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ISRAEL-PALESTINE, JUILLET 2001 / UN APPEL AU DIALOGUE DE PALESTINIENS ET D'ISRAELIENS
__Non au bain de sang, oui à la paix
| Signé par quelque cinquante Palestiniens et Israéliens, l'appel ci-dessous, a été rendu public le 27 juillet 2001. Il constitue, selon "Le Monde", qui l'a publié dans son édition du 11 août 2001, "une tentative en vue de dépasser l'envie mutuelle d'en découdre que dix mois de haine et de violences croissantes n'ont fait que renforcer dans les deux camps" : "En reconnaissant l'existence de l'autre comme la légitimité de ses revendications, écrit le quotidien, en critiquant le processus d'accusations mutuelles, parfois extravagantes, qui n'a pas peu miné les possibilités de dialogue, les signataires tentent un retour vers la logique de reconnaissance mutuelle à l'origine des accords d'Oslo". |
Figurent parmi les signataires, aux côtés de plusieurs juristes, artistes, hauts fonctionnaires et responsables politiques palestiniens, Yasser Abed Rabbo, ministre de l'information de Yasser Arafat, et Hanane Achraoui, députée au Parlement palestinien. Du côté israélien figurent des écrivains, tels David Grossman, A.B. Yehoshua et Amos Oz, d'anciens ministres, tels Yossi Beilin et Youli Tamir, et des universitaires.
Un appel à "recouvrer la raison"
"Alors que nos peuples traversent une situation particulièrement difficile, nous, Israéliens et Palestiniens dont les noms suivent, appelons à l'arrêt de l'effusion de sang et à la fin de l'occupation, demandons un retour urgent à la table des négociations et à la paix. Nous refusons la détérioration continue de la situation et son nombre croissant de victimes ; nous refusons les souffrances qu'elle engendre et le risque d'être tous emportés par une hostilité mutuelle croissante
Nous supplions les personnes de bonne volonté de revenir à la raison, de retrouver compassion, humanisme et compréhension. Nous leur demandons de refuser la facilité de la peur, de la haine et de la vengeance. En dépit de tout, nous continuons à croire à l'humanité de l'autre; nous pensons qu'il demeure notre partenaire pour faire la paix ; nous sommes convaincus qu'une solution négociée du conflit qui nous oppose est encore possible. Chacun de nous a commis des erreurs, accusant et dénigrant l'autre. Mais ces procédés ne font ni une politique ni ne permettent de discuter sérieusement.
Ceux qui, dans chaque communauté, pensent que le temps joue pour eux, se trompent. Le temps perdu ne profite qu'à ceux qui ne croient pas à la paix. Plus longtemps nous attendrons, plus coulera le sang des innocents, plus seront fortes les souffrances et plus sera maigre l'espoir. Il faut immédiatement agir pour renouer la collaboration, pour mettre fin à la déshumanisation de l'autre, pour ranimer l'espoir en une paix juste et bénéfique pour les deux peuples.
L'avenir réside dans le respect de la légalité internationale et dans la mise en uvre des résolutions 242 et 338 des Nation unies, conduisant à l'existence de deux Etats souverains, Israël et la Palestine, qui, à l'intérieur des frontières de 1967, vivront côte à côte, avec Jérusalem pour capitale. Il existe des solutions honorables et justes, conformes aux intérêts des états souverains palestiniens et israéliens, comme aux aspirations de leurs peuples. Elles doivent tenir compte des progrès accomplis par les deux parties entre novembre 1999 et janvier 2001.
Dans l'immédiat nous appelons à la mise en oeuvre, dans tous leurs aspects, des recommandations de la commission Mitchell, notamment l'arrêt des violences, le gel de la colonisation, l'application des accords en suspens et le retour aux négociations. Ce processus doit se faire sous le contrôle d'une tierce partie.
Il est de notre devoir de travailler, ensembles et dans nos communautés respectives, pour mettre un terme à la dégradation de nos relations, rebâtir la confiance, la croyance et l'espoir en la paix." |