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JUILLET 2002, LINSTALLATION DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE
__Débat public devant le Conseil de sécurité : lisolement des Etats-Unis
Les Etats-Unis se sont retrouvés isolés
lors d'un débat public près de six heures d'un débat
public devant le Conseil de sécurité, le 10 juillet
2002, à New York, sur la Cour pénale internationale
(CPI), organisé après que Washington eut exigé
une immunité pour ses ressortissants impliqués dans
des opérations de maintien de la paix des Nations unies.
Ce contentieux met en péril la prorogation de la Mission
des Nations unies en Bosnie-Herzégovine (MINUBH). |
A l'origine du différend, est le refus exprimé
le 30 juin 2002 par le gouvernement américain de reconnaître
à la CPI l'autorité de juger les ressortissants
américains des missions des Nations unies. Pour cette raison,
la délégation américaine à l'ONU n'a
accepté de renouveler le mandat de la MINUBH que de 15
jours, jusqu'au 15 juillet, plutôt que jusqu'à la
fin de l'année comme prévu. Par ailleurs, les autorités
américaines ont refusé de ratifier les statuts de
la CPI.
Au cours du débat, l'ambassadeur américain aux
Nations unies, John Negroponte, a réitéré
la position de son gouvernement de ne pas vouloir "faire
courir des risques inutiles au personnel américain sur
le plan juridique". "Nous respectons les obligations
des pays qui ont ratifié le traité de Rome (fondateur
de la CPI) et nous avons essayé de les prendre en compte",
a-t-il déclaré, ajoutant que les Etats-Unis espèrent
"que les autres Etats, à leur tour, respecteront les
inquiétudes que nous avons pour nos ressortissants participant
à des opérations de maintien de la paix".
Pour sa part, l'ambassadeur Heinbecker du Canada, pays
qui a demandé la convocation du Conseil, a réfuté
les arguments américains, soulignant les nombreuses garanties
offertes par la CPI pour "éviter justement des inculpations
de nature politique" : "Washington est toujours libre
de retirer ses contingents des opérations de maintien de
la paix de l'ONU. Une telle décision sera certes regrettable
et non sans conséquences".
"Mais, a-t-il ajouté, comme les Etats-Unis ne comptent
que 704 ressortissants parmi les 45 000 membres des opérations
de maintien de la paix, un réajustement sera relativement
facile à faire".
L'ambassadeur d'Afrique du Sud, Dumisani Kumalo, s'est
inquiété pour sa part des conséquences que
la position américaine pourrait avoir sur les opérations
de maintien de la paix, dont il a souligné l'importance
pour le continent africain. "Ces succès sont maintenant
menacés par un membre du Conseil de sécurité
qui comprend mal et s'inquiète sans raison de la juridiction
de la CPI", a-t-il dit.
L'ambassadeur de France, Jean-David Levitte,.a, de son
côté, souligné le caractère "irremplaçable"
des missions des Nations unies. "Ne les prenons pas en otage.
Pensons à tous ces peuples pour lesquels elles représentent
le seul espoir de paix et de progrès".
Source : Nations unies, New York, 10 juillet 2002.
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