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NOVEMBRE 2004 / LA SITUATION DES FEMMES EN IRAN
__L'appel d'Elisabeth Badinter pour Jila Izadi, 13 ans, Iranienne, condamnée à mort par lapidation
| Le 25 octobre 2004, le magazine Elle publiait un appel
d'Elisabeth Badinter pour tenter de sauver la jeune Jila Izadi,
13 ans, condamnée à la lapidation par le tribunal
de Marivan, une ville du Kurdistan iranien, pour avoir eu des
relations sexuelles avec son frère. Devant la mobilisation
internationale, la République islamiste a nié cette
condamnation. Puis, on a appris que Jila était l'objet
d'un Ta'azir, peine laissée à la discrétion
du juge. Attendra-t-on ses 18 ans pour la lapider ou la pendre,
comme le fut la malheureuse Atefeh Rajabi, 16 ans, il y tout juste
trois mois, s'interroge Elisabeth Badinter dans Le Nouvel Observateur ? |
Jila et son frère ont été tranférés
à Sanandadj, dans des "maisons de sûreté".
Terrorisée et en mauvaise santé, Jila attend en
prison la confirmation de sa sentence.
Ces infamies se perpétuent dans un silence international
assourdissant. Le Mouvement français "Ni putes
ni Soumises" et le magazine Elle s'associent à
cet appel contre ces crimes perpétrés à l'encontre
des femmes que sont les lapidations et appellent "à
la solidarité de tous face à ce crime odieux indigne
des droits de l'homme les plus élémentaires. Seule
une mobilisation internationale massive permettra de stopper l'exécution
de Jila Izadi et de bien d'autres".
L'APPEL D'ELISABETH BADINTER
Jila Izadi, une enfant de 13 ans, vient d'être
condamnée à la peine de mort par lapidation. Son
crime : elle aurait eu des relations sexuelles avec son frère
âgé de 15 ans. Enceinte, elle a accouché dans
sa prison. Son frère incarcéré aurait déjà
subi sa peine, conformément à la loi islamique :
150 ou 180 coups de fouet (les chiffres divergent). De quoi être
laissé pour mort. Cette ignominie se passe à Marivan,
une ville du Kurdistan iranien, quelques semaines après
la pendaison au crochet d'une grue d'une autre jeune fille iranienne
de 16 ans, Atefeh Rajabi, accusée d'"actes
incompatibles avec la chasteté". Le tout dans le silence
assourdissant de la presse nationale et internationale ainsi que
de la plupart des associations féministes, pourtant branchées
en permanence sur Internet.
Au dernier meeting des altermondialistes qui s'est tenu à
Londres [en octobre 2004], femmes voilées et féministes
soi-disant "historiques" ont craché feu et flammes
contre la loi française pour le respect de la laïcité,
mais pas un mot n'a été prononcé pour condamner
le martyre infligé aux femmes au nom de la charia. A leurs
yeux, les vraies martyres sont celles qui vivent dans les démocraties
occidentales auxquelles on demande d'ôter leurs signes religieux
pour pénétrer dans l'école de la République
et non celles qui subissent la loi impitoyable des théocraties
totalitaires. Ce que les mieux endoctrinées se gardent
bien de dire est sorti spontanément de la bouche des deux
surs voilées, surmédiatisées, l'année
dernière. Devant les caméras de TF1, elles ont approuvé
avec une sorte d'ingénuité la lapidation des femmes
adultères. Personne n'a relevé, personne n'a condamné.
Aucun rappel à l'ordre des droits de l'homme. On risque
donc d'attendre longtemps qu'une militante pour le port du voile
islamique en Europe se lève enfin pour fustiger ces pratiques
atroces. Ce n'est donc pas sur elles qu'il faut compter, pas plus
que sur leurs avocates qui osent se dire encore féministes,
pour tenter de sauver la petite Jila Izadi qui attend confirmation
de son supplice des autorités iraniennes.
Nous savons aujourd'hui que seule une très forte mobilisation
internationale peut réussir parfois à stopper une
exécution capitale. Comme ce fut le cas pour Safia Husseini
et Amina Lawal au Nigeria. C'est pourquoi nous supplions
les défenseurs du droit des enfants, les militants de l'abolition
de la peine de mort et tous les démocrates horrifiés
par ces crimes d'écrire cette seule phrase, par lettre
au courrier signé de son nom : "Non à la lapidation
de Jila Izadi, une enfant de 13 ans". De la rapidité
et de l'ampleur de nos protestations dépend sa survie.
Elisabeth Badinter
Envoyez vos lettres ou cartes postales directement à :
- l'Ambassade de la République islamique d'Iran (4, avenue d'Iéna, F- Paris, 16e), e-mail : contact@amb-iran.fr
- l'association "Ni putes ni soumises" (190, boulevard de Charonne, F- Paris, 20e), e-mail : infos@niputesnisoumises.com

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