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Sous la direction de Frédérique Longuet-Marx
"La Tchétchénie entre dans sa huitième année de guerre. Une guerre loin des regards des médias, des témoignages d'observateurs occidentaux, des organisations humanitaires. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dernière présence occidentale sur place, pourtant bien inoffensive, n'a pas vu son contrat renouvelé en décembre 2002. C'est une guerre qui ne dit pas son nom. Il n'y aurait pas de guerre en Tchétchénie, il n'y aurait qu'une lutte contre le terrorisme international. Mais depuis quand un peuple tout entier peut-il être décrété terroriste ? Aujourd'hui sous nos yeux, au pays légendaire de l'Arche de Noé, un peuple à la culture millénaire est en train d'être décimé. Faudra-t-il reconstituer l'arche mythique en embarquant les derniers Tchétchènes pour les sauver du déluge des exactions de la soldatesque et des mercenaires russes ? L'objectif de cet ouvrage est d'apporter les regards croisés
de chercheurs éloignés géographiquement et
culturellement, mais dont les analyses sont proches ou se recoupent.
Le lecteur fera le lien entre une approche philosophique, historique,
anthropologique et socio-politique". F.L.M. Tchétchénie. La guerre jusqu'au dernier
?, sous la direction de Frédérique Longuet Marx.
Editions Fayard, Mille et une nuit, 228 p., Paris, 2003. Prix
: 10 euros. LU DANS LA PRESSETchétchénie, un conflit post-colonial. [ouvrage], assemblage de témoignages de Tchétchènes en exil et d'analyses [est] proposées par des universitaires français, russes ou tchétchènes [ ]. Si la dénonciation des responsabilités russes dans le déclenchement du conflit est clairement énoncée (on lira en particulier la minutieuse chronologie de la période 1990-2000), la guerre actuelle est curieusement absente. Deux éclairages historiques permettent de mieux comprendre l'évolution de cette société, même si l'on peut regretter que certains auteurs renouent avec des théories essentialistes bien complaisantes. Le premier intérêt tient à l'analyse de l'implantation de l'islam en Tchétchénie, par l'intermédiaire des confréries soufies, un des traits spécifiques qui expliquent la résistance historique de ce peuple à la colonisation russe, puis des conditions dans lesquelles un islamisme plus radical, d'origine proche-orientale, s'est introduit récemment à la faveur de la désagrégation de la société traditionnelle et du désarroi des jeunes Tchétchènes plongés dans une crise extrême. L'autre apport concerne les relations complexes entre Russes et Tchétchènes depuis près de trois siècles. Il est indéniable que la prise en compte de ce temps long est cruciale dans la dynamique de ce conflit post-colonial. Jean Radvanyi, directeur de l'Observatoire des Etats post-soviétiques, Inalco, Le Monde diplomatique, août 2003. La Tchétchénie et les Tchétchènes
sont donnés à voir de façon pertinente et
inédite dans cet ouvrage rédigé par un collectif
de chercheurs. Ainsi l'article de Mikhaïl Roschin montre-t-il
sous un jour nouveau le sentiment religieux et l'historique du
soufisme local. Selon lui le soufisme est aujourd'hui le meilleur
rempart contre l'islamisme radical, mais encore faudrait-il que
le conflit cesse. "Reste à comprendre l'acharnement
de la Russie contre les Tchétchènes", questionne
Olivier Roy. "Instrumentalisé dans le cadre
des luttes de pouvoir à l'intérieur de l'Etat",
le conflit tchétchène est, selon le chercheur, "un
aveu de faiblesse, un substitut à un retour de la Russie
comme grande puissance et une feuille de vigne masquant un déclin
continuel de la Russie". Marie Jégo, Le Monde,
31 octobre 2003. |