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Universalité des droits de l'homme


__L'univeralité contestée par les bourreaux, rarement par les victimes

Aujourd’hui, tous les Etats acceptent l’idée des droits de l’homme. Mais, au nom des spécificités culturelles, certains droits sont contestés - égalité entre femmes et hommes, participation démocratique.

Les arguments invoqués pour mettre en cause l’universalité de ces droits sont les suivants: les droits de l’homme sont un concept purement ”occidental”, trop axé sur l’individu. Ils ont été élaborés sans la participation de la plupart des Etats du Sud existant actuellement. Leur application à d’autres cultures est artificielle. Elle constitue une forme de néocolonialisme et pourrait entraver le développement.

Pour les nombreux tenants de l’universalité - dont la Suisse - le fondement des droits de l’homme est le dignité de l’être humain, qui est commune à toute l’humanité. Tous les grands systèmes religieux ou sociaux ont une base éthique qui garantit au moins le respect des standards minimaux d’humanité. L’universalité est contestée par les bourreaux, rarement par les victimes. Un grand nombre d’Etats ont ratifié - librement - les conventions internationales en matière de droits de l’homme: leur contenu reflète donc des valeurs communes. Les droits de l’homme sont nés d’un ”accord d’idéalisme pratique”, en réaction nécessaire à la barbarie raciste de la Seconde Guerre mondiale.

La conception universaliste de la Déclaration universelle des droits de l’homme a été réaffirmée lors de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme de Vienne (1993), malgré les divergences entre les participants. La Déclaration de Vienne demande aux Etats de promouvoir et de protéger tous les droits de l’homme, quel que soit le système politique, économique et culturel existant. Mais la Conférence a aussi fait admettre à la communauté internationale l’importance du dialogue pour une meilleure compréhension des différentes valeurs.

Source: ”La Suisse dans le monde”, revue du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Andrea Aeby, Section politique des droits de l’homme du DFAE.