RAPPORT / Les enlèvements denfants et Ouganda du Nord __Un tiers des 26.365 cas d'enlèvements se rapportent à des enfants de moins de 18 ansDans ses "recommandations", Mary Robinson demande que l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army - LRA) cesse d'enlever les enfants et rencontre les médiateurs ainsi que les représentants de la communauté principale de la région concernée qui essaient de parvenir à une résolution pacifique au conflit dans le Nord de l'Ouganda. Elle souhaite que les efforts nationaux et internationaux portant de façon prioritaire sur la réintégration des enfants. Le rapport de Mary RobinsonLa Mission s'est rendue en Ouganda, au Soudan et à Nairobi (Kenya) et a travaillé avec l'UNICEF et le Bureau du Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés. Le rapport sur cette mission est en préparation et sera publié en tant que document officiel de la Commission. Un système de base de données sur les enfants enlevés, mis en place par l'UNICEF et actualisé par l'UNICEF et le gouvernement ougandais, estime qu'environ un tiers des 26.365 cas d'enlèvements se rapportent à des enfants de moins de 18 ans (8.788 cas). Environ 20% des enfants enlevés sont de sexe féminin. Cette année encore, des centaines d'enfants, garçons et filles, seront enlevés par l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army - LRA). Nombreux d'entre seront tués. Il est actuellement estimé que les Forces de la LRA se montent entre 200 à 300 personnes à l'intérieur de l'Ouganda et 800 personnes au Sud-Soudan. La majorité des personnes faisant partie de la LRA sont des enfants ou étaient des enfants au moment de leur enlèvement. La Mission a entendu que les enfants enlevés par la LRA sont forcés d'attaquer leurs propres villages et de tuer tout enfant qui essaie de s'échapper. De nombreux enfants ont dit avoir été battus à mort pour avoir essayé de s'échapper. Ceux d'entre eux que la Mission a pu rencontrer étaient blessés. Parmi les 6.000 enfants disparus, on suppose que la plupart d'entre eux sont déjà morts. Malgré le système de terreur qui règne dans les camps et les punitions mortelles, certains enfants réussissent à s'échapper. Un total de 123 personnes, parmi lesquelles se trouvaient des enfants et des adultes, qui se sont échappés dans le Sud-Soudan en 2000-2001 ont été intégrés dans un programme de rapatriement en Ouganda. Dix-neuf d'entre eux sont des enfants en bas âge et des bébés qui sont nés dans les camps et se sont échappés avec leurs mères. La plupart des adolescents et des adultes restant ont passé de 2 à 4 années dans les camps avant de pouvoir s'échapper. Les efforts des gouvernements soudanais et ougandaisLes Etats Membres, les organisations internationales, les organisations humanitaires et les parties concernées ont fait d'importants efforts pour améliorer la situation des enfants enlevés et pour aider les victimes. Des accords bilatéraux ont pu être conclus entre le gouvernement du Soudan et le gouvernement de l'Ouganda en vue de favoriser le retour des enfants enlevés dans leurs foyers. La Mission a pu constater que des progrès substantiels ont pu être faits en ce qui concerne la mise en oeuvre des deux accords de Nairobi. Néanmoins, il est nécessaire de prendre des mesures d'urgence pour qu'ils puissent être pleinement mis en oeuvre, notamment la mise sur pied de l'Equipe d'observation telle qu'elle avait été prévue afin de surveiller le recrutement et les activités militaires en Ouganda. En Ouganda, des progrès ont été accomplis en ce qui concerne les mesures prises pour empêcher que d'autres enlèvements se produisent. La Loi d'amnistie de l'Ouganda, adoptée le 21 janvier 2001, et la création de la Commission en vertu de cette loi, représente une initiative importante pour faciliter le retour des enfants enlevés. Une Unité de protection de l'enfant a été établie au siège de la IVe armée ougandaise. L'Unité se charge des enfants enlevés qui ont pu être récupérés à la suite d'opérations militaires. Dans ses "recommandations", Mary Robinson demande que la LRA cesse d'enlever les enfants et rencontre les médiateurs ainsi que les représentants de la communauté Acholi (le groupe dominant de la région concernée) qui essaient de parvenir à une résolution pacifique au conflit dans le Nord de l'Ouganda. Elle souhaite que les efforts nationaux et internationaux se concentrent de façon prioritaire sur la réintégration des enfants, et sur un appui au Soudan pour faciliter l'accès au centre de Juba des enfants qui se sont échappés. Les déclarations des délégations concernéesM. ARTHUR GAKWANDI (Ouganda) relève le caractère très équilibré de ce rapport qui ne manque pas de souligner qu'une résistance armée est apparue dans cette région du pays. De même que de nombreuses organisations terroristes, ce groupe armé - la Lord's Resistance Army - prétend avoir des objectifs politiques et a recours à l'enlèvement comme principale méthode de recrutement pour son armée. De nombreuses fillettes enlevées par ce groupe finissent comme femmes des commandants de cette armée. Le gouvernement ougandais est déterminé à utiliser tous les éléments dont il dispose pour mettre un terme à cette rébellion. Parmi les options stratégiques avancées par le gouvernement, figure l'amnistie pour tous les rebelles qui décident de se rendre. Comme cela a été prôné à Winnipeg puis à Nairobien, en 2000, les gouvernements soudanais et ougandais devraient s'efforcer d'oeuvrer au démantèlement de la Lord's Resistance Army. Le représentant ougandais a par ailleurs rejeté les allégations très graves qui ont été faites par le Représentant spécial sur l'impact des conflits armés sur les enfants concernant la prétendue complicité du gouvernement ougandais dans les violations des droits de l'enfant dans cette partie de l'Ouganda. Depuis qu'il a pris ses fonctions, le Représentant spécial ne s'est jamais rendu en Ouganda, a-t-il fait observer. M. OMER M. A. SIDDIG (Soudan) a affirmé que son gouvernement condamne le phénomène de l'enlèvement des enfants et déploie d'importants efforts pour lutter contre le phénomène. Il a souligné qu'il existe des accords bilatéraux entre le Soudan et l'Ouganda pour régler ce problème. Le représentant a fait remarquer que les armées rebelles du Soudan commettent les mêmes crimes que la LRA en territoire ougandais. Ils brûlent des écoles et enlèvent de nombreux enfants d'écoles tant primaires que secondaires. Les frontières entre les deux pays n'étant pas sûres, le Soudan est prêt à coopérer avec le Comité de contrôle de la région qui va être formé avec des forces armées de l'Égypte et de la Libye. Le Soudan est disposé à coopérer au niveau régional. |