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JUILLET 2002, LINSTALLATION DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE
__Réactions mitigées sur le compromis intervenu aux Nations unies
L'ambassadeur américain John Negroponte s'est
déclaré satisfait par le compromis intervenu aux
Nations unies sur l'exemption de poursuites accordée pendant
un an aux soldats de maintien de la paix devant la Cour pénale
internationale, mais à mis en garde le Conseil de sécurité
contre les "graves conséquences" au cas où
un Américain viendrait à comparaître devant
la CPI. |
Ce compromis a suscité des réactions mitigées
de la part des organisations de défense des droits de l'homme
ainsi que d'un certain nombre de pays européens.
Pour Richard Dicker, juriste à HUMAN RIGHTS
WATCH, les Etats-Unis ont "obtenu considérablement
moins que ce [qu'ils avaient] souhaité, mais la légalité
de la décision prise par le Conseil de sécurité
"est douteuse" : "Premièrement, comme
l'ont noté un très grand nombre de pays, le Conseil
a outrepassé ses compétences en tentant de modifier
un traité international. Deuxièmement, la résolution
invoque le chapitre 7 de la charte de l'ONU, un chapitre qui ne
peut être invoqué que si la situation présente
une menace à la paix et la sécurité internationale.
Or, dans ce cas précis, les Etats-Unis ont eux-mêmes
créé une crise qui est devenue un prétexte
pour avoir recours au chapitre 7." Le Monde, Paris,
14 juillet 2002
La FRANCE, qui relève que "cette résolution
permet à l'ONU de poursuivre ses missions de paix, en Bosnie
et partout ailleurs dans le monde", estime que l'accord intervenu
"préserve l'autorité de la Cour pénale
internationale, ce qui constituait notre objectif central, tout
en apportant une réponse aux problèmes pratiques
résultant du fait que certains Etats, en particulier les
Etats-Unis, ne sont pas parties à la Cour".
Pour le ministre BELGE des Affaires étrangères
Louis Michel, le Conseil de sécurité a affaibli
la crédibilité du droit international en accordant
une immunité d'un an aux soldats américains.
Le ministre ALLEMAND des Affaires étrangères
Joschka Fischer a également exprimé ses réserves
sur cet accord. "Le compromis trouvé au Conseil de
sécurité ne tient pas entièrement compte
des réserves exprimées mais permet une poursuite
du dialogue", a-t-il déclaré, ajoutant que
le gouvernement allemand, en compagnie de ses partenaires de l'Union
européenne, allait tenter de convaincre les Etats-Unis
de modifier leur position à long terme.
Source : presse internationale, juillet 2002.
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