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ISRAEL-PALESTINE, FEVRIER 2002 / UN APPEL POUR LA PAIX AU PROCHE-ORIENT
__Pour la première fois en Suisse, Arabes et Juifs cosignent un manifeste "pour la paix"


Pour la première fois en Suisse, quelque cinq cents personnes "suisses ou vivant en Suisse, d'origine juive et arabe" - parmi lesquelles Liliane Maury Pasquier, présidente du Conseil national - ont signé un appel à la paix au Proche-Orient, réclamant une solution politique au conflit entre Israéliens et Palestiniens et dénonçant l'escalade de la violence de part et d'autre. Le manifeste "pour la paix" a été publié, le 7 février 2002, dans la presse suisse romande.

Pour Pierre Hazan, l'un des initiateurs du texte et par ailleurs collaborateur du quotidien romand Le Temps, il s'agit avant tout de "condamner fermement le processus de surenchère de violence qui conduit les peuples israélien et palestinien dans une logique suicidaire". Il souhaite une intervention de la communauté internationale. "Les Etats-Unis mènent une politique contradictoire, tandis que l'Europe est divisée par les différentes opinions de ses membres. Cela se traduit par une dégradation de la situation au Proche-orient".

Alain Bittar, libraire-éditeur à Genève, est tout comme Pierre Hazan, à l'origine du manifeste. "En tant qu'Arabe, il m'a semblé important d'apporter un soutien à cette initiative. Je pense qu'il n'y aura pas de solution au Proche-Orient si les Israéliens ne disent pas eux-mêmes "ça suffit!" à Ariel Sharon." Il ajoute : "Seuls une reconnaissance mutuelle et des rapports pacifiques [entre Israéliens et palestiniens] pourront garantir un futur de paix".

Le manifeste reproche au gouvernement d'Ariel Sharon de "détruire l'Autorité palestinienne en vue de nier le droit des Palestiniens à l'autodétermination". Il condamne "les mesures de rétorsion collectives menées par l'armée israélienne" et s'élève contre "le principe même des colonies" juives. Côté palestinien, le manifeste condamne "tout autant les attentats commis contre la population civile israélienne" ainsi que "tous ceux qui refusent un règlement négocié" du conflit.

Les signataires réclament le retrait des forces israéliennes de tous les territoires occupés en 1967, y compris Jérusalem-Est, et "la création d'un Etat palestinien souverain aux côtés d'un Etat israélien aux frontières sûres et reconnues par ses voisins", dans le cadre d'un accord global.Haut de page

LE MANIFESTE

Nous, Suisses ou vivant en Suisse, d'origine juive et arabe, sommes profondément alarmés par la violence qui sévit au Proche-Orient. Nous condamnons fermement le processus de surenchère de violence qui conduit les peuples israélien et palestinien dans une logique suicidaire.

Nous condamnons le principe même des colonies et à plus forte raison leur développement.

Nous condamnons également les mesures de rétorsion collectives menées par l'armée israélienne telles que le dynamitage des maisons ainsi que la volonté du gouvernement Sharon de détruire l'Autorité palestinienne en vue de nier le droit des Palestiniens à l'autodétermination.

Nous condamnons tout autant les attentats commis contre la population civile israélienne. Nous condamnons par là même tous ceux qui refusent un règlement négocié et qui, par une stratégie de violence, s'emploient à faire échec à un règlement pacifique du conflit.

Nous rejetons les aspirations fondamentalistes, nationalistes ou religieuses d'où qu'elles viennent et qui visent à exclure le fait national palestinien ou israélien. Dans le cadre d'un accord global, nous demandons le retrait des forces israéliennes de tous les Territoires occupés, y compris Jérusalem-Est. Nous estimons en ces temps troublés la nécessité de réaffirmer la création d'un Etat palestinien souverain, aux côtés d'un Etat israélien aux frontières sûres et reconnues par ses voisins.

Il s'agit pour nous, Suisses, ou vivant en Suisse, d'origine juive et arabe, de réaffirmer que la solution du conflit ne peut être que politique et de refuser l'escalade mortifère de la violence qui vise à créer une situation d'irréversibilité dans le conflit.

Premiers signataires: Hedayat Abdel Nabi (journaliste), Nora Abdullah (étudiante), Theodor Abelin (professeur, Université de Berne, et président d'une ONG internationale en santé publique), Hasni Abidi (politologue), Fabienne Abramovich (chorégraphe), Laïla Achkar de Gottrau (psychologue), Smail Agroum (consultant ONU), Sinan Al-Shabibi (économiste), Rochhelle Allebes (travailleuse sociale), Mayaze Almostafa (chercheur en psychologie de la religion), Norbert Apter (psychothérapeute), Elisabeth Arieh (chimiste), Viviane Armand-Gerson (présidente du Cercle Martin Buber), Adel Atieh (politologue), Arlette Avidor, Ibtisam Azem (étudiantes), Rachel Babecoff (enseignante et représentante d'une ONG auprès des Nations unies), Ammar Bachir-Cherif (thérapeute de famille), Gilbert Badaf (logopédiste-psychologue), Aïda Badeen (enseignante en arabe), Edward Badeen (professeur d'études islamiques et de langue et littérature arabes, Universités de Bâle et Zurich), Rima BadeenHaut de page (journaliste), Susan Badeen (infirmière), Nagib Banabila (économiste), Marko Bandler (assistant en sciences politiques, Université de Genève), Ahmed Benani (politologue), Gilad Ben-Nun (chercheur à l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement), Judith Beltrametti (lectrice), Bushra Bernath Bottarelli (infirmière), Sabrina Berreghis (animatrice), Susanna Besset (céramiste), Alain Bittar (libraire-éditeur), Lucienne Bittar Tschan (journaliste), Esther Bitton (psychanalyste), Michael Bitton (enseignant), Claudio Bolzman (sociologue), David Bollag (médecin), Guy Bollag (travailleur social), Alexandre Bonstein (comédien), Ariane Bonstein-Newman (psychothérapeute), Carole Bonstein (réalisatrice), Herbert Samuel Bonstein (médecin), Maryse Bonstein-Bloch (victimologue), Nicolas Bonstein (ingénieur), Michel Borzykowski (médecin et musicien), Nadir Boumendjeln (médecin), Evelyne Bouvier (comédienne), Liliane Bouvier (éducatrice), Sonia Capek (médecin psychiatre), Santo Cappon (promoteur culturel), Fiore Castiglione (enseignante), Cercle Martin-Buber Genève, Henri Cohen et Madeleine Cohen, Sylvie Cohen (directrice administration cantonale), Yvan Dalain (écrivain et réalisateur), Emmanuel Deonna (étudiant), Myriam Deonna, Emtiaz Diab (journaliste-écrivain), Miriam Dicker, Badreddine Djadouri (sociologue), Jean-Jacques Dreifuss (professeur, Université de Genève), Stephanie Dreifuss (étudiante), Roger Dreyfus (médecin), Peter Dreyfus (psychanalyste), Sabine Dreyfus (psychologue et membre du Groupe de dialogue judéo-palestinien, Bâle), Sonja Dreyfus (enseignante primaire), Sharon Alexander Dreyfus, Monique Eckmann (sociologue), Latifeh Abu El Asal (étudiante), Rachel El Haloui-Deléglise (fonctionnaire internationale ONU, service de presse), Ariane Ellberger (enseignante), Wolf Zeev Ehrenberg (professeur retraité, Bienne), Albert Farchadi (enseignant), Mahdi Fateh (écrivain), Denise Fischer (assistante production RSR), Michaël Flaks (titulaire du brevet d'avocat), Anki Flores (ancienne fonctionnaire ONU), Miriam Fridman Wenger (psychologue), Nahum Frenk (médecin et thérapeute de famille), Serge Gafsou (logisticien en informatique), Saleh Ghaloun (retraité), Ron Ganzfried (méthodologue), Muriel Gilbert (psychologue), Gustavo Goldemberg (médecin psychiatre), André Golliez (informaticien), Karl Grünberg (travailleur social, secrétaire général d'Acor SOS racisme), Evi Guggenheim Shbeta (travailleuse sociale), Ruth Guggenheim (retraitée), Mohamed Musa Gubara (juriste), Nahla Haidar (fonctionnaire), Demian Halperin (étudiant), Samia Hamdan El-Ghadban (enseignante), Pierre Hazan (journaliste et écrivain), Rosemary Hazan (retraitée), Ali Hemma Devries (enseignant-formateur), Willi Herzig (journaliste), Mohamed Ibrahim, Berthe Juillerat (consultant indépendant), Olivier Kahn (journaliste et correcteur), Joseph Kalak (ingénieur ETH), Therese Kalak, Léo Kaneman (cinéaste), Massia Kaneman-Pougatch (enseignante), Maher Kayal (professeur EPFL), Claude Karfiol (metteur en scène), Saïda Keller-MessahliHaut de page (journaliste), Mohammed Kenzi (écrivain), Jeanne Kervyn (sociologue), Hajji Kheddoud (journaliste), André Klopmann (écrivain), Janine Koerfer-Weill (physiothérapeute), Thomas Koerfer (cinéaste), Marcelo Kohen (professeur adjoint de droit international, IUHEI), Lilo Koenig (bibliothécaire), Marc Koller (consultant), Dani König (producteur), Michel Kummerman (ingénieur retraité), Shaker Laibi (écrivain), Dina Lévias (interprète de conférence), Philippe Lévy (ancien ambassadeur), Rafah Sharba (enseignante), Abdelmoulah Lamhangar (géographe), Peter Liatowitsch (avocat, notaire et médiateur), Michel Lob (commerçant), Rosine Lob-Izraelski (psychologue), Pierre Loeb (médecin), Nori Mahdi (réalisateur, photographe), Amina Mahlouly (assistante sociale HUG), Amina Maillard (biologiste), Nadia Makhlouf (assistante sociale), Rabehi Malik (modeleur), Layla Manville-Dingaou (étudiante), Gehad Mazarweh (psychanalyste), Pierre Mermier (vigneron), Billy Meyer (journaliste), Daria Michel (ethnologue), Emmanuelle Michel (journaliste), Jasna Michel (interprète), Mladen Michel (étudiant), Samir Mokrani (musicien), Chaim Nissim (ingénieur), Dominique Oestreicher-Badaf (animatrice culturelle dans le cinéma), Samia Osman (pédagogue, membre de la Commission fédérale contre le racisme), Hélène Pour (consultante en communication et développement), Malika Quinodoz (médecin), Rekia Raissi (fonctionnaire), Berta Rasumowsky (créatrice visuelle), Nora Refaeil (avocate), Yaël Rimer (enseignante), Yaël Reinharz Hazan (journaliste), Albert Rodrik (juriste, député Grand Conseil Genève), Samuel Rom (psychologue), Thomas Rom (planificateur), Ursula Rosenzweig (présidente du Cercle suisse des amis de Givat Haviva), Yaël Ruta (réalisatrice), Samir (réalisateur et producteur de cinéma), Fay Salzmann (enseignante à la retraite), SANABEL (espace d'échanges interculturels arabo-suisse), Abdulhay Sayed (juriste), Susanne Scharz-Mazarweh (conseillère familiale), Anat Hammermann-Schuldiner (étudiante), Uriel Shani (enseignant), Evi Guggenheim-Shbeta (travailleuse sociale), Ur Shlonsky (enseignant, Université de Genève), Yaël Shneerson (rédactrice), Samia Slimane (Human rights officer), Miriam Victory Spiegel (thérapeute conjugale et familiale), Jonathan Curci Staffler (juriste et guide ONUG), Hannah Strom Liatowitsch (pédagogue), Maurice Stroun (Dr ès sciences), Selim Takarli (chef d'entreprise), Bouthaïna Tawil (écrivain), Sobhi Tawil (chercheur associé, Institut universitaire d'études du développement), Wolf Treubig-Bloch (banquier retraité), Mirjam Treubig-Bloch (thérapeute sociale FPI), Jael Treubig (enseignante), Annina Truninger (psychologue), Aldo et Josette Ventura, Isabelle Vichniac (journaliste), Maha Weber (interprète), Anjuska Weil (secrétaire de la campagne huile d'olive de la Palestine), Jochi Weil-Goldstein (responsable des projets de la Centrale sanitaire suisse, Département Palestine et Israël), Stina 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Manifeste : http://www.manifeste.ch

Source : Le Temps, Genève, et presse suisse, 7 février 2002.Haut de page