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21 MAI AU 7 JUIN 2002, GENEVE, 30e SESSION

__Mary Robinson : Les récentes décisions de la réunion des Nations unies sur les enfants sont insuffisantes


LogoLe Comité des droits de l'enfant, réuni du 21 mai au 7 juin 2002 à Genève, a entendu, le 3 juin, une déclaration de Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, qui a notamment affirmé que, du point de vue des droits de l'homme, la Déclaration et le Plan d'action adoptés lors de la récente Session spéciale de l'Assemblée générale sur les enfants, début mai 2002 à New York, ne répondent pas à toutes les attentes et ne sont pas liés assez étroitement aux dispositions de la Convention.

LA DÉCLARATION DE MARY ROBINSON

Mary Robinson a déclaré qu'elle avait certaines préoccupations en ce qui concerne les décisions prises lors de la session spéciale de l'Assemblée générale sur les enfants, début mai à New York. Du point de vue des droits de l'homme, il est clair que la Déclaration et le Plan d'action issus de cette session spéciale ne répondent pas à toutes les attentes. Comme vous le savez, les liens spécifiques établis entre le Plan d'action et la Convention ainsi que d'autres instruments internationaux sont restés faibles, a-t-elle rappelé.

Il est donc crucial, remarque-t-elle, que la communauté des droits de l'enfant continue de mettre l'accent sur les engagements des Etats parties en vertu de la Convention. Elle a néanmoins souligné que la participation des enfants et des jeunes a constitué un aspect plus positif de cette session spéciale de l'Assemblée générale.

La haut commissaire a rappelé que cette session spéciale a été suivie de la première session de l'Instance permanente sur les questions autochtones. Elle a fait observé que la Convention relative aux droits de l'enfant est le seul instrument des droits de l'homme juridiquement contraignant qui reconnaisse explicitement les droits des enfants autochtones, dans son article 30..

Mary Robinson se dit préoccupée face à une division croissante Nord/Sud et face au risque de voir se développer une tendance cherchant à affaiblir le rôle de protection qu'exerce la Commission des droits de l'homme - dont la dernière session s'est tenue en mars-avril 2002, à Genève. Il n'en demeure pas moins que dans sa résolution consacrée aux droits de l'enfant, la Commission a suggéré à Kofi Annan de nommer un expert indépendant qui serait chargé d'entreprendre une étude sur la violence contre les enfants

Elle a rappelé que la Commission a adopté un projet de protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture en vertu duquel pourraient être autorisées des visites in situ dans tous les types de centres de détention. Un tel mécanisme pourrait contribuer grandement à la protection des détenus, y compris des jeunes détenus, a-t-elle souligné avant d'exprimer l'espoir que l'Assemblée générale adoptera maintenant ce protocole.

Elle a également mis l'accent sur une autre résolution importante adoptée par la Commission, à savoir celle par laquelle est approuvée la nomination d'un nouveau rapporteur spécial sur le droit de chacun à jouir du meilleur niveau possible de santé physique et mentale. Se disant consciente du fait que le Comité des droits de l'enfant cherche actuellement à rédiger des commentaires généraux sur le VIH/sida et sur la santé des adolescents, Mary Robinson a encouragé le Comité des droits de l'enfant à chercher à voir comment ses travaux dans ces domaines pourraient aider le rapporteur spécial et, réciproquement, comment le nouveau rapporteur spécial pourrait être impliqué dans l'élaboration de commentaires généraux.

Mary Robinson a enfin fait observer que, tant dans les pays développés que dans les pays en développement, il existe une tendance croissante à la privatisation de l'éducation, de la santé et d'autres services. Or il convient de mieux comprendre cette tendance dans la mesure où l'on ne dispose encore que d'une connaissance partielle de l'impact de la privatisation de ces services sur la jouissance des droits de l'homme, a-t-elle souligné.

Source: Nations unies, Genève, 3 juin 2002.Up