RAPPORT / La situation des droits de l'homme au Myanmar __Plusieurs signes indiquent une évolution du régime susceptible de mener à une ouverture politique réelle"Mon rôle, a-t-il expliqué, est de saisir toute opportunité de contribuer à l'amélioration de la promotion et de la protection des droits de l'homme dans le pays". Il a indiqué qu'il travaillerait avec le gouvernement du Myanmar, avec l'opposition, avec les membres de la société civile émergente, avec les institutions des Nations unies et avec la communauté internationale. Paulo Sérgio Pinheiro, qui a été nommé en novembre 2000, s'est rendu du 3 au 5 avril 2001 au Myanmar. Cette première visite, une visite exploratoire, lui a permis d'établir des réseaux de communication et d'instaurer la confiance avec le gouvernement. "Je suis heureux de rapporter que ce mandat, intentionnellement limité, a été pleinement accompli", a-t-il déclaré. Il a notamment indiqué avoir rencontré, entre autres, de nombreux ministres du pays ainsi que la chef de la Ligue nationale pour la démocratie, Daw Aung San Suu Kyi. Il a expliqué que ses missions au Japon, en Malaisie et en Thaïlande étaient inspirées par la nécessité de mieux comprendre les points de vue de ces pays s'agissant de la situation des droits de l'homme et de la situation humanitaire au Myanmar. Il a déclaré avoir mené sa mission alors que les récentes nouvelles rapportées par l'ambassadeur Razali Ismail, Représentant spécial du secrétaire général pour le Myanmar, indiquaient que s'était engagé un processus de dialogue entre le gouvernement du Myanmar et Daw Aung San Suu Kyi. La reprise du dialogue avec l'OITLe Rapporteur a pris note des informations reçues de sources fiables selon lesquelles, dans certaines zones où les autorités ont accepté une observation indépendante - notamment dans les prisons - il y aurait eu une certaine amélioration. Il a également constaté que le gouvernement du Myanmar avait libéré un certain nombre de membres de l'opposition et installé, en avril 2000, une Commission nationale des droits de l'homme. Paulo Sérgio Pinheiro s'est par ailleurs dit encouragé par la reprise du dialogue entre l'Organisation internationale du travail(OIT) et le gouvernement du Myanmar concernant la question du travail forcé. "Je pense - en dépit du fait que je n'ai pas été en mesure de mener à bien une mission complète d'établissement des faits depuis ma nomination en tant que Rapporteur spécial - que plusieurs signes indiquent une évolution susceptible de mener à une ouverture politique", a-t-il relevé. Il s'est dit convaincu que pour pouvoir espérer des réformes de gouvernance au Myanmar, il convient de combiner stratégies à long terme et mesures immédiates. Ces mesures pourraient concerner la liberté d'expression et d'assemblée; la libération rapide des prisonniers politiques; la libéralisation de l'espace médiatique; le renforcement de la société civile et le droit de participer à la vie publique. De telles initiatives pourraient contribuer, a-t-il estimé, au processus d'instauration d'un climat de confiance dans le pays. "Je suis convaincu qu'il convient absolument d'éviter d'isoler davantage le Myanmar", a-t-il conclu. Si la communauté internationale veut contribuer à la promotion des droits de l'homme, il est nécessaire de trouver les moyens d'améliorer l'intégration du Myanmar dans la communauté internationale. |