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__Le rapport 2001 de la campagne internationale contre les mines Des résultats positifs malgré l'utilisation continue de ces armes
Le Rapport 2001 de l'Observatoire des mines : vers un monde sans mines couvre la période de mai 2000 à mi-2001 et contient des informations relatives à chaque pays du monde. "Bien qu'il semble que les mines antipersonnel ne soient
plus utilisées aujourd'hui à grande échelle
dans aucun des conflits en cours, nous sommes encore profondément
inquiétés par leur utilisation continue dans certains
pays et nous condamnons toute utilisation de cette arme quel qu'en
soit l'utilisateur," a affirmé Jody Williams. "Nous
désapprouvons notamment la volonté manifeste de
certains signataires du Traité, voire d'Etats Parties,
de continuer à utiliser des mines." De nouveaux cas d'utilisation des mines constatés dans 23 conflits par près de 15 gouvernements et au moins 30 groupes rebellesL'Observatoire des mines a reçu des témoignages indiquant une forte probabilité de l'utilisation de mines antipersonnel par l'Ouganda, Etat Partie à la Convention d'interdiction des mines, en République démocratique du Congo (RDC) en juin 2000. L'Ouganda a démenti ces allégations. L'Angola, Etat signataire, a reconnu avoir continué d'utiliser des mines antipersonnel et l'Observatoire des Mines soupçonne deux autres pays signataires, l'Ethiopie et le Soudan, d'avoir utilisé des mines au cours de la période couverte par le rapport. Des allégations sérieuses, mais restant à confirmer, font état de l'utilisation de mines par le Burundi, signataire du Traité, et par le Rwanda en RDC en juin 2000. Le Rwanda était alors seulement signataire (il est désormais Etat Partie). Ces quatre gouvernements démentent tous avoir utilisé des mines. Selon le Rapport 2001, de nouveaux cas d'utilisation de mines antipersonnel auraient été constatés dans 23 conflits par près de 15 gouvernements et au moins 30 groupes rebelles ou acteurs non étatiques. Les mines ont principalement été utilisées dans les conflits en cours, mais de nouveaux cas d'utilisation ont été signalés, notamment aux frontières par l'Ouzbékistan, le Kirghizistan et, en particulier, par la Russie sur le territoire du Tadjikistan, un Etat Partie au Traité; enfin, de nouveaux cas d'utilisation par les rebelles ont également été constatés en Macédoine. Selon le rapport, l'utilisation la plus régulière de mines antipersonnel concerne la Russie (Tchétchénie), le Sri Lanka et la Birmanie, à la fois par le gouvernement et les forces rebelles. Entre 15 à 20.000 victimes en 2000Suite à une nouvelle enquête approfondie, l'Observatoire
des Mines estime entre 15.000 et 20.000 le nombre de victimes
de mines et d'engins non explosés (UXO) en 2000, ce qui
constitue une diminution encourageante par rapport au chiffre
communément cité de 26 000 nouvelles victimes par
an. Cela ne représente certes pas une diminution spectaculaire
par rapport à l'année précédente,
mais plutôt une baisse progressive au cours des dernières
années imputable au succès des programmes de déminage
et de sensibilisation aux dangers des mines, à la diminution
de l'utilisation des mines ainsi qu'à d'autres facteurs.
"Les résultats du rapport faisant état de la diminution du nombre de nouvelles victimes de mines sont très encourageants, mais le fait qu'il y ait encore tant d'accidents par mines reste préoccupant, près de quatre ans après l'ouverture à la signature du Traité d'Ottawa," a déclaré Stan Brabant de Handicap International Belgique. "Nous ne devons pas perdre de vue notre engagement auprès des centaines de milliers de victimes de mines à travers le monde, de leurs familles et de leurs communautés : nous devons faire en sorte qu'ils reçoivent une assistance appropriée," a-t-il ajouté. 90 pays affectés par la prolifération des mines antipersonnel90 pays sont affectés par la prolifération des mines antipersonnel et des UXO; de nouvelles mines ont été posées en Macédoine et en Ouzbékistan en 2002, ce qui ajoute ces pays à la liste des pays affectés. En 2000 et début 2001, les mines et les UXO ont fait de nouvelles victimes dans 73 pays. Selon le rapport, les gouvernements ont consacré jusqu'à présent plus d'un milliard de dollars à des programmes d'action contre les mines, dont 224 millions pour la seule année 2000. Cela représente une augmentation d'environ 19 millions par rapport à 1999. En 2000, huit des plus importants programmes de déminage humanitaire ont déminé un total de plus de 185 millions de mètres carrés de terres. La Bulgarie a achevé le déminage de son territoire et est maintenant une zone sans mines. Les premières enquêtes nationales sur l'impact des mines antipersonnel ont été réalisées au Yémen, en Thaïlande, au Tchad et au Mozambique. 52 pays restent encore en marge du traité d'interdiction119 pays au total ont ratifié ou adhéré à la Convention d'interdiction des mines, le dernier en date étant l'Erythrée, le 27 août 2001; 19 pays supplémentaires se sont ajoutés à la liste l'année dernière. 22 autres pays ont signé la Convention, mais ne l'ont pas encore ratifiée. Plusieurs Etats non signataires, dont le Chili, la Grèce, la Turquie et la Yougoslavie, ont fait part de leur intention de ratifier le Traité ou d'y adhérer dans un futur proche. "Le nombre total d'Etats Parties et de signataires est
très encourageant, mais n'oublions pas que 52 pays restent
encore en marge du Traité," a déclaré
Elizabeth Bernstein, coordinatrice de l'ICBL. "Nous
nous engageons à poursuivre nos efforts en faveur de l'universalisation
de la Convention, mais nous avons besoin de l'aide de tous pour
atteindre cet objectif." Source: ICBL. Internet: www.icbl.org |