La bibliothèque des droits de l'homme








>
Les livres


__Le Droit d'être un homme, une anthologie mondiale de la liberté


Les mille et quelques fragments réunis dans Le Droit d'être un homme – préparé sous la direction de Jeanne Hersch – sont de tous les temps : du IIIe millénaire avant J.-C. jusqu'en 1948, date de l'adoption, par l'Assemblée générale des Nations unies, de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ils sont de tous les continents et proviennent des cultures les plus diverses. Ils appartiennent à tous les genres, du fragment de tragédie à l'épigramme, du texte législatif au proverbe, de l'analyse politique à l'invocation religieuse, de l'inscription funéraire au conte et à la chanson.

C'est pour célébrer le vingtième anniversaire de la Déclaration, en 1968, que l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a publié ce recueil illustrant l'universalité, dans le temps et dans l'espace, de l'affirmation et de la revendication du droit d'être un homme.

Le lecteur perçoit l'extraordinaire similitude, la fraternité qui se révèlent entre ces textes et qui s'affirment jusque dans les contrastes les plus marqués. Il voit aussi s'ouvrir, en quelque sorte de lui-même, un large éventail de thèmes qui ont inspiré la Déclaration universelle : personne humaine, pouvoir, limites du pouvoir, science, culture, servitude et violence, le droit contre la force, identité nationale et indépendance, universalité, fondements et finalité des droits.

Les cris et gémissements qu'on percevra dans ces pages

Le Droit d'être un Homme, une anthologie mondiale de la libertéAinsi que le remarque, dans la préface, René Maheu (alors directeur de l'Unesco), ce recueil n'est ni un ouvrage scientifique, ni un traité de morale, encore moins le "reflet véridique de l'histoire".

"Les gémissements ou les cris qu'on percevra dans ces pages n'émanent jamais des victimes les plus misérables. Celles-ci ont été, tout au long des âges, muettes. Là où les droits sont totalement foulés aux pieds règnent le silence et l'immobilité, qui ne laissent aucune trace dans l'histoire ; car l'histoire n'enregistre que les paroles et les gestes de ceux qui sont capables, si peu que ce soit, de s'approprier leur vie, ou du moins de le tenter. Il fut toujours – il est encore – des multitudes d'hommes et de femmes, d'enfants à qui on est parvenu, par la misère, la terreur ou le mensonge, à faire oublier leur dignité native, ou qui ont renoncé à l'effort de faire reconnaître cette dignité par autrui. Ceux-là se taisent. Les victimes qui se plaignent et qu'on entend jouissent déjà d'un sort meilleur."

Le Droit d'être un Homme. Recueil de texte préparé sous la direction de Jeanne Hersch. Iconographie réunie par Nicolas Bouvier. Unesco et Robert Laffont, Paris, 1968. Réédition J.C. Lattès / Unesco, Paris, 1984 et 1990.Haut page