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NATIONS UNIES, DECEMBRE 2006 / LA JUSTICE INTERNATIONALE
__La stratégie d'achèvement des travaux des tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda menacée par le nombre d'accusés en fuite

Les Tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie
et le Rwanda ne doivent pas fermer leurs portes avant que
les accusés encore en fuite ne soient arrêtés
et jugés, ont plaidé, le 15 décembre 2006,
à New York, les juges et procureurs de ces deux juridictions,
venus présenter l'état d'avancement de leurs travaux
aux membres du Conseil de sécurité des Nations
unies.
En effet, les deux tribunaux se sont engagés dans la mise en uvre d'une stratégie d'achèvement de
leurs travaux d'ici à la fin de l'année 2008.
Financé par le budget ordinaire de l'Organisation des Nations
unies, leur fonctionnement est onéreux et de nombreux membres
du Conseil ont saisi cette occasion pour rappeler la nécessité
de redoubler d'efforts en vue de respecter les échéances
convenues, notamment en transférant autant que possible
les procès d'accusés de rang inférieur ou
intermédiaire aux juridictions nationales. Certains ont
par ailleurs conseillé, comme le Japon, que les Etats concernés
ou intéressés prennent le relais au-delà
du 31 décembre 2008 pour assurer le maintien des deux tribunaux.
Le coût de ces tribunaux est certainement une préoccupation
légitime, a reconnu le représentant de la France.
Mais, il s'est demandé pour sa part quel sens revêtirait
la décision de fermer les tribunaux si les principaux coupables
échappaient à la justice. C'est là la
question que le Conseil doit se poser, a-t-il dit, estimant que
la mission des tribunaux ne serait pas achevée tant que
ces accusés - en particulier Radovan Karadzic, Ratko
Mladic pour l'ex-Yougoslavie et Felicien Kabuga pour
le Rwanda - n'auront pas été jugés.
Or, comme l'ont fait remarquer les membres du Conseil, juges
et procureurs, il semble que les personnes recherchées
par les tribunaux espèrent pouvoir se soustraire à
la justice internationale après la clôture de ces
deux juridictions.
EX-YOUGOSLAVIE. Le procureur du Tribunal pénal
pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Del Ponte, a attiré
l'attention du Conseil de sécurité sur la réaction
négative des associations de victimes de Bosnie-Herzégovine
à l'idée de voir la stratégie d'achèvement
des travaux du TPIY se conclure avant l'arrestation et le jugement
de Radovan Karadzic et Ratko Mladic, accusés des crimes
les plus graves.
Carla Del Ponte a par ailleurs reproché aux autorités
de Bosnie-Herzégovine et de Serbie de ne pas faire preuve
de la volonté politique suffisante pour arrêter les
six fugitifs identifiés par le TPIY, affirmant notamment
que si le gouvernement serbe le souhaitait réellement,
il pourrait faire arrêter Ratko Mladic. Les représentants
de ces deux délégations ont au contraire affirmé
que les gouvernements respectifs redoublaient d'efforts pour coopérer
avec le Tribunal. Celui-ci a été invité par
les membres du Conseil à prendre toutes les mesures qui
s'imposent pour rationaliser ses méthodes de travail.
RWANDA. Dix-huit personnes sont également
sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par le Tribunal
pénal international pour le Rwanda (TPIR). Son président
a cependant déclaré qu'il était nécessaire
de pouvoir compter sur la pleine coopération des Etats
membres dans l'arrestation et le transfert de ces individus au
TPIR, et notamment de Félicien Kabuga, qui se trouve
en Afrique de l'Est. Evoquant ensuite la situation des personnes
acquittées, le juge a indiqué que seulement un des
cinq individus acquittés par le Tribunal avait trouvé
un pays d'accueil, les quatre autres étant encore sous
la protection du Tribunal à Arusha. Il a donc lancé
un appel aux Etats membres pour qu'ils offrent l'asile à
ces personnes.
Le représentant du Rwanda a souligné l'importance
pour son gouvernement que les procès se déroulent
le plus près possible des lieux où les crimes ont
été commis et que les coupables purgent leur peine
au Rwanda, ce qui contribuerait à la réconciliation
nationale et à mettre fin à la culture de l'impunité.
A cet égard, il a rappelé que son pays venait d'abolir
la peine de mort, une mesure qui devrait encourager la décision
de transférer les inculpés. Enfin, la stratégie
d'achèvement du Tribunal doit, selon lui, inclure le transfert
de tous les documents et archives du Tribunal au gouvernement
rwandais, qui envisage la création d'un centre de prévention
et de sensibilisation au génocide.
TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL POUR L'EX-YOUGOSALVIE
M. FAUSTO POCAR, président du Tribunal pénal
international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui présentait
son sixième rapport, a adressé des remerciements
chaleureux au président du Conseil de sécurité
pour le soutien extrêmement ferme que lui a apporté
le Qatar. Il a rappelé que ce pays avait enjoint les autres
Etats membres à s'acquitter de leurs obligations pour faire
avancer les travaux du Tribunal.
Il a d'abord noté que le TPIY avait fait face à
des situations très difficiles au dernier semestre, ce
qui ne l'a pas empêché, selon lui, de connaître
l'une des périodes les plus productives de son histoire.
En juillet 2006, les deux derniers procès à accusés
multiples (Milutinovic et Popovic) se sont ouverts
avec six mois d'avance grâce à la réorganisation
effectuée. Six procès ont été menés
de front et 25 accusés jugés, soit un nombre record.
En conséquence, le nombre d'affaires en instance a été
réduit considérablement. Selon le bilan dressé
par le juge Pocar, les poursuites engagées contre 100 accusés
sur 161 ont été menés à leur terme.
Sur les 61 accusés restants, 13 ont été
jugés et en sont au stade de l'appel, 24 sont en passe
d'être jugés et 14 en sont au stade de la mise en
état, quatre font l'objet d'une demande de renvoi et
six sont toujours en fuite.
Au train où vont les choses, a indiqué le président
du TPIY, et sauf impondérables, tous les accusés
effectivement déférés à La Haye devraient
être jugés d'ici la fin de l'année 2009 au
plus tard. Toutes les procédures en appel pourront
être closes dans les deux ans de l'achèvement des
procès en première instance. Le TPIY recherche des
solutions novatrices pour achever les procès plus tôt
que prévu sans sacrifier les garanties de procédure.
Par ailleurs, un septième procès, celui de Dragomir
Milosevic, s'ouvrira en janvier 2007. Le juge Pocar a souligné
que les efforts entrepris pour mener sept procès de front
prouvent que le TPIY est plus que jamais déterminé
à achever ses travaux le plus rapidement possible - tout
en respectant les normes fondamentales.
En ce qui concerne la détention des accusés, le Groupe de travail chargé de mettre en pratique les recommandations faites par la Suède a estimé que le Quartier pénitentiaire répondait aux normes internationales. Quant aux recommandations formulées par la Suède, elles ont commencé à être mises en uvre, d'autres étant encore à l'étude. Concernant les condamnés, le président du TPIY a précisé qu'il militait en faveur d'un transfert rapide dans les pays où ils devront juger leur peine. Il a ensuite évoqué le cas spécifique de Vojislav Seselj qui vient d'être réglé,
celui-ci ayant arrêté sa grève de la faim
et des soins, suite à la satisfaction de certaines de ses
demandes.
Le juge Pocar a ensuite brossé le tableau du travail
accompli par les Chambres de première instance et par la
Chambre d'appel. Les Chambres de première instance
ont continué d'assurer la mise en état de 17 affaires
et de mener six procès dont les trois à accusés
multiples. Elles ont également rendu deux jugements et
s'apprêtent à en rendre un troisième au début
de l'an prochain. Enfin, une affaire d'outrage a aussi été
jugée. En marge de ces activités qu'il a qualifiées
de "sans précédent", le juge Pocar a souligné
que les Chambres avaient pris une part active à la préparation
de nouveaux procès. La Chambre d'appel a également
travaillé au maximum de ses capacités, a-t-il ajouté.
Le président du TPIY a ensuite abordé en détail
la mise en uvre par le TPIY de la stratégie d'achèvement de ses travaux. Tout d'abord, le Tribunal s'est employé
à améliorer l'efficacité de ses procédures.
Par ailleurs, les juges continuent de chercher de nouveaux moyens
pour améliorer l'efficacité des procédures
du Tribunal en apportant de nouvelles modifications au Règlement.
Les juges ont également pris des mesures pour accélérer
les procès en fixant des limites aux dossiers des parties.
En outre, les Chambres de première instance se sont employées
à trouver d'autres moyens pour les amener à recentrer
leurs dossiers sur l'essentiel. Ainsi, des délais stricts
ont été imposés aux parties.
Outre ces mesures concrètes, ces améliorations
sont imputables au dévouement du personnel hautement qualifié
et compétent du TPIY, a souligné son président.
Afin de conserver les meilleurs éléments, le Tribunal
a encouragé les promotions accélérées.
Le TPIY a aussi fait appel de plus en plus souvent aux juges ad
litem.
Autre allégement, le TPIY a continué de renvoyer
devant les juridictions de l'ex-Yougoslavie des affaires impliquant
des accusés de rang intermédiaire et subalterne.
Le Tribunal de La Haye continue néanmoins de surveiller
le déroulement de ces procès, a assuré le
juge Pocar. Des symposiums et conférences avec les juges
locaux ont été organisés pour contribuer
à l'instauration d'un Etat de droit dans l'ex-Yougoslavie.
Fausto Pocar a prié le Conseil de sécurité
et la communauté internationale de préserver ces
résultats en prenant dès maintenant les mesures
qui s'imposent pour renforcer l'Etat de droit en continuant d'apporter
leur soutien aux institutions judiciaires et carcérales
dans la région. Enfin, a-t-il noté, la capacité
du TPIY à achever efficacement ses travaux dépend
largement de la coopération des États et la non-intervention
dans les affaires en cours. Si Dragan Zelenovic a été
transféré aux autorités de la Bosnie-Herzégovine
par la Fédération de Russie, aucun des six accusés
de haut rang, dont Radovan Karadzic et Ratko Mladic, n'ont toujours
pas été appréhendés. Le juge Pocar a prié instamment tous les Etats de prendre sans délai des mesures concrètes et de mettre tout en uvre pour les localiser. Car, a-t-il souligné, le Tribunal ne doit pas fermer ses portes avant que ces accusés aient été arrêtés et jugés. Dans le cas contraire, a-t-il ajouté, la mission du TPIY serait inachevée. Surtout, le message que celui-ci a voulu faire passer, à savoir que la communauté internationale ne tolèrera pas les violations graves du droit international, resterait lettre morte.
Le Président du TPIY a ensuite fait part des prévisions concernant la mise en uvre de la stratégie d'achèvement des travaux du Tribunal. Il a toutefois indiqué que même si les juges continuent de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer la conduite rapide des procès, certains impondérables tels que la santé des accusés peuvent ralentir naturellement les procès. Outre le fait que le Tribunal pourrait néanmoins avoir à se ressaisir des cas déférés devant des juridictions nationales, le problème des six accusés encore en fuite risque de rendre peu probable l'achèvement de tous les procès de première instance d'ici à 2009.
Avant de conclure, le juge Fausto Pocar a souligné que
le TPIY ne remercierait jamais assez le Conseil de sécurité
pour le soutien sans faille qu'il a apporté à ses
travaux. Grâce à la clairvoyance dont il a fait preuve
en créant le Tribunal en 1993, les poursuites engagées
contre les responsables de crimes de guerre, de crimes contre
l'humanité et de génocide sont désormais
une pratique courante dans le monde entier, a-t-il rappelé,
en priant instamment les Etats membres de continuer d'apporter
leur soutien au Tribunal pendant les dernières années
de son mandat car il reste beaucoup à faire. Ensemble,
a-t-il dit, nous devons mener à son terme la mission du
Tribunal pour faire avancer la cause de la justice internationale,
continuer de lutter contre l'impunité et favoriser la paix
et la sécurité internationales.
Mme CARLA DEL PONTE, procureur du Tribunal pénal
international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), a déclaré
que son Bureau avait étroitement collaboré avec
les Chambres en vue de hâter la tenue des procès,
tout en s'efforçant de maintenir pour chacun d'entre eux
les normes juridiques les plus hautes. Le transfert d'affaires
devant des juridictions nationales continue par ailleurs de progresser,
a-t-elle ajouté. A la suite de son initiative de juger
simultanément les personnes accusées de crimes similaires,
Carla Del Ponte a rappelé que deux procès impliquant
de nombreux accusés s'étaient ouverts en juillet
2006 à La Haye. L'un d'eux concerne le génocide
de Sebrenica et réunit sept accusés, tous d'anciens
aides de camp de Ratko Mladic, a-t-elle indiqué, regrettant
que celui-ci ne puisse être jugé aux côtés
de ses complices. L'autre procès est celui de six hauts
responsables politiques et militaires serbes, jugés pour
des crimes commis au Kosovo. Un septième accusé,
Valstimir Djordjevic, est en liberté et aurait été
signalé en Fédération de Russie. Au total,
24 accusés sont actuellement jugés, le plus grand
nombre de procès simultanés dans l'histoire du Tribunal.
Le Procureur a ensuite attiré l'attention du Conseil
de sécurité sur la réaction négative
des associations de victimes de Bosnie-Herzégovine, qui
sont amères devant la perspective de voir la Stratégie
d'achèvement des travaux du TPIY se conclure avant que
Radovan Karadzic et Ratko Mladic puissent être
arrêtés et jugés à La Haye. Ces deux
individus sont pour eux les plus grands responsables des crimes
perpétrés dans le pays. Or, les autorités
de Bosnie-Herzégovine et de Serbie n'ont pas fait preuve
de la volonté suffisante pour arrêter les six fugitifs
identifiés par le TPIY.
Ainsi, la Serbie a annoncé en grande pompe un
plan destiné à capturer les fugitifs, une initiative
qui s'est avéré un nouvel écran de fumée,
selon Carla Del Ponte. Elle a affirmé que si le gouvernement
serbe le souhaitait réellement, il pourrait parfaitement
faire arrêter Ratko Mladic, qui n'a jamais cessé
de bénéficier de la protection de l'armée.
Il s'agit simplement d'une question de volonté politique,
a-t-elle insisté, soulignant que le refus de coopérer
de la Serbie avec son Bureau témoignait du mépris
de la part des autorités serbes pour les victimes, principalement
musulmanes, mais également croates et non serbes, de Bosnie-Herzégovine.
S'agissant des Institutions centrales de Bosnie-Herzégovine,
la situation n'est guère meilleure, a poursuivi Carla Del
Ponte, qui a expliqué que les Institutions centrales
et serbes du pays étaient remplies de fonctionnaires qui
sont, ou ont été, en contact étroit avec
Radovan Karadzic et son réseau.
Le Procureur a ensuite déclaré qu'à moins
que le Conseil de sécurité n'autorise le transfert
d'un plus grand nombre d'accusés devant des juridictions
nationales, le TPIY ne serait pas en mesure de mener à
bien sa stratégie d'achèvement des travaux d'ici
à la fin de l'année 2008. Aussi, a-t-elle demandé
à ses membres de prendre en considération deux requêtes
: le Tribunal doit rester ouvert jusqu'à ce que Mladic
et Karadzic soient traduits en justice à La Haye et
des mesures doivent être prises pour renforcer la volonté
politique des Etats, indispensable à l'arrestation des
fugitifs.
TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA
M. ERIK MØSE, Président du Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR), a indiqué que
lorsqu'il avait fait son exposé devant le Conseil en juin
2006, le nombre d'accusés dont les procès étaient
en cours ou achevés étaient au nombre de 55.
Ils sont désormais 59, quatre autres jugements ayant été
rendus depuis. Cinq personnes ont été acquittées
lors de ces derniers procès, a ajouté le juge, qui
a ensuite expliqué que neuf procès se déroulaient
actuellement. Ces affaires représentent l'un des principaux
défis du TPIR, en raison du nombre d'accusés (25
au total) et de leur complexité. En outre, le Président
a rappelé que trois nouveaux procès avaient débuté
en septembre et en novembre derniers.
S'agissant de la situation des 11 détenus restants en
attente d'être jugés, M. Mose a déclaré
que le procès de l'un d'entre eux débuterait le
8 janvier 2007. Une des autres affaires sera déférée
devant une juridiction nationale compétente. Par conséquent,
le nombre réel de procès en suspens est inférieur
à 10, a précisé le président, qui
a confirmé que le TPIR respectait le calendrier qui lui
était imparti dans le cadre de la stratégie d'achèvement
de ses travaux, dont l'échéance est fixée
à la fin de l'année 2008. Pour atteindre cet objectif,
la continuité des travaux du TPIR est indispensable, a
souligné M. Mose, qui s'est félicité à
cet égard de la prorogation par le Conseil de sécurité
du mandat, jusqu'au 31 décembre 2008, des juges permanents
et des juges ad litem.
Le président a cependant regretté que 18 accusés
soient toujours en fuite. Même s'ils venaient à
être arrêtés, le TPIR ne sera pas en mesure
de pouvoir les juger d'ici à la fin 2008, a-t-il assuré.
Il est cependant nécessaire de pouvoir compter sur la pleine
coopération des Etats membres dans l'arrestation et le
transfert de ces individus au TPIR, et notamment de Félicien
Kabuga, qui se trouve en Afrique de l'Est. Évoquant ensuite
la situation des personnes acquittées, le juge a rappelé
que seulement un des cinq individus acquittés par le Tribunal
avait trouvé un pays d'accueil, les quatre autres étant
encore sous la protection du Tribunal à Arusha. Il a donc
lancé un appel aux Etats membres pour qu'ils offrent l'asile
à ces personnes.
Il a précisé en conclusion que le Tribunal poursuivait
la rationalisation de ses méthodes de travail et que le
Rwanda faisait preuve d'une coopération continue avec le
TPIR.
M. HASSAN BUBACAR JALLOW, procureur du Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR), a d'abord noté que
le TPIR continuait d'enregistrer un progrès continu vers
la réalisation de son mandat dans les délais impartis.
Il a indiqué que cinq cas avait été jugés.
Trois ont été reconnus coupables, dont un a plaidé
coupable, et deux ont été acquittés. Trois
autres procès se sont ouverts tandis que 25 autres se poursuivent,
22 étant traduits conjointement. Les trois affaires les
plus importantes devraient se conclure en 2007-2008, aucun ne
devant aller au-delà. La conclusion de ces affaires à
cas multiples permettra au TPIR de se saisir de nouveaux cas individuels.
L'éventualité du transfert de certaines affaires
dans des pays africains est difficilement envisageable, a-t-il
estimé. Tous les pays qui ont été approchés,
sans être hostiles au principe, ont fait valoir leurs ressources
limitées, leurs juridictions étant déjà
surchargées. Le Rwanda, même s'il n'est pas encore
prêt, reste par conséquent le seul pays africain
prêt à juger des affaires en provenance du TPIR.
Il n'a pas été possible d'appréhender
les 18 fugitifs qui continuent d'échapper à la justice,
a indiqué le Procureur Jallow qui a évoqué
le cas de Félicien Kabuga, l'un de ces principaux fugitifs.
Le Kenya a promis son concours actif. Sur les 11 accusés
en détention préventive, cinq devraient faire l'objet
d'un transfert. Sur les 18 fugitifs, six au maximum dont Félicien
Kabuga, pourront être immédiatement traduits à
Arusha, a-t-il assuré.
Concernant le renvoi de certaines affaires au Rwanda, si celles-ci
s'avèrent impossibles, le procureur Jallow a émis
l'espoir qu'elles pourraient être transférées
vers d'autres juridictions plutôt qu'à Arusha. Les
Etats-Unis, le Canada et des pays d'Europe ont mis sur pied des
bureaux pour poursuivre des génocidaires présumés
pouvant s'être établis sur leurs territoires. Concernant
le personnel du TPIR, son procureur a estimé nécessaire
de mettre en place des incitations à continuer à
travailler pour lui. En conclusion, et après avoir rendu
hommage au secrétaire général Kofi Annan
pour son soutien sans faille, le Procureur a remercié le
Conseil, le Secrétariat et d'autres organes des Nations
unies pour leur soutien.
LES DECLARATIONS
M. TUVAKO N. MANONGI (République-Unie de Tanzanie)
a exprimé sa préoccupation devant l'absence de progrès
enregistrés dans la recherche des fugitifs réclamés
par les deux Tribunaux. Il s'est ensuite félicité
du nombre de jugements rendus par le TPIR ou qui sont en
cours, mais il a noté l'écart qui persiste dans
l'organisation et la tenue de certains procès dans le cadre
de la stratégie d'achèvement des travaux. A cet
égard, le transfert d'affaires devant les juridictions
nationales reste tout particulièrement important.
En ce qui concerne le TPIY, les mesures prises en vue
d'accélérer la tenue de procès et la prorogation
des juges ad litem sont de nature à lui permettre de mener
à bien sa stratégie d'achèvement. Toutefois,
nous constatons un certain nombre de problèmes, tels que
des problèmes de santé, la disponibilité
des témoins ou de personnels qualifiés ou, plus
grave, le manque de coopération des gouvernements dans
la recherche de Mladic et Karadzic. L'arrestation d'accusés
de haut rang doit donc être prise en compte dans le cadre
de la stratégie d'achèvement des travaux du Tribunal,
ces accusés attendant de la voir menée à
terme pour s'assurer qu'ils ne seront pas jugés par cette
juridiction. Aussi, le représentant a-t-il invité
le Conseil à maintenir la compétence du TPIY pour
lui permettre de juger ces individus à tout moment.
Mme JACKIE SANDERS (Etats-Unis) a assuré
que son pays restait fortement engagé aux côtés
du Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY)
et s'est dite satisfaite de l'accélération du rythme
des procès. Nous devons continuer à travailler ensemble
pour assurer que le Tribunal mettra à bien sa tâche,
a-t-elle ajouté. Il est inacceptable, selon elle, que
les accusés les plus notoires, Radovan Karadzic et Ratko
Mladic, puissent échapper à la justice à
la fin des travaux du Tribunal. Le Conseil et les Etats intéressés
doivent continuer à se pencher sur ce problème par
la préservation des archives notamment.
La représentante a demandé à tous les
pays concernés de collaborer avec le TPIY. Comme nous l'avons
dit précédemment, a-t-elle, assuré, la porte
du Tribunal restera toujours ouverte pour Karadzic et Mladic.
Renforcer les capacités judiciaires est particulièrement
important pour le Rwanda, a-t-elle noté. La reconstruction
est un processus ardu même si ce pays a enregistré
des progrès remarquables. Mme Sanders a appelé tous
les pays dont le Rwanda à remplir leurs obligations vis-à-vis
de la justice internationale.
M. KENZO OSHIMA (Japon) a encouragé les
deux Tribunaux à mener à bien leurs stratégies
d'achèvement des travaux dans les délais impartis.
Il a ensuite souhaité que les Etats concernés
prennent toutes les mesures aux fins d'arrêter les fugitifs
recherchés par les deux Tribunaux. Leur résolution
et leur coopération sont indispensables, a-t-il insisté.
Toutefois, si les Tribunaux doivent continuer de fonctionner au-delà
de la date arrêtée pour la fin de la stratégie
d'achèvement de leurs travaux, le représentant du
Japon a estimé que le financement devrait être pris
en charge non plus par les Nationbs unies, mais par les États
concernés ou intéressés. En outre, afin d'appuyer
le transfert d'accusés de rang inférieur ou intermédiaire
devant des juridictions nationales compétences, le Japon,
en coopération avec le PNUD, a notamment lancé un
programme de renforcement des capacités des Chambres des
crimes de guerre de Bosnie-Herzégovine.
M. LIU ZHENMIN (Chine) a expliqué que
son pays était satisfait des progrès enregistrés
par les deux Tribunaux, avancées qui donnent à penser
qu'ils pourront aller au terme de leurs travaux. Si ceux-ci se
doivent d'être efficaces, les pays concernés doivent
aussi leur apporter leur concours afin que les procès s'achèvent
dans les délais impartis. Le rôle positif joué
par ces tribunaux dans la paix et la stabilité des régions
concernés est désormais très largement reconnu,
selon le représentant de la Chine.
Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark) a regretté
que six accusés recherchés par le TPIY et 18 par
le TPIR soient encore en fuite et appelé tous les États
à coopérer pour faciliter leur arrestation. Elle
a également souligné qu'il était indispensable
que les Tribunaux mènent à bien leur stratégie
d'achèvement des travaux, recommandant que des mesures
additionnelles soient prises à cet égard. Rappelant
que certaines fonctions administratives et judiciaires des Tribunaux
devraient se poursuivre au-delà du 31 décembre 2008,
telles que la protection des victimes ou l'application des peines,
la représentante a estimé que le Conseil de sécurité
devait examiner les moyens d'assurer cette continuité.
M. LAZARE MAKAYAT-SAFOUESSE (Congo) a d'abord
noté qu'en rendant justice aux victimes, ces deux Tribunaux
contribuaient à consolider la paix, en favorisant la reconstruction
nationale. Qualifiant d'impressionnant, le nombre d'affaires examiné,
le représentant du Congo a souligné que dans le
cas du TPIR, celui-ci avait lancé un programme d'information
qui permet à la fois de lutter contre l'impunité
et de former les étudiants notamment. Faute de traduire
en justice des individus ayant commis les crimes les plus graves,
les victimes n'auront pas eu droit à cette réparation
minimale que l'on doit à leur mémoire, a-t-il souligné.
Par ailleurs, le Congo souhaiterait savoir si la prolongation
du mandat des juges, et de l'action des deux Tribunaux, peut être
"envisagée comme une hypothèse à ne
pas exclure dans le futur".
Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a regretté
que trop d'accusés recherchés par les deux Tribunaux
soient encore en liberté, soulignant que la coopération
avec le Tribunal était indispensable pour assurer le transfert
des accusés restants, y compris par tout pays où
pourraient se rendre les inculpés. Nous comprenons que
Djordjevic serait en Russie, a-t-elle poursuivi, et nous espérons
qu'il sera transféré au Tribunal de La Haye s'il
était retrouvé. La stabilité à long
terme dans les Balkans dépendra de la justice qui y sera
rendue, a fait remarquer la représentante, qui a ajouté
que c'était une condition sine qua non de la perspective
d'une intégration des pays des Balkans dans les structures
euro-atlantique. La Serbie et la Bosnie-Herzégovine
doivent donc coopérer à cette fin, a-t-elle
insisté. Le TPIY doit certes pouvoir achever ses travaux
à temps, mais Mladic et Karadzic ne doivent pas croire
qu'ils pourront échapper à la justice de La Haye
au-delà de la conclusion de la stratégie d'achèvement
des travaux.
M. DIEGO MALPEDE (Argentine) s'est félicité
des progrès effectués par le TPIY pour accélérer
le rythme de son travail. Il s'est dit convaincu que le Tribunal,
en optimisant son fonctionnement et ses méthodes de travail,
n'avait pas affecté la qualité de la justice rendue.
Il a émis l'espoir que le Groupe de travail pourrait mener
à bien l'application des recommandations suédoises
concernant les conditions de détention. Il a considéré
comme un point positif que les accusés de rang intermédiaire
soient traduits devant des juridictions nationales. M. Malpede
a jugé inadmissible que MM. Karadzic et Mladic échappent
toujours à la justice. Il a appelé la Serbie et
la Bosnie-Herzégovine à coopérer pleinement
avec le Tribunal.
Concernant le Rwanda, la délégation argentine
est préoccupée de la difficulté de transférer
les accusés de rang intermédiaire vers les juridictions
nationales, ce qui ne pourra que ralentir l'avancée des
procès. Il a noté l'extrême urgence de fournir
des moyens au Rwanda pour qu'il puisse affronter avec succès
le défi de juger les responsables du génocide. M.
Malpede a appelé le gouvernement du Rwanda à abolir
la peine de mort.
En conclusion, la délégation argentine estime
que la prolifération et la fragmentation des Tribunaux
ne répondaient pas à la nécessité
de juger les crimes de génocide. Il convient donc que les
États et les sociétés civiles apportent tout
leur appui à la Cour pénale internationale pour
que dans l'avenir un seul Tribunal puisse être l'arme juridique
de la communauté internationale pour juger les crimes contre
l'humanité et éliminer l'impunité.
M. ILYA I. ROGACHEV (Fédération de
Russie) s'est félicité de la décision
du Rwanda d'annuler la peine de mort, une mesure de nature à
rassurer les accusés qui seront renvoyés devant
des juridictions nationales. S'agissant du TPIY, il s'est dit
préoccupé par l'état de santé de Vojislav
_e_elj, qui relève de la responsabilité du Tribunal.
Inquiet de voir que le Tribunal ne parvenait pas à réduire
la durée d'incarcération des accusés, le
représentant a déclaré que le Tribunal manquait
de transparence. Des situations comme celle-ci pourraient ternir
davantage la réputation d'une juridiction déjà
entachée par le décès de Milosevic.
Evoquant les critiques faites par le Bureau du Procureur concernant
certaines modifications apportées au fonctionnement du
Tribunal, la délégation y a vu pour sa part une
amélioration de ses méthodes de travail. Quant
aux allégations faisant état de la présence
de certains accusés sur le territoire russe, aucune preuve
n'en a encore été apportée. Demandant
au Tribunal de respecter les délais fixés par le
Conseil de sécurité pour sa stratégie d'achèvement
des travaux, elle s'est félicitée des mesures prises
par le Tribunal à cette fin. Toutefois, nous ne pourrons
pas nous satisfaire de l'argument selon lequel la fuite de Mladic
et Karadzic justifieraient le maintien indéfini du TPIY,
a conclu le représentant.
M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a
d'abord salué les efforts conjugués des juges et
des procureurs dans la stratégie d'achèvement des
travaux, permettant que justice soit enfin rendue. Les impératifs
d'équité, de respect des droits de la défense,
doivent être respectés. Le legs des deux Tribunaux
spéciaux pour la justice internationale sera fondamental,
selon lui.
Au sujet des difficultés risquant de s'accroître
avec l'approche de l'échéance, la France estime
que le défi majeur est que certains des responsables
des crimes soient toujours en fuite. L'arrestation et le transfert
vers La Haye et Arusha sont une obligation internationale pour
les pays qui sont en position d'agir en ce sens, a rappelé
M. de La Sablière. En outre, concernant les Balkans, il
s'agit d'une obligation en matière d'intégration
européenne, a-t-il rappelé.
La délégation française a estimé
que le Conseil doit réfléchir au sens de ces dates
d'achèvement fixée à 2008 et 2010, selon
les cas. Pour la France, il s'agit d'un objectif et non pas
de dates couperets. Certains facteurs en effet ne dépendent
pas des Tribunaux, a rappelé M. de La Sablière.
Or, certains semblent interpréter ces dates comme impératives
pour fermer ces Tribunaux. Le coût de ces Tribunaux est
certainement une préoccupation respectable, a reconnu le
représentant de la France. Il s'est toutefois demandé,
quel sens cela pourrait avoir si les principaux coupables échappaient
à la justice. Quel en serait l'impact ? Le Conseil doit
se poser ces questions, a-t-il estimé. Car, pour la France,
la mission des Tribunaux ne sera pas achevée tant que
ces accusés -dont Karadzic, Mladic et Kabuga - n'auront
pas été jugés.
M. IGOR BARTHO (Slovaquie) s'est félicité
des progrès accomplis dans la stratégie d'achèvement
des travaux des deux Tribunaux, en vue de respecter les échéances
fixées par les résolutions du Conseil de sécurité.
Nous saluons en outre le transfert des accusés de rang
inférieur ou intermédiaire devant des juridictions
nationales, ce qui permettra aux deux Tribunaux de se consacrer
aux procès des accusés les plus importants. Prenant
note des obstacles rencontrés quotidiennement par les deux
Tribunaux, la délégation a déclaré
qu'elle appuyait les efforts qu'ils déploient pour atteindre
les objectifs fixés par les stratégies. Le Conseil
de sécurité doit maintenir son plein appui pour
leur permettre d'achever leurs travaux avec succès, a-t-il
conclu.
M. ROBERT TACHIE-MENSON (Ghana) a noté
le rôle joué par le TPIR dans la réconciliation
et le processus de reconstruction au Rwanda, constituant une contribution
indéniable à la restauration de la démocratie
et à la primauté du droit. Il s'est dit confiant
que celui-ci était dans la bonne voie pour concrétiser
la stratégie d'achèvement en 2008 et qu'il était
nécessaire que les ressources nécessaires lui soient
octroyées. Il est important que les procès pour
génocide soient menés dans le cadre de la stratégie
d'achèvement, a-t-il souligné. Des procès
de longueur déraisonnable, affectés par des retards
et des règles de procédure compliquée, ne
donnent pas une image de transparence et d'efficacité,
a-t-il dit.
Le programme d'information sur les travaux du TPIR a joué
un rôle très positif pour panser les plaies des sociétés
concernées, selon la délégation ghanéenne.
Celle-ci est gravement préoccupée par le fait
que certains responsables échappent toujours à la
justice, estimant que ceux-ci ne peuvent se cacher sans des complicités
de haut niveau. Il a appelé les Etats concernés
à faire preuve de la volonté politique nécessaire
et de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour traduire ces
suspects en justice. Il ne peut y avoir de terme à cette
période traumatisante dans laquelle ces fugitifs ont joué
un rôle ignoble, s'ils ne sont pas présentés
devant un tribunal. Il a enfin émis l'espoir que la date
butoir serait tenue.
M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) a reconnu
les difficultés rencontrées par les deux Tribunaux
pénaux internationaux, les exhortant à respecter
les échéances fixées tout en appliquant les
normes de justice les plus élevées. A cette fin,
la pleine coopération des Etats est indispensable, notamment
pour retrouver les fugitifs au plus vite et les mettre à
disposition des deux Tribunaux afin qu'ils puissent achever leurs
travaux dans les délais impartis. Une autre mesure susceptible
d'accélérer les travaux des Tribunaux consiste à
transférer les accusés de rang inférieur
ou intermédiaire devant les juridictions nationales, a
précisé le représentant.
Mme MARIA TELALIAN (Grèce) a d'abord pris note
des importants progrès effectués pour mener à
bien la stratégie d'achèvement, en félicitant
notamment le TPIY. Elle a noté avec satisfaction les progrès
importants qu'il a réalisés pour atteindre les objectifs
dans la stratégie d'achèvement. Elle s'est aussi
félicitée du transfert d'affaires de rang subalterne
aux juridictions nationales. Malgré ces progrès,
les deux Tribunaux ne peuvent remplir leur mandat tant que
des accusés importants demeurent en fuite, en particulier
MM. Karadzic et Mladic, a-t-elle noté.
La Grèce soutien le travail en cours et félicite
les instances pour leur haut niveau de productivité dans
le cadre de la stratégie d'achèvement. Elle est
cependant gravement préoccupée par le fait que 18
inculpés du TPIR soient toujours en fuite dont Félicien
Kabuga. Les deux Tribunaux ont accumulé une importante
jurisprudence internationale qui renforce la justice en particulier
pour des crimes graves qui pourraient être commis dans l'avenir,
estime la représentante. La communauté internationale
ne doit pas envoyer un message erroné qu'elle n'est pas
prête à supporter les coûts nécessaires
à la poursuite de la justice.
M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a affirmé qu'il était nécessaire d'examiner les facteurs qui auront un impact sur la mise en uvre des stratégies d'achèvement des travaux des Tribunaux pénaux internationaux. Dans ce contexte, il a souligné l'importance des recommandations formulées par le Groupe de travail dans l'accélération des travaux des Tribunaux, tels que le renforcement du rôle des juges d'instruction, l'amélioration des procédures de mise en état, la mise en place d'un système de tribunal électronique, ainsi que le renvoi de certaines affaires devant des juridictions nationales. De telles mesures ne devraient pas préjuger du droit des accusés à bénéficier d'un procès équitable.
Cependant, justice ne saurait être rendue tant que
les responsables des crimes les plus odieux sont en fuite,
a affirmé le représentant. Aussi, est-il indispensable
d'intensifier la coopération de tous les Etats avec les
deux Tribunaux afin de retrouver ces individus, notamment Mladic
et Karadzic, qui devront être remis au TPIY pour être
jugés à La Haye, et les 18 accusés recherchés
par le TPIR. L'arrestation des accusés est une priorité
de la communauté internationale, qui doit faire preuve
de la volonté politique nécessaire, a conclu le
représentant.
M. ZORAN LONCAR, ministre de l'administration publique
et des autorités locales de la Serbie, a d'abord
souligné que le gouvernement serbe faisait preuve de toute
la volonté politique nécessaire. Seize inculpés
ont été transférés à La Haye, a-t-il rappelé, et il est dans l'intérêt de son gouvernement que les responsables des crimes soient traduits en justice, a-t-il assuré. Le gouvernement de Belgrade a adopté, en juillet 2006, un plan de coopération avec le TPIY, a-t-il rappelé. Les autorités de l'État participent pleinement à la mise en uvre du plan d'action, selon lui. Des opérations sont lancées quotidiennement, a-t-il précisé. En adoptant ce plan, les autorités mènent des activités complètes témoignant de la volonté politique des plus hautes autorités de l'État, celles-ci étant déterminées
à retrouver tous les inculpés pour qu'ils soient
renvoyés à La Haye.
Un grand nombre de requêtes - 95%, selon la délégation
serbe - ont reçu des réponses positives, seule une
poignée demeurant en suspens. Le 2 mars 2006, la requête
donnant l'accès aux archives de l'Etat a été
acceptée, a-t-il rappelé. La Serbie ne ménage
donc aucun effort, a-t-il répété. Il
en va de même avec la résolution 1534 qui définit
la stratégie d'achèvement des travaux. Le Gouvernement
serbe appuie les efforts du Tribunal, a-t-il assuré. Il
est aussi favorable aux transferts des affaires de rang inférieur
ou intermédiaire devant les juridictions nationales. Les
tribunaux nationaux peuvent en effet permettre de parvenir à
la réconciliation, a-t-il estimé. Mais, il a déploré
qu'une seule personne ait été renvoyée devant
un tribunal serbe. Coopération et confiance mutuelles sont
indispensables selon lui. La Serbie est déterminée
à faire traduire en justice tous les responsables
M. JOSEPH NSENGIMANA (Rwanda) a fait valoir trois
domaines d'une importance particulière pour son gouvernement.
Tout d'abord, les procès devraient se dérouler
le plus près possible des lieux où les crimes ont
été commis, ce qui contribuerait à la
réconciliation nationale et permettrait de mettre fin à
la culture d'impunité. A cet égard, le Rwanda
n'a jamais cessé de dire que tous les accusés du
TPIR devraient accomplir leurs peines au Rwanda, a tenu à
préciser le représentant, rappelant que la peine
de mort venait d'y être abolie. En dépit de ses appels
répétés en ce sens, des retards incompréhensibles
persistent dans le transfert des inculpés. Aussi, le représentant
a-t-il lancé un appel en vue de hâter l'application
des accords déjà conclus à ce sujet.
Le représentant a ensuite rappelé que les
responsables des crimes les plus graves, notamment de génocide,
ne devaient pas pouvoir se soustraire à la justice.
La stratégie d'achèvement des travaux ne devrait
pas constituer, à cet égard, un moyen de contourner
l'obligation de la communauté internationale de faire
traduire en justice ces individus, en particulier Felicien Kabuga
et Augustine Ngirabatware. Enfin, selon le représentant,
la stratégie d'achèvement doit inclure le transfert
de tous les documents et archives du Tribunal au gouvernement
rwandais, qui envisage la création d'un centre de prévention
et de sensibilisation au génocide, pour honorer la
mémoire des victimes et promouvoir la justice, la réconciliation
nationale et le respect des droits de l'homme.
M. MILO PRICA (Bosnie-Herzégovine) a
assuré que les autorités de son pays étaient
déterminées à coopérer avec le TPIY.
Jusqu'à présent, les autorités ont fait tous
les efforts possibles pour appréhender les suspects toujours
en fuite, a-t-il assuré, en tâchant de retracer les
réseaux les soutenant. Il a souligné que le TPIY
avait joué un rôle clef dans le renforcement du droit
dans les Balkans en procédant à des enquêtes,
en traduisant en justice des criminels de guerre, en assistant
et en inspirant les justices nationales à faire de même.
Certes, les autorités bosniaques sont disposées
à redoubler d'efforts, mais il convient de rappeler que
les accusés de plus haut rang ont été arrêtés
en dehors de la Bosnie-Herzégovine, a-t-il rappelé.
M. Prica a souligné que son pays avait achevé
la restructuration de son système judiciaire concernant
les crimes de guerre. Elle est donc en mesure de juger les suspects
de rang inférieur ou intermédiaire et il s'est dit
heureux de pouvoir annoncer qu'un certain nombre de cas déférés
par le TPIY ou renvoyés par le Procureur de Bosnie-Herzégovine,
étaient en cours d'examen. Enfin, le représentant
bosniaque a exprimé la gratitude de son pays pour l'aide
de la communauté internationale dans l'assistance à
ses magistrats.
Source : Nations unies, New York, décembre 2006.
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