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2003, LA HAYE / COUR PENALE INTERNATIONALE
__Le Procureur de la Cour prêt à demander une enquête sur les crimes commis en République démocratique du Congo
Quelque 500 plaintes ont jusqu'à présent été reçues à La Haye, dont la majorité en provenance des pays développés, a indiqué le 16 juillet 2003, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo.
La CPI est le premier tribunal permanent chargé de la répression des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. En vertu du Traité de Rome (1998), la compétence de la CPI ne s'exerce que lorsque les faits allégués ont été commis sur le territoire d'un Etat partie ou si leur auteur est un ressortissant de l'un de ces Etats.
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IRAK. 16 plaintes concernant l'activité des troupes
américaines en Irak - plaintes dépourvues d'"informations
pertinentes", selon la Cour - ont été envoyées
à La Haye. "Nous n'avons pas de compétence
[sur la situation en Irak] puisque ni les Etats-Unis ni l'Irak
ne sont des Etats parties" au Traité de Rome, a précisé
Luis Moreno-Ocampo. Par ailleurs, des crimes imputables aux soldats
britanniques ou autres ne peuvent être traités par
la Cour en vertu du "principe de complémentarité",
qui donne la priorité à la justice nationale pour
traiter les cas la concernant, si elle est en mesure de le faire.
ISRAEL. Deux plaintes ont été reçues
sur le conflit israélo-palestinien, lesquelles n'entrent
pas dans la juridiction de la Cour, Israël n'ayant pas signé
le Traité de Rome.
COTE D'IVOIRE. Une plainte concernant des massacres
de civils par l'armée de Côte d'Ivoire a été
reçue à La Haye, mais la Cour ne peut y donner suite
puisque ce pays n'est pas signataire du Traité de Rome.
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO. La Cour a reçu
six plaintes sur la situation en République démocratique
du Congo (RDC), dont deux rapports circonstanciés transmis
par des organisations non gouvernementales. Depuis 1998, divers
rapports chiffrent entre 2,5 et 3,3 millions le nombre de personnes
décédées en RDC, soit en raison des combats,
soit en raison de "causes indirectes", telles que famines,
mines antipersonnelles, blessures non soignées, ou le Sida
transmis lors de viol.
"Je vais suivre de très près les informations
que nous avons reçues sur la situation dans la République
démocratique du Congo et particulièrement en
Ituri", a déclaré Luis Moreno-Ocampo, qui
a brossé un tableau très sombre de la situation
en Ituri, évoquant une longue série d'atrocités:
viols, pillages, cannibalisme rituel, torture, mutilation des
parties génitales. Plusieurs charniers ont été
découverts dans cette province. Depuis l'entrée
en vigueur du statut de la Cour, en juillet 2002, et jusqu'au
début 2003, quelque 5'000 civils ont été
tués en Ituri.
Le conflit en RDC : "le plus sanglant qu'ait
connu le monde depuis la Deuxième Guerre mondiale"
Affirmant que les crimes commis pendant le conflit en RDC,
"le plus sanglant qu'ait connu le monde depuis la Deuxième
Guerre mondiale", ne pouvaient rester impunis, le Procureur
de la Cour a déclaré, le 8 septembre 2003,
qu'il demanderait si nécessaire l'ouverture d'une enquête
indépendante sur les crimes commis dans ce pays.
"Le conflit qu'a connu la RDC et qui a fait plus de 2,5
millions de morts est le plus sanglant qu'ait connu le monde depuis
la Deuxième Guerre mondiale et la communauté internationale
ne saurait rester les bras croisés devant ces atrocités
qui comprennent des crimes de guerre, des crimes s'apparentant
au génocide et d'autres qui s'apparentent à des
crimes contre l'humanité", a-t-il souligné
lors de la deuxième session de l'Assemblée des Etats
Parties au Statut de Rome, traité fondateur de la Cour.
"Ceux qui profitent de l'exploitation illégale des
ressources naturelles de la RDC, ou qui se livrent à partir
de pays étrangers aux trafics illicites d'armes de guerre
en RDC sont complices des crimes commis dans ce pays".
En juillet 2004, le Bureau du procureur, a indiqué que l'on estimait entre 5'000 et 8'000 le nombre de meurtres commis, entre autres crimes, en RDC depuis le 1er juillet 2002, date d'entrée en vigueur de la Cour.
Une mission d'enquête de la CPI s'est rendue en septembre 2004 à Bunia, le chef-lieu de l'Ituri, où différentes missions des Nations unies ont constaté à plusieurs reprises que violations des droits de l'homme, massacres en masse de civils et atrocités de tous ordres s'étaient produits à intervalles réguliers.
OUGANDA. Le Procureur Ocampo a mentionné à plusieurs reprises les "allégations d'attaques à grande échelle et systématiques commises [dans le nord du pays] contre la population civile depuis juillet 2002, y compris l'enlèvement de milliers de filles et de garçons".
Sources : Nations unies et presse internationale, 2003 et 2004.

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