993) devait impliquer tous les acteurs de la société et être pour la communauté internationale l'occasion de renouveler son engagement à assurer le respect universel de la dignité humaine.

Pour le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, il importe notamment de prendre des mesures pour renforcer le respect des droits de l'homme au niveau national; de renforcer l'efficacité du système des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme; de créer un environnement favorable aux droits de l'homme et au développement humain; de développer des programmes globaux en vue de l'élimination du racisme, de la traite des femmes et des enfants et des violations massives des droits de l'homme; de renforcer la prévention, notamment en examinant les causes économiques, sociales, ethniques et autres qui provoquent les conflits et les déplacements de réfugiés; et de développer des partenariats de coopération novateurs avec les organisations non gouvernementales (ONG) et la société civile.

De l'avis de Mme Robinson, les progrès réalisés dans l'application de la Déclaration et du Programme d'action de Vienne demeurent trop lents et déséquilibrés. Partant, elle a préconisé la mise en place d'une alliance mondiale en faveur des droits de l'homme, estimant que la Déclaration et le Programme d'action doivent continuer à guider les activités dans ce domaine.

Le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a estimé que l'évaluation quinquennale de la Conférence de Vienne devait impliquer tous les acteurs. La participation des organisations non gouvernementales (ONG) pourrait enrichir le débat et aider les gouvernements dans leur analyse des questions complexes relatives aux droits de l'homme afin de trouver des solutions optimales aux problèmes existants.Up

Le cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme et l'examen de "Vienne + 5" doivent être pour la communauté internationale l'occasion de renouveler son engagement et de renforcer son action en faveur des droits de l'homme afin d'assurer le respect universel de la dignité humaine, a déclaré Mme Robinson. La tendance planétaire en faveur de la démocratie et du développement qui régnait lorsque l'Assemblée générale a lancé les préparatifs de la Conférence a contribué à créer ce que l'on a appelé l'"esprit de Vienne", un esprit de coopération qui a lié les délégations en un partenariat créatif. L'examen quinquennal doit être à la fois rétrospectif et prospectif. L'analyse doit se concentrer en premier lieu sur ce qui doit être fait en vue d'un meilleur respect des droits de l'homme, d'une meilleure protection des populations dont les droits sont menacés et d'une meilleure assistance aux victimes des violations des droits de l'homme.

Une mesure commune du progrès des nations

Un demi siècle après l'adoption de la Déclaration universelle, les droits de l'homme sont en train de devenir une mesure commune du progrès des Nations et de la communauté internationale dans son ensemble. La Conférence de Vienne a contribué à une prise de conscience croissante du lien inhérent entre les droits de l'homme et les problèmes des sociétés, ainsi que du fait que le développement durable, la prévention et la résolution pacifique des conflits exigent l'habilitation des populations grâce au respect effectif des droits de l'homme. Mme Robinson s'est également félicitée des progrès vers le développement d'une culture des droits de l'homme. Toutefois, on ne peut s'arrêter là, a souligné le Haut commissaire, estimant qu'il est temps de passer à l'action pratique.

Pour Mme Robinson, il importe, en particulier, de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer le respect des droits de l'homme au niveau national. Il n'y a aucun pays dont les performances dans ce domaine ne peuvent être améliorées, a-t-elle souligné. A cet égard, elle a mis l'accent sur l'importance de renforcer les capacités nationales et le dialogue avec la société civile. Les Etats devraient envisager d'adopter des plans d'action nationaux en faveur des droits de l'homme, avec le soutien des programmes d'assistance technique de l'ONU. Il faudrait, en outre, travailler ensemble pour renforcer l'efficacité du système des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme. A cette fin, Mme Robinson a souligné l'importance de la ratification universelle des six traités fondamentaux et l'adaptation des mécanismes des droits de l'homme de l'ONU aux besoins actuels et futurs.Up

Renforcer l'Etat de droit et les institutions démocratiques

Il faudrait également prendre des mesures en vue de créer un environnement favorable aux droits de l'homme et au développement humain. Pour cela, il faut s'attaquer ensemble aux grands problèmes que sont la pauvreté, la famine, la malnutrition, le logement, la santé et l'analphabétisme. Il importe aussi de développer des programmes globaux en vue de l'élimination du racisme, de la traite des femmes et des enfants et des violations massives et graves des droits de l'homme, y compris les exécutions sommaires et arbitraires, la torture, et les disparitions involontaires.

Pour Mme Robinson, il faut faire davantage pour prévenir les violations des droits de l'homme, notamment en examinant les causes économiques, sociales, ethniques et autres qui provoquent les conflits, les violations graves et les déplacements de réfugiés. Une telle approche inclut le renforcement de l'Etat de droit et des institutions démocratiques. Il importe enfin de développer des partenariats de coopération novateurs avec les ONG et la société civile afin d'utiliser au mieux les possibilités.

Mettre en place une alliance mondiale en faveur des droits de l'homme

De l'avis du Haut commissaire, les progrès réalisés dans l'application de la Déclaration et du Programme d'action de Vienne demeurent trop lents et déséquilibrés. Il est évident que la réalisation pratique des droits de l'homme est un processus complexe qui demande du temps mais ceci ne doit pas être un prétexte pour accepter le statu quo, a-t-elle dit. Partant, elle a préconisé la mise en place d'une alliance mondiale en faveur des droits de l'homme avec la collaboration de tous les acteurs. La Déclaration et le Programme d'action de Vienne doivent continuer à tracer la voie des activités dans le domaine des droits de l'homme au cours des années à venir, a conclu Mme Robinson.


Dans son rapport relatif à l'application de la Déclaration et du Programme d'action de Vienne, le Haut commissaire des Nations unies souligne dans ses conclusions que l'évaluation quinquennale a permis d'identifier les défis persistants qui se posent à l'application pleine et entière des normes internationales relatives aux droits de l'homme.

En ce qui concerne le renforcement de l'application des droits de l'homme au niveau national, les progrès qui relèvent de la responsabilité des gouvernements demeurent le principal défi. L'aide en vue de la réalisation de cet objectif devrait être renforcée au moyen d'un climat international de nature à favoriser la promotion et la protection des droits de l'homme. La prise en considération de façon équilibrée et dans un esprit de collaboration des questions qui préoccupent différents pays et régions a fait ses preuves et constitue une démarche constructive en vue de la promotion et de la protection des droits de l'homme à travers le monde.Up

Les traités clés en matière de droits de l'homme

Quant à l'amélioration de l'efficacité du système d'instruments internationaux des droits de l'homme, le Haut commissaire souligne que la ratification universelle des six traités clefs en matière de droits de l'homme, y compris les protocoles facultatifs qui y sont liés, d'ici cinq ans, constituerait non seulement une étape décisive vers un engagement légal international partagé en vue de l'application de tous les droits de l'homme mais symboliserait également la volonté de la communauté internationale d'oeuvrer dans un véritable partenariat pour parvenir à des objectifs communs.

La reconnaissance du principe que les droits de l'homme sont universels, indivisibles et interdépendants a constitué l'un des aspects les plus délicats du consensus auquel est parvenu la Conférence mondiale. Afin d'être pleinement respectés et observés, les droits de l'homme doivent être mieux compris, encouragés et appliqués par la communauté internationale sous l'angle du développement, de la paix et de la sécurité.

Pour ce qui est de la création d'un climat favorable aux droits de l'homme et au développement humain, le Haut commissaire souligne que l'élimination entre autres, de la pauvreté, de la famine et de l'analphabétisme doit être poursuivie en tant qu'objectif de l'ensemble de la communauté internationale. Les gouvernements et les institutions internationales doivent assumer cette responsabilité à l'égard des générations présentes et futures.

Les droits de l'homme, objectif du programme de l'ONU au XXIe siècle

Une démarche générale visant à prévenir les violations des droits de l'homme devrait être adoptée par les Etats et la communauté internationale, en particulier en s'attaquant auxUp causes profondes, y compris les causes économiques, sociales et ethniques et d'autres causes de conflits vues sous l'angle des droits de l'homme, du maintien de la primauté du droit et du renforcement des instruments démocratiques. L'élimination du racisme et des violations graves et massives des droits de l'homme, y compris les exécutions sommaires et arbitraires, la torture, et les disparitions involontaires doivent constituer l'objectif ultime des efforts aux niveaux national et international pour assurer le respect de la dignité humaine.

Afin de promouvoir et de protéger efficacement les droits de l'homme, les Etats devraient encourager l'établissement et/ou le renforcement des structures et des institutions nationales dans le domaine des droits de l'homme, de même que l'exploitation des programmes d'assistance technique. La communauté internationale devrait fournir des ressources appropriées à cette fin et veiller à leur meilleure utilisation aux niveaux national, régional et international.

La promotion et la protection au plan mondial des droits de l'homme qui devraient d'ailleurs constituer l'objectif du programme des Nations unies au XXIe siècle, dépendront de la responsabilisation des nouvelles générations grâce à une connaissance réelle et à une compréhension des droits qui sont les leurs. L'éducation dans le domaine des droits de l'homme doit être au centre des systèmes d'éducation de tous les pays à travers le monde.

La contribution des ONG et de la société civile

La contribution des organisations non gouvernementales (ONG) et de la société civile dans son ensemble a été amplement reconnue comme étant essentielle pour assurer une promotion et une protection efficaces des droits de l'homme. Des démarches novatrices entreprises en coopération devraient être adoptées de manière à utiliser pleinement ce potentiel exceptionnel et à assurer une plus grande participation de la société civile à la prise de décision.

La communauté internationale se doit de reconnaître que, cinq ans après la Conférence, l'écart persiste entre la promesse des droits de l'homme et la réalité des conditions de vie des populations à travers le monde. Au début du XXIe siècle, la réalisation de tous les droits de l'homme pour tous demeure non seulement un défi fondamental mais une grave responsabilité. La communauté internationale doit trouver en elle la volonté de répondre adéquatement aux défis actuels et à ceux qui se profilent à l'horizon. La Déclaration et le Programme d'action de Vienne devraient continuer à guider nos activités en matière de droits de l'homme à travers le monde dans les années à venir, conclut le Haut Commissaire dans son rapport.

Source: Département de l'information (DPI), Nations unies, New York, 2.11.98.Up