RAPPORT / La situation des droits de l'homme au Burundi __Les souffrances de la population ne cessent d'augmenter en raison des exactions des militaires et des groupes armés
Marie-Thérèse Keita Bocoum a présenté son troisième rapport sur le Burundi, rapport couvre la période du 1er août 2000 au 31 janvier 2001. Celui-ci est consacré, dans sa première partie, à la situation politique, économique et sociale, l'accent étant particulièrement mis sur l'évolution du processus de paix depuis la signature, le 28 août 2000, de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi. La deuxième partie du rapport expose la situation particulière des droits de l'homme, à savoir les violations liées au conflit armé - notamment les atteintes au droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne, à la liberté de mouvement et de choisir librement sa résidence -, les exécutions sommaires et la situation des personnes déplacées. La Rapporteuse relève en outre les atteintes à la liberté d'opinion et d'expression ainsi qu'à la liberté de confession et de religion. Elle traite aussi du respect des droits de la minorité twa, des droits des personnes privées de liberté et des droits de la femme et des enfants. Elle analyse enfin la situation des droits économiques, sociaux et culturels. La troisième partie du rapport est consacrée à l'évolution de la justice et du renforcement de l'état de droit. Marie-Thérèse Keita Bocoum observe que sans un cessez-le-feu, les droits de l'homme continueront d'être violés par les parties en conflit; que la protection et la promotion des droits de l'homme pendant la période de transition s'avèrent essentielles; qu'il existe un décalage entre les attentes de la population pour une paix durable et celles de la classe politique en prise avec des luttes de pouvoir; que les souffrances de la population, notamment des groupes vulnérables, ne cessent d'augmenter en raison des exactions des militaires et des groupes armés; que l'engagement de la communauté internationale lors de la Conférence de Paris a suscité de nombreux espoirs; que le rapport de la commission d'enquête internationale sur les événements de 1993 demeure une préoccupation pour certains acteurs de la vie politique; enfin que des structures nationales chargées des droits de l'homme sont mises en place. Arriver à une cessation des hostilitésLa Rapporteuse adresse de nouvelles recommandations aux parties en conflit, aux autorités burundaises et à la communauté internationale. Elle lance un appel aux belligérants pour qu'ils respectent les droits fondamentaux des populations civiles, en particulier des femmes et des enfants, et que tous les groupes armés se mettent à la table des négociations afin d'arriver à une cessation des hostilités. Elle demande aux autorités de dénoncer toutes les violations, y compris celles qui sont commises par les militaires, et de faciliter l'accès des organisations humanitaires aux populations sinistrées. Elle dénonce les détentions illégales, en particulier celles dont les militaires sont responsables. Dans le domaine économique et social, Marie-Thérèse Keita Bocoum souhaite qu'un soutien soit apporté aux projets en faveur de la création d'emplois et du développement des soins de santé traditionnels. Elle recommande à la communauté internationale d'apporter son soutien au processus de paix d'Arusha et l'encourage à concrétiser les engagements pris à Paris. Elle lui demande de mettre en place un politique efficace de lutte contre la prolifération d'armes dans la région des Grands Lacs. Il est en outre souhaitable que les bailleurs de fonds apportent leur soutien aux politiques visant la promotion des droits de l'homme, le renforcement de l'état de droit et le développement social et économique du Burundi. |