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OCTOBRE 2005, LA HAYE / LES ENQUETES DE LA CPI
__Le procureur de la Cour inculpe six membres de l'Armée de résistance du Seigneur pour des crimes commis dans le nord de l'Ouganda
La Cour pénale internationale (CPI) a émis
des mandats d'arrêt à l'encontre des chefs de l'Armée
de résistance du seigneur (Lord's Resistance Army, LRA),
un mouvement rebelle qui sème la terreur depuis 19 ans
dans le nord de l'Ouganda, a annoncé, le 7 octobre 2005,
à Kampala, le ministre de la défense ougandais,
Amama Mbabazi. |
Les mandats d'arrêt et les actes d'accusation (tortures,
mutilations, violences sexuelles et meurtres) visent le chef de
la LRA Joseph Kony et quatre de ses lieutenants : Vincent
Otti, Okot Odiambo, Raska Lukwiya et Dominic Ongwen.
L'enquête ouverte par la CPI ne vise pas une seule
partie, mais concerne tous les crimes commis dans le nord de l'Ouganda
depuis le 1er juillet 2002, date d'entrée en fonction de
la CPI. La Cour a enquêté notamment sur le massacre
qui avait fait plus de 200 morts le 21 février 2004 au
camp de déplacés de Barlonyo.
[La LRA, connue pour son extrême violence, affirme
vouloir mettre en place à Kampala un régime théocratique
fondé sur les "Dix Commandements". Depuis 1987,
les agissements de la LRA ont provoqué la mort de près
de 100'000 personnes, et amené le déplacement de
près de 2 million de personnes, qui vivent dans des camps
aux conditions sanitaires déplorables.
La LRA est tristement célèbre pour ses campagnes
de pillage, de massacres, de mutilations et d'enlèvement
d'enfants : près de 25'000 enfants ont été
enlevés, transformés en machines à tuer et
en esclaves sexuels.]
L'impunité n'est pas acceptable
Kofi Annan a estimé qu'avec ces inculpations,
la Cour lançait un message fort contre l'impunité.
"Je pense que les inculpations par la Cour pénale
internationale de membres de la LRA constituent un événement
très important".
"Trois dossiers sont maintenant soumis à la CPI
: le Darfour, la République démocratique du Congo
(RDC) et la LRA", a-t-il rappelé. "Je pense que
l'inculpation de quelque six membres de la LRA" la CPI
n'ayant pas rendu public l'acte d'accusation "transmet
aux prétendants au titre de 'Seigneur de guerre' que cela
n'est plus acceptable, qu'ils seront tenus pour responsables,
qu'ils seront poursuivis et que l'impunité n'est pas acceptable",
a-t-il affirmé.
"J'ai souvent fait savoir aux dirigeants africains que
les conflits des autres pays étaient aussi leurs affaires,
parce que de nos jours les conflits internes ne le restent pas
pendant très longtemps. En peu de temps, toute une région
est affectée, les réfugiés se dispersent
et les conflits font fuir les investisseurs", a-t-il fait
remarquer.
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