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OCTOBRE 2003 / TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA
__Le nouveau Procureur du Tribunal rend compte au Conseil de sécurité des travaux du Tribunal
| Le nouveau Procureur du Tribunal pénal international
pour le Rwanda (TPIR), Hassan Bubacar Jallow, a
indiqué au Conseil de sécurité des
Nations unies, le 9 octobre 2003, qu'il s'était
efforcé, depuis qu'il a pris ses fonctions début
octobre, d'évaluer le nombre des cas devant être
transférés devant les juridictions nationales compétentes
afin que l'ensemble des travaux du Tribunal puisse être
achevé d'ici à 2010. |
"J'ai déjà mis en place des mécanismes
d'examen des cas des détenus en attente de jugement, des
16 inculpés actuellement en fuite, des 26 personnes devant
faire l'objet d'enquêtes, et des 40 cas qui pourraient être
transférés à des juridictions nationales",
a indiqué le Procureur dans son exposé au Conseil
de sécurité.
Hassan Bubacar Jallow a déclaré
que le TPIR conduisait actuellement quatre procès intentés
contre 12 accusés pour lesquels il y avait un grand nombre
de témoins. Celui-ci a précisé que, le 3
novembre, le Tribunal prévoyait de juger huit autres accusés
impliquant "un grand nombre d'hommes politiques qui ont été
responsables de la planification du génocide". "Le
processus de la justice pénale internationale est, pour
de multiples raisons, difficile, mais c'est un processus qui peut
et doit être entrepris", a-t-il ajouté.
Après avoir fait part des réformes entreprises
pour améliorer le fonctionnement du Tribunal, le Président
du TPIR, Erik Mose, a demandé au Conseil de sécurité d'augmenter de 4 à 9 le nombre des juges temporaires, afin de permettre au Tribunal de terminer ses travaux dans les temps impartis.
LE RAPPORT PRESENTE AU CONSEIL DE SECURITE
Le huitième rapport annuel du Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR) passe en revue les activités
du Tribunal entre le 1er juillet 2002 et le 30 juin 2003, y compris
celles des Chambres (de première instance et d'appel),
du Bureau du Procureur, du Greffe et de l'Administration.
Au cours de cette période, le Tribunal a conduit
neuf procès intentés contre 23 accusés.
Des jugements ont été rendus dans trois procès
intentés contre quatre accusés. Ainsi, au 30 juin
2003, 11 jugements concernant 13 accusés ont été
rendus, et ce, depuis que le Tribunal a commencé ses activités.
12 des 13 accusés ont été reconnus coupable
et un a été acquitté. Dans quatre procès
intentés contre huit accusés, la présentation
des moyens de preuve a été conclue, et les réquisitoires
et plaidoiries devraient être entendus en juillet et août
2003. Les jugements dans ces quatre affaires devraient être
prononcés en fin 2003, portant à neuf le nombre
total de jugements rendus au cours du deuxième mandat du
Tribunal, dans le cadre de procès intentés contre
14 accusés.
Au cours de la période considérée, le
Tribunal a poursuivi ses efforts visant à éviter
les procédures qui traînent inutilement en longueur.
Au stade préparatoire, la plupart des requêtes sont
tranchées sur la base des écritures, ce qui permet
de gagner du temps et de réaliser des économies
sur les frais liés à la disponibilité des
conseils de la défense et à leur déplacement
pour prendre part aux audiences. Au cours des procès, de
nombreuses requêtes sont tranchées oralement, procédure
qui permet de gagner du temps sur la rédaction des décisions
écrites et de réduire les besoins en traduction
dès lors que de telles décisions sont traduites
simultanément en salle d'audience. Un important pas en
avant a été la réalisation de l'interprétation
simultanée entre le kinyarwanda et l'anglais et le français
dans les trois Chambres, ce qui représente une économie
de temps d'environ 25% sur l'interprétation consécutive.
Par ailleurs, plusieurs modifications majeures ont été
apportées au Règlement de procédure et
de preuve afin de faciliter les procédures tandis que
le 14 août 2002, le Conseil de sécurité a
adopté, sur proposition du Tribunal, la résolution
1431 portant création d'un groupe de juges ad litem
appelés à siéger au Tribunal. L'objectif
de cette réforme est d'accroître la capacité
judiciaire du Tribunal, l'arrivée de ces juges devant permettre
à une Chambre de première instance de se scinder
en deux, chaque formation comprenant des juges permanents et des
juges ad litem.
Le Procureur a continué de mettre en uvre sa stratégie tant pour enquêter sur les nouvelles affaires que pour préparer et conduire les procès ainsi que les appels. Ainsi, suite à l'élection des juges ad litem, le Bureau
du Procureur a entrepris des réformes internes afin d'accroître
sa capacité à conduire jusqu'à six procès
différents par jour. Le Procureur a 26 enquêtes
en cours: les 26 nouveaux actes d'accusation qui en découleront
et que le Procureur entend présenter pour confirmation
d'ici à la fin 2004, mettront fin à son programme
d'enquêtes.
Par ailleurs, des changements structurels et un redéploiement
de personnel ont été opérés au sein
du Greffe au cours de la période considérée.
Ces réformes tendent à renforcer la capacité
du Greffe et à fournir une assistance judiciaire et administrative
aux Chambres, au Bureau du Procureur et à la défense.
Il convient de noter l'initiative du Greffier visant à
faire adopter par l'Union africaine une résolution demandant,
entre autres, le renforcement de l'appui accordé au
processus de réconciliation au Rwanda et la création
d'un fonds spécial pour les victimes des génocides
au Rwanda. Il a également procédé à
une réorientation du programme relatif à la parité
des sexes et à l'assistance aux victimes afin de le rendre
conforme au mandat du Tribunal et aux statuts et règlements
des Nations unies.
Source : Nations unies, New York, 9 octobre 2003.
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