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MAI 2003, APPEL / LA REPRESSION A CUBA Vingt ans de prison pour le journaliste et poète Raúl Rivero, vingt ans pour Ricardo González, le directeur de la première revue dissidente De Cuba, vingt-cinq ans pour Hector Palacios Ruiz, président du Parti de la solidarité démocratique... Alors que tout le monde avait les yeux tournés vers l'Irak, Fidel Castro en a profité pour lancer une vague de répression sans précédent : près de quatre-vingts dissidents ont été arrêtés, dont vingt-six journalistes indépendants. Tous sont accusés d'"activités contre l'intégrité et la souveraineté de l'Etat". De véritables procès staliniens, avec leur lot de repentis, de mouchards, d'indics, ont eu lieu. Les accusés n'ont pu rencontrer leurs avocats qu'à la veille de l'audience. Ni la presse internationale ni les diplomates n'ont pu assister aux audiences. A l'extérieur, des agents de la sécurité d'Etat quadrillaient le quartier. A Raúl Rivero, par exemple, on a reproché d'écrire "contre le gouvernement", d'avoir organisé des "réunions subversives", d'avoir rencontré le responsable de la Section des intérêts américains à La Havane, ou encore d'avoir collaboré avec Reporters sans frontières, une "organisation terroriste française manipulée par le gouvernement des Etats-Unis". Aujourd'hui, Cuba est devenue la plus grande prison du monde pour les journalistes. Mais cela ne semble pas suffire à Fidel Castro. Comme s'il fallait punir davantage ces journalistes impertinents. Une douzaine d'entre eux viennent d'être transférés dans des prisons parfois éloignées de plus de 900 kilomètres de leurs familles. Quand on sait les difficultés de déplacements dans l'île, ce n'est, ni plus ni moins, qu'une seconde condamnation, comme l'affirment leurs proches. A Paris, des militants de Reporters sans frontières, accompagnés de journalistes et de personnalités qui protestaient contre ces condamnations, ont été agressés sur la voie publique par des employés de l'ambassade de Cuba, à coups de bâton et de barre de fer. Parmi eux, l'ambassadeur en personne encourageait ses hommes de main. Des journalistes, des militants ont été blessés. C'est inacceptable. Jean-Jacques Beineix, réalisateur / Pascal Bruckner,
écrivain / Romain Goupil, réalisateur
/ André Glucksmann, philosophe / Marek Halter,
écrivain / Eduardo Manet, écrivain / Yves
Simon, écrivain / Zoé Valdés,
écrivain. |