La Commission des droits de l'homme


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57e session
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Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo

__La ”guerre d’agression” déclenchée par l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, est ”un véritable calvaire et cauchemar pour le peuple congolais”


J. KabilaIntervenant le 30 mars 2001 devant la Commission des droits de l'homme des Nations unies, le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a dénoncé "la guerre d'agression et l'occupation illégale de parties du territoire congolais par les troupes rwandaises, ougandaises et burundaises" et réclamé le départ de ces troupes afin que prenne fin le "véritable calvaire" de son peuple. Il leur a implicitement imputé la responsabilité des violations des droits de l'homme dans son pays.

"Cette guerre d'agression est à l'origine d'un véritable calvaire, un cauchemar pour le peuple congolais. Ils ne peuvent prendre fin qu'avec le retrait complet et définitif de ces troupes", a-t-il expliqué, ajoutant : "On ne compte plus les massacres de citoyens pacifiques au Congo. Il y a eu de nombreux actes attestés de barbarie et de sauvagerie tels que les assassinats ou les meurtres de civils et de prisonniers [...] les viols, les contaminations délibérées au VIH, les pillages des ressources naturelles et la destruction des infrastructures et de l'éco-système".

Rappelant que le changement intervenu dans son pays en 1997 avait pour but de libérer les Congolais "de la dictature et de leur rendre leur dignité", le fils de l'ancien président assassiné Laurent-Désiré Kabila, âgé de 29 ans, a précisé que la situation rencontrée à l'issue de la guerre de libération a contraint le gouvernement de Salut public à instaurer un régime d'exception transitoire.

Revenir à la paix

Joseph Kabila a souhaité que l'application des plans de désengagement soit immédiatement suivie du déploiement des Casques bleus des Nations unies. Il a réaffirmé sa volonté de renforcer l'état de droit, de consolider la démocratie et de garantir les droits de l'homme et évoqué l'organisation, en mai 2001, d'une Conférence nationale sur les droits de l'homme qui a pour but notamment d'interpeller la communauté internationale sur les violations massives des droits humains dans les zones occupées.

Le président congolais a rappelé que, selon plusieurs sources, environ 2,5 millions de Congolais ont péri et que la "catastrophe humanitaire insupportable" qui ravage son pays est la conséquence de cette "guerre d'agression" qui dure depuis deux ans et demi : 2,1 millions de personnes déplacées, près de 400.000 Congolais réfugiés dans les pays voisins, 16 millions de personnes victimes des conséquences directes de la guerre avec l'enrôlement forcé des enfants

Il a ajouté que les massacres de civils ont atteint une telle gravité que certaines voix autorisées n'ont pas hésité à les qualifier de génocide. Les autorités congolaises contrôlent aujourd'hui environ 40% du territoire du pays.

"Au début de ce troisième millénaire, mon premier voeu est de permettre au peuple congolais de revenir à la paix, pour qu'il puisse s'atteler à la noble tâche de reconstruire le pays", a conclu Joseph Kabila.

Source : Nations unies, Genève, 30 mars 2001.Up