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Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie

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28 juin 2001, l’ancien président yougoslave est remis au Tribunal de La Haye
__Slobodan Milosevic va répondre de ses crimes


Milosivic28 juin 2001, Belgrade: Slobodan Milosevic est remis au Tribunal pénal international de La Haye (TPIY) par les autorités serbes. L'ancien président yougoslave est inculpé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre au Kosovo depuis mai 1999.

Milosevic"L'ex-président se trouve sur la route de La Haye. Après une réunion du gouvernement de Serbie [l'une des deux entités qui composent la Yougoslavie avec le Monténégro], il a été remis aux enquêteurs du TPI" à Belgrade, a annoncé, peu avant 19 h, la radio locale B-92.

Le premier ministre serbe, Zoran Djinjic, passant outre à un avis de la Cour constitutionnelle serbe – qui, dans la journée du 28 juin, avait suspendu le décret autorisant le transfert de Milosevic vers les Pays-Bas -, a fait extraire le soir même l'ancien président de sa cellule de la prison de Belgrade, où il était incarcéré depuis avril, et l'a fait embarquer dans un avion de l'OTAN en partance pour La Haye. Le président yougoslave, Vojislav Kostunica, opposé au transfert, n'a été informé de la décision de Zoran Djinjic qu'après le départ de Milosevic de Belgrade.

Agé de 59 ans, battu aux élections de septembre 2001 après avoir exercé le pouvoir durant treize années, Slobodan Milosevic est arrivé, menottes aux poignets, dans la nuit du 28 au 29 juin, à la prison du TPIY, à La Haye.

La décision de transférer Milosevic est intervenue à la veille de la conférence des pays donateurs pour la Yougoslavie organisée à Bruxelles. La communauté internationale, les Etats-Unis en particulier, ont conditionné la poursuite de leur aide économique à une parfaite coopération de Belgrade avec le Tribunal.Haut de page

Kofi Annan : une victoire de la responsabilité sur l'impunité

"Pendant dix ans, il a conduit la guerre et semé la terreur dans les Balkans" écrit "Le Monde" (Paris) qui relève que Milosevic va enfin "répond[re] de ses crimes". "Milosevic, acheté, livré", titre "Le Temps" (Genève) en guise de commentaire.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a salué cette nouvelle comme "une victoire de la responsabilité sur l'impunité". "C'est un jour dont on se souviendra non comme d'un acte de vengeance, mais de justice". Le président du Tribunal, le Français Claude Jorda, et son procureur général, la Suissesse Carla Del Ponte voient, dans l'arrivée de Milosevic à La Haye, le début d'une nouvelle ère pour la justice internationale. "C'est "un moment historique" a déclaré Claude Jorda, ajoutant : "Sur le plan du droit international et du droit humanitaire, c'est un progrès irréversible".

Le président américain George W. Bush a "applaudi" la nouvelle, estimant que c'était "un message sans équivoque à toutes les personnes ayant plongé les Balkans dans la tragédie et les brutalités". Le président français Jacques Chirac a affirmé, pour sa part, qu'il s'agissait d'une "contribution majeure à l'affirmation du droit et de la justice dans le monde" et d'un "grand progrès de la conscience universelle", ajoutant que "cette décision crée un exemple. Chacun saura désormais que l'on ne peut bafouer impunément les valeurs essentielles de la dignité humaine". A propos de Milosevic, Jacques Chirac a eu les propos suivants : "Pendant plus de dix ans, il a semé la haine et la guerre dans les Balkans. Il a aussi fait le malheur de son peuple".

A Berne, le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères, Ruedi Christen, a rappelé que "la Suisse a toujours soutenu les efforts du TPI en vue d'un jugement de l'ancien président yougoslave".

Le procès de Milosevic : pas avant "huit à douze mois"

Le procès de Milosevic ne commencera pas avant "huit à douze mois" et devrait durer au minimum de "douze à quinze mois". Selon Claude Jorda, Slobodan Milosevic devrait être inculpé pour les crimes commis en Croatie et en Bosnie "vers le mois d'octobre".

La guerre qui a ravagé l'ex-Yougoslavie de 1991 à 1999 a causé la mort d'environ 250.000 personnes, la plupart des civils.

07.2001Haut de page