| 21 MAI AU 7 JUIN 2002, GENEVE, 30e SESSION
__Les observations du Comité sur le rapport présenté par la Suisse
Le Comité se dit préoccupé par les allégations de mauvais traitements perpétrés par des fonctionnaires à l'encontre d'enfants étrangers
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Le Comité des droits de l'enfant, qui a tenu
du 21 mai au 7 juin 2002, à Genève, sa 30e
session, a présenté le 7 juin ses "observations
et recommnadtions " sur le rapport initial présenté
par la Suisse.
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Dans ses "observations et recommandations",
le Comité des droits de l'enfant s'est félicité
de l'adoption en 1999 de la nouvelle Constitution de la Suisse
qui contient des dispositions sur les droits de l'enfant. Il s'est
dit néanmoins préoccupé notamment par les
allégations concernant des cas de mauvais traitements
perpétrés par des fonctionnaires responsables
de l'application des lois à l'encontre d'enfants étrangers.
Il est également recommandé à la Suisse de
revoir son régime de réunification familiale. 
Le Comité exprime en outre sa préoccupation devant
les coûts de l'assurance sociale et de la santé,
qui risquent de toucher en particulier les familles à faible
revenu. Le Comité reste préoccupé par le
fait que l'âge de la responsabilité pénale
soit fixé à 7 ans seulement.
LES OBSERVATIONS FINALES DU COMITÉ
Le Comité se félicite :
de l'adoption par la Suisse de la nouvelle Constitution
de 1999 dans laquelle figurent des dispositions sur les droits
de l'enfant ainsi que des amendements apportés au Code
pénal introduisant l'illégalité de la possession
de matériels pornographiques;
que la Convention relative aux droits de l'enfant puisse
être invoquée directement devant les tribunaux
et que le tribunal fédéral se soit référé
à plusieurs occasions aux dispositions et principes de
cet instrument.
Le Comité exhorte néanmoins la Suisse d'achever
d'ici la présentation de son prochain rapport le retrait
de toutes les réserves qu'elle maintient à l'égard
de la Convention. Il lui est recommandé de mettre en
place un mécanisme national permanent adéquat
chargé de coordonner la mise en uvre de la Convention au
niveau fédéral, entre les niveaux fédéral
et cantonal et entre les cantons.
Le Comité est préoccupé :
par la discrimination contre les enfants étrangers
ainsi que par les incidents de haine raciale et de xénophobie
qui peuvent avoir un effet négatif sur le développement
des enfants. Le Comité recommande à la Suisse de
s'assurer du respect du droit de l'enfant de connaître l'identité
de ses parents;
par les allégations concernant des cas de mauvais
traitements perpétrés par des fonctionnaires
responsables de l'application des lois à l'encontre d'enfants
étrangers et recommande la mise en place de mécanismes
chargés de recevoir des plaintes à cet égard;
par le fait que, selon la jurisprudence du tribunal
fédéral, les châtiments corporels ne soient
considérés comme une violence physique que s'ils
n'excèdent pas le niveau généralement accepté
par la société. Il est aussi préoccupant
que les châtiments corporels au sein de la famille ne soient
pas interdits par la loi;
par le fait que les enfants adoptés à l'étranger
doivent attendre deux ans avant d'être officiellement adoptés,
ce qui peut entraîner en leur défaveur des problèmes
de discrimination et d'apatridie. En outre, du fait que le suivi
soit inadéquat, des cas de mauvais traitements d'enfants
par leurs parents adoptifs ont été rapportés,
s'inquiète le Comité;
par le nombre élevé de suicides chez
les adolescents et par l'insuffisance des mesures prises pour
prévenir ce phénomène;
par l'usage et la vente croissants de drogues
illégales parmi les adolescents;
par le niveau élevé des coûts de l'assurance
sociale et de la santé, ce qui risque d'affecter les
familles à faible revenu, ainsi que face au taux de pauvreté,
qui affecte 5,6% de la population;
par l'âge très bas de la responsabilité
pénale (7 ans) et recommande donc à la Suisse
d'accroître cet âge à un niveau supérieur
à dix ans.
Le Comité des droits de l'enfant recommande
à la Suisse :
de prendre des mesures supplémentaires pour réformer
sa législation et son système de justice conformément
à la Convention, en particulier en assurant la séparation
des enfants des adultes lors de la détention, y compris
avant jugement, et en systématisant la mise à disposition
d'une assistance juridique à tous les enfants placés
en détention avant jugement;
de revoir son régime de réunification familiale,
en particulier pour les réfugiés qui séjournent
pendant une longue période dans le pays;
de prendre des mesures afin de mettre en place davantage de services de prise en charge des enfants afin de répondre
aux besoins des parents qui travaillent.
Source : Nations unies, Genève, 7 juin 2002.
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