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La Conférence

La Déclaration d’Oslo [En anglais]
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HANDICAP INTERNATIONAL

> Communiqué
> La pétition

ARMES A SOUS-MUNITIONS | FEVRIER 2007, LA CONFERENCE D’OSLO
__46 Etats signent une déclaration interdisant les bombes à sous-munitions d'ici à 2008

46 pays, participant, les 22 et 23 février 2007, à la Conférence d’Oslo [Norvège] sur les bombes à sous-munitions (BASM), ont signé une déclaration commune interdisant les bombes à sous-munitions "d'ici 2008". Trois autres pays présents à Oslo, le Japon, la Pologne et la Roumanie, ont refusé de signer l'accord conclu en marge de la conférence de Genève sur certaines armes classiques (CCW) et en l'absence de pays clés comme Israël et les Etats-Unis. La France et le Royaume-Uni – qui sont producteurs d’armes – se sont ralliés à la déclaration.

"Le temps est venu d'admettre que nous avons besoin d'un nouvel instrument international pour interdire les bombes à sous-munitions, qui ont des conséquences humanitaires inacceptables", a déclaré le ministre norvégien des affaires étrangères Jonas Gahr Stoere, qui avait pris l’initiative de cette conférence internationale.

Les pays signataires s'engagent à conclure d'ici à 2008 un traité international - légalement contraignant - prévoyant "l'interdiction de l'utilisation, de la production, du transfert et du stockage des bombes à sous-munitions, qui causent des souffrances inacceptables aux civils". Trois réunions "de suivi" sont prévues en mai 2007, à Lima [Pérou], en novembre 2007, à Vienne [Autriche], et au début de 2008, à Dublin [Irlande]. Ces réunions permettront de savoir jusqu’où les Etats sont prêts à aller dans leur renoncement à ce type d’armes. A l’heure actuelle, la Belgique est le seul pays au monde à avoir interdit les bombes à sous munitions.

 Une menace pour les populations civiles 

Les détracteurs des bombes à sous-munitions dénoncent un niveau de danger et de souffrance inacceptable pour les populations civiles. Une bombe de ce type peut contenir jusqu'à six cent cinquante petites bombes qui se dispersent après largage. Celles-ci peuvent exploser au moment de l'impact ou des années après avoir été lâchées. Dans un récent rapport, l’organisation humanitaire Handicap International avance que 98% des victimes sont des civils.

Les organisations de défense des droits de l’homme dénonçent leur usage, considèrant que ces bombes sont une menace inacceptable pour les populations civiles qui en sont le plus souvent les victimes. "Il y a un double effet. Au moment de l'attaque, les petites bombes se dispersent sur un large périmètre et ne peuvent pas être guidées. Puis un grand nombre n'explose pas au moment de l'impact et peuvent tuer des années plus tard", explique Steve Goose, coprésident de la Coalition contre les sous-munitions. "Pendant les guerres en Irak et au Kosovo, les bombes à sous-munitions ont tué plus de civils que n'importe quelle autre arme".

Parmi les pays en faveur d'une interdiction figurent la Norvège, la Suède, l'Allemagne, le Mozambique et l'Angola, alors que les Etats-Unis, Israël, la Chine, l'Inde et la Russie y sont opposés. Les Etats-Unis estiment "que ces armes ont leur place dans les stocks d'armement à la condition que la technologie soit adéquate et que les règles d'utilisation soient codifiées".

Plusieurs agences des Nations unies, ainsi que la Coalition contre les sous-munitions, une organisation qui chapeaute les organisations non gouvernementales (Ong) militant pour l'interdiction, étaient également présentes à Oslo.

La déclaration d’Oslo constitue "une avancée capitale par rapport à la situation qui prévalait jusqu'à aujourd'hui, où les BASM étaient considérées comme une arme légitime avec de simples dommages collatéraux", a commenté Jean-Baptiste Richardier, directeur général de Handicap International.

02.2007Haut de page