| Lire : les droits de l'homme |
L'homme a la capacité de faire de soi un sujet libre et responsableMais la nature, ses besoins et ses menaces, ne s'effacent pas pour autant. Les droits humains ne seront défendus qui si l'on prend appui, contre elle, sur un fondement irréductible, absolu. C'est ce qui distingue l'être humain des autres vivants : il a la capacité de faire de soi un sujet libre et responsable, qui pose ses actes lui-même, non par un jeu de causes et d'effets, mais à partir d'une exigence qui lui appartient en propre et inconditionnellement, et qui le sait, et qui les signe et en assument les conséquences. Etre privé de cette capacité, c'est un terrible malheur, et pourtant elle ne promet pas le bonheur. L'action de l'homme ne vise pas avant tout au bonheur, elle veut avant tout avoir un sens. Or tout sens implique la visée de quelque chose qui n'est pas encore, et donc un manque. Seule la finalité absolue est source d'un vrai sens. Sans elle, l'homme dit ce n'est pas une vie, et il préfère parfois mourir. L'être humain n'est pas donné comme un faitIl s'agit là de la racine et de la finalité des droits de l'homme. Sans cette racine et cette finalité, les droits de l'homme sont condamnés par les contraintes de la nature. Il ne reste que l'arbitraire, la causalité, le hasard. A la limite, la liberté responsable vraie coïncide avec la nécessité intérieure la plus profonde. Le développement de la civilisation technique trouve ici son sens, nullement matérialiste. Il permet de créer, pour toujours plus d'êtres humains, des conditions accroissant leurs chances d'accéder à une telle liberté. L'être humain n'est pas donné comme un fait. Il est, pour lui-même et pour les autres, une tâche. C'est pourquoi, quelle que soit sa condition historique et sociale, sa couleur et sa race, ses dons intellectuels ou sportifs ou l'absence de ces dons, il mérite le respect.
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