Conférence mondiale contre le racisme, Colombie, Proche-Orient... __Le rapport annuel de Mary Robinson, la haut commissaire aux droits de l'homme
Mary Robinson a souligné, en ouverture, que la Commission des droits de l'homme est en position d'exercer une véritable autorité en tant que principal organe des Nations unies en charge des droits de l'homme. Elle pourrait ainsi identifier les mesures que les Etats devraient être amenés à prendre afin de participer de manière substantielle à la Conférence mondiale contre le racisme de Durban, en s'appuyant en particulier sur le travail accomplit par le Comité pour la lutte contre la discrimination raciale. Son rapport - qui évoque les thèmes suivants: la responsabilité incombant aux États en matière d'élimination de la discrimination raciale, les tendances actuelles du racisme, le sexisme et le racisme, la jeunesse et le racisme - détaille les mesures qui devraient être prises, notamment la ratification de la part des 25 Etats qui n'ont pas encore ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Pour pouvoir faire efficacement face aux nouvelles tendances du racisme, trois mouvements doivent être analysés, à savoir le mouvement des personnes, de l'information et des capitaux. Pour ce qui concerne le mouvement des personnes, c'est-à-dire les migrants, il est nécessaire que les Etats ratifient la Convention pour la protection des droits des migrants, qui n'est pas encore entrée en vigueur. En ce qui concerne le mouvement de l'information, Mary Robinson a souligné le problème posé par l'utilisation de l'Internet pour diffuser des messages racistes. Mary Robinson a tenu à préciser que la lutte contre le racisme est une lutte de toutes les nations parce qu'il n'y a point de région, pays ou communauté qui peut se considérer à l'abri de ce problème. Ainsi, les Etats devraient faire preuve du sérieux et garantir l'égalité des chances des individus en rendant illégale la discrimination. Elle a rappelé qu'il faut apprendre à apprécier nos différences pour pouvoir commencer à bannir le racisme et la discrimination raciale du monde contemporain, car ils ne sont pas innés. Le rapport de la haut commissaire rend compte également des missions qu'elle a effectuées en République démocratique du Congo, en Chine, au Venezuela et au Mexique. Les déplacements de Mary Robinson en Colombie et au Proche-OrientLa Commission est également saisie d'un rapport sur la mission que la haut commissaire a effectué en Colombie les 3 et 4 décembre 2000. Les principaux objectifs de la mission étaient d'évaluer sur place la situation des droits de l'homme et d'examiner avec le gouvernement colombien des stratégies pour leur promotion et protection. Au cours de sa visite, Mary Robinson a évoqué l'existence de groupes du paramilitaires, des personnes déplacées à l'intérieur du pays et de la protection des défendeurs des droits de l'homme et des chefs syndicaux. Elle a également mis l'accent sur l'obligation pour les groupes de guérilleros de respecter les droits de l'homme et le droit international humanitaire et a soulevé des questions ayant trait à la sécurité du personnel des Nations unies. La Commission est enfin saisie du rapport de la haut commissaire sur son déplacement dans les territoires palestiniens occupés, en Israël, en Egypte et en Jordanie, du 8 au 16 novembre 2000. Mary Robinson se montre dans le rapport très préoccupée par la grave détérioration de la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés et en Israël et par l'hécatombe qui s'ensuit. La haut commissaire juge indispensable que les deux parties redoublent d'efforts pour mettre un terme à la dangereuse montée des tensions. Mary Robinson rappelle que l'Assemblée générale des Nations unies et la Commission des droits de l'homme ont, à plusieurs reprises, réaffirmé l'applicabilité de jure de la 4e Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre (1949) aux territoires palestiniens occupés. L'article premier de la Convention impose à toutes les parties contractantes l'obligation de respecter et de faire respecter les dispositions de cet instrument "en toutes circonstances". Il serait bon, indique le rapport, que les parties contractantes s'acquittent de leurs responsabilités découlant de la Convention. Le rapport souligne en outre qu'il convient d'arrêter la construction de nouvelles colonies et de démanteler celles qui sont établies dans des zones palestiniennes densément peuplées. Les forces de sécurité israéliennes devraient non seulement protéger les colons, mais encore mettre les Palestiniens à l'abri d'actes de violence perpétrés par des colons israéliens. Tous les cas de recours à la force meurtrière des deux côtés devraient faire l'objet d'une enquête et d'une action en justice pour empêcher l'impunité. Il convient enfin, estime Mary Robinson, de garantir l'exercice des droits économiques, y compris du droit au développement, à l'intérieur des territoires palestiniens occupés. |