La Commission des droits de l'homme


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57e session

RAPPORT / La situation des droits de l'homme au Rwanda

__Près de 100.000 personnes encore détenues dans des prisons et des cachots


LogoMichel Moussalli, Rapporteur spécial sur "la situation des droits de l'homme au Rwanda", s'est félicité des énormes changements qui sont actuellement en cours au Rwanda et, en particulier, de la conclusion d'un accord de coopération technique entre la Commission nationale des droits de l'homme rwandaise et le Haut commissariat aux droits de l'homme. Il a souligné la nécessité absolue d'établir un climat de confiance et de sécurité qui permette aux citoyens rwandais de pouvoir vivre sans cette peur sous-jacente qui continue de les hanter.

Michel Moussalli a évoqué la conclusion d'un accord de coopération technique entre la Commission nationale des droits de l'homme et le Haut commissariat aux droits de l'homme qu'il a jugé comme un développement très positif. Toutefois, il a déploré que la Commission nationale n'ait pas réussi à être perçue comme une institution indépendante par la population rwandaise. Il s'est dit persuadé néanmoins que le Rwanda est parvenu à mettre en place une institution nationale des droits de l'homme qui démontrera pleinement son efficacité et son indépendance.

Evoquant la situation dans les prisons et dans les cachots, le Représentant spécial a noté que le nombre de détenus a diminué mais qu'il se situe encore près de 110.000, ce qui est un nombre exorbitant. C'est pourquoi il a estimé que l'initiative du gouvernement de recourir à une approche traditionnelle de la justice, la "gacaca", permettra de démontrer aux rescapés du génocide que les coupables seront punis et les innocents libérés. Se félicitant en outre de la libération des enfants de moins de 14 ans, il a toutefois dénoncé la situation proprement inhumaine qui règne dans les cachots. Michel Moussalli a par ailleurs évoqué la situation des femmes et des enfants, qui reste une préoccupation majeure. Il a souligné la nécessité absolue d'établir un climat de confiance et de sécurité qui permette aux citoyens rwandais de vivre sans cette peur sous-jacente qui continue de les hanter et qui est toujours prête à resurgir violemment en cas de crise.

Faire en sorte que la paix et la sécurité finissent par s'imposer dans l'ensemble de la région des Grands Lacs

Dans son rapport, Michel Moussalli a fait état des énormes changements qui sont actuellement en cours au Rwanda dans plusieurs grands domaines: décentralisation et transition vers la démocratie; plans concernant l'élaboration d'une nouvelle constitution; refonte de l'organisation judiciaire avec l'introduction des juridictions gacaca; promotion d'une culture des droits de l'homme, de l'unité et de la réconciliation. Vu la date encore récente du conflit et la persistance des divisions, il estime que ce sont là autant de mesures extrêmement courageuses.

Il a souligné que le gouvernement est engagé dans un exercice de funambule et aura besoin du soutien constant de la communauté des donateurs et de la société civile pour être à même de continuer à progresser dans la bonne direction. Dans cette optique, le Représentant spécial prie instamment toutes les autorités et organisations concernées en Afrique et dans le système des Nations unies à recourir à tous les moyens possibles pour faire en sorte que la paix et la sécurité finissent par s'imposer dans l'ensemble de la région des Grands Lacs et à assurer à toutes les populations civiles de la région une entière protection et la satisfaction des leurs besoins économiques élémentaires.

Source : Nations unies, Genève, 29 mars 2001.Up