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155 Etats - soit plus des trois-quarts des Etats de la planète - ont ratifié [au 1er novembre 2008] ce traité sur les mines antipersonnel. Les Etats parties qui détiennent encore de mines - une vingtaine - disposent de quatre ans pour détruire tous leurs stocks.
Quatre pays ont dernièrement rejoint la Convention l'Indonésie, l'Irak, le Koweït et le Monténégro. Tous les Etats de l'Afrique sub-saharienne - excepté la Somalie - ont accepté de rejoindre la Convention d'Ottawa.
Trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Russie et Chine), ainsi que l'Inde et le Pakistan, restent toujours en dehors du traité d'Ottawa. La Chine dispose notamment des stocks les plus importants au monde (110 millions de mines).
Les mines antipersonnel tuent une personne toutes les 22 minutes dans le monde. Les Etats parties qui détiennent encore de mines - une vingtaine - disposent de quatre ans pour détruire tous leurs stocks. L'Afghanistan, qui a ratifié la Convention le 1er mars 2003, est encore "l'un des pays où se trouve encore le plus grand nombre de mines dans le monde". Tous les mois, 100 Afghans sont tués ou blessés par des mines. L'Afrique est le continent le plus "miné".
De 1999 à 2003, plus de quatre millions de mines antipersonnel, dont la spécificité est d'exploser lorsque l'on pose le pied dessus, ont été détruites, selon le rapport 2004 de l'Observatoire des mines. Le nombre de victimes a aussi diminué sensiblement : de 26'000 par an dans les années 1990 à entre 15'000 et 20'000 personnes en 2004.
Selon l'organisation Handicap International, 86 % des personnes tuées par des mines sont des civils, dont au moins 25% sont des enfants qui ont "joué" avec des mines.
Le premier "sommet pour un monde sans mines"
- sept ans après l'adoption de la Convention et cinq ans
après son entrée en vigueur -, du 29 novembre
au 3 décembre 2004, à Nairobi, au Kenya, a été
l'occasion pour les Etats parties de renouveler leurs engagements,
de mesurer les progrès accomplis et les efforts qu'il reste
à fournir depuis l'entrée en vigueur de la Convention,
le 1er mars 1999.![]()
Un plan d'action a été adopté à
l'issue du Sommet, cité en exemple de "multilatéralisme
réussi", et à l'issue duquel son président,
l'Autrichien Wolfgang Petrisch, a appelé à
l'adhésion universelle à la Convention qui régit
l'interdiction de ces engins meurtriers.
"Le véritable travail commence à présent.
Nous devons mettre en oeuvre ce plan d'action en 70 points",
a-t-il déclaré. Wolfgang Petrisch estime que la
tâche la plus ardue ces cinq prochaines années sera
de respecter le calendrier prévu pour nettoyer, dans les
dix ans, les zones minées, requérant pour cela des
efforts intensifs des pays affectés par les mines comme
de ceux qui peuvent leur prêter assistance.
Il a aussi appelé de ses vux l'adhésion universelle à la Convention sur les mines antipersonnel, qui représente, selon lui, "un exemple exceptionnel de multilatéralisme réussi".
La convention d'Otawa ne concerne que les Etats. Les
gouvernements non reconnus diplomatiquement, ainsi que les mouvements
rebelles, ne peuvent s'y associer
L'action de l'Appel de Genève pour les inclure dans ce processus d'élimination des mines antipersonnel, qui avait naguère suscité les réticences des Etats qui y voyaient une sorte de reconnaissance officielle de ces mouvements, recueille aujourd'hui l'approbation de ces Etats.
A l'initiative de l'Appel de Genève, une rencontre réunissant les représentants de 26 forces armées non étatiques - représentants principalement des résistants en lutte contre un gouvernement central, des indépendantistes combattants et des gouvernements en exil - ont signé, début novembre 2004, à Genève, un acte d'engagement qui reprend les buts principaux du Traité d'Ottawa.
"Pouvoir ainsi rassembler des dirigeants qui ne sont pas tous reconnus diplomatiquement, dont certains combattent encore, c'est exceptionnel. Et je ne vois pas d'autres pays que la Suisse et Genève pour offrir un tel terrain de débats, de discussion et de projets d'action", souligne Elisabeth Reusse-Decrey, présidente de l'Appel de Genève. Les gouvernements suisses et genevois, ainsi que l'Union européenne avaient apporté leur soutien à cette rencontre.
"L'un des participants, le commandant Edward Lino - Armée
et Mouvement de libération du peuple soudanais (au Sud-Soudan
qui a combattu les forces gouvernementales de Khartoum) - admet
que son armée en avait posé jusqu'en 1997 mais plus
depuis. "Nous voulons libérer une patrie et non pas
régner sur un sol miné où la population ne
pourrait pas se rendre aux champs, à l'école, au
travail", ajoute le commandant Lino. Même si la pose
de telles mines était aussi le fait des troupes de Khartoum.
D'ailleurs, aujourd'hui, le gouvernement central et le mouvement
de libération sud-soudanais collaborent dans un programme
de déminage dans les montagnes des Noubas".
"Dans le Kurdistan irakien, la situation est aussi préoccupante comme nous le signale Abdelaziz Mirza, ministre des relations extérieures et de la coopération du gouvernement régional kurde de Sulaimanya. "Saddam Hussein a fait installer sept millions de mines au Kurdistan irakien. Au rythme actuel des déminages, nous aurons fini dans un demi-siècle ! Il faut donc que la communauté internationale nous vienne massivement en aide". La Tribune de Genève, 3 novembre 2004.
LES MINES "NECESSAIRES", SELON LES
ETATS-UNIS. Les Etats-Unis ont promis de continuer à
coopérer au déminage de zones touchées par
les mines antipersonnel, mais n'ont toujours pas l'intention d'adhérer
à la Convention d'Ottawa. Le ministère américain
de la défense, le Pentagone, juge en effet "nécessaire"
de disposer de mines anti-personnel "pour protéger
des militaires américains, des militaires de forces alliées
ou des civils".
Le président américain, George W. Bush, a
cependant indiqué, en novembre 2004, que les forces armées
américaines n'utiliseraient plus à partir de 2010
de mines anti-personnel et anti-véhicule qui ne se désactivent
pas au bout d'un certain temps.