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CAMBODGE, JUILLET 2006 / LE PROCES DES DIRIGEANTS KHMERS ROUGES
__L'installation des tribunaux appelés à juger les dirigeants khmers rouges accusés de génocide


Vingt-sept ans après la chute du régime des Khmers rouges, qui a provoqué la mort de près de deux millions de personnes, le processus légal visant à juger d'anciens dirigeants a été lancé le 3 juillet 2006, à Phnom Penh, avec la prestation de serment des juges et des procureurs cambodgiens et internationau des tribunaux spéciaux - les Chambres extraordinaires - appelés à juger les dirigeants khmers rouges encore en vie.

Entre 1,7 à 2 millions de personnes ont trouvé la mort entre avril 1975 et janvier 1979 au Cambodge où les Khmers rouges, au nom d'un idéal mêlant communisme et nationalisme, ont fait régner la terreur parmi la population.

Présent à Phnom Penh, l'un des responsables du Bureau des affaires juridiques des Nations unies, Nicolas Michel, a déclaré "qu'une étape historique avait été franchie […] sur la voie menant à la justice et à la paix durable". Il a indiqué que le peuple cambodgien avait soif de vérité, de justice et de réconciliation, promettant le plein appui de la communauté internationale. Le succès des Chambres, a-t-il ajouté, symbolisera dans l'ensemble de la région que "la culture sinistre de l'impunité" fera place à une culture de la responsabilité.

Les magistrats vont se lancer dans une course contre la montre pour identifier et juger les cadres Khmers rouges encore en vie, tous très âgés et de santé précaire. Ta Mok, 80 ans, surnommé "le boucher" en raison de massacres et de purges qui lui sont attribués, a été hospitalisé en juin 2006. Il est l'un des deux seuls cadres dirigeants de l'ancien régime de Pol Pot à avoir été emprisonné en 1999 pour crimes contre l'humanité et une des figures les plus marquantes susceptibles d'être jugée par le tribunal.

L'instruction ne devrait pas être terminée avant la mi-2007 - date fixée pour l'ouverture des procès.

Cambodge [Il aura fallu plus de huit ans d'interminables tergiversations pour aboutir à la décision d'installer ces tribunaux, avec l'appui des Nations unies. En mars 2006, les Nations unies et le gouvernement du Cambodge avaient conclu les deux derniers accords - l'un sur les locaux, l'autre sur la sécurité - permettant l'ouverture des procès des anciens dirigeants Khmers rouges, accusés de génocide.

Les Chambres extraordinaires sont mises en place pour une durée de trois ans. Le budget des procès est estimé à 56,3 millions de dollars - 43 millions doivent être financés par les Nations unies et 13,3 millions par le gouvernement du Cambodge.

L'Assemblée générale des Nations unies avait adopté, le 13 mai 2003, une résolution approuvant un accord entre les Nations unies et le Cambodge sur la poursuite des principaux responsables Khmers rouges. L'accord prévoit la création de "Chambres extraordinaires", intégrées au système judiciaire existant, auxquelles prendraient part des juges internationaux. Selon le texte, ces Chambres seront "compétentes pour juger les hauts dirigeants du Kampuchéa démocratique et les principaux responsables des crimes et violations graves du droit pénal cambodgien, du droit international humanitaire et coutumier et des conventions internationales reconnues par le Cambodge commis au cours de la période allant du 17 avril 1975 au 6 janvier 1979".]

Sources : Nations unies et presse internationale, juillet 2006.
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