La Commission des droits de l'homme


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57e session

RAPPORT / La situation au Timor-Oriental

__Un processus fort et dynamique s'est engagé dans le pays, qui vise à le préparer à la première élection démocratique


LogoLa Commission des droits de l'homme a entendu, le 5 avril 2001, une déclaration de Sérgio Vieira de Mello, Représentant spécial du secrétaire général au Timor-Oriental et chef de l'Administration transitoire des Nations unies au Timor-Oriental (ATNUTO), qui a notamment souligné que la situation des quelque 60 à 100.000 réfugiés reste l'un des principaux problèmes auxquels est confronté le Timor-Oriental. Il a notamment fait part de l'initiative prise en vue de la mise sur pied d'une commission pour l'accueil, la vérité et de réconciliation.

Sérgio Vieira de Mello a déclaré que d'énormes progrès ont été réalisés depuis octobre 1999: l'Administration transitoire des Nations unies au Timor-Oriental a mis en place un système juridique, composé de juges timorais et d'experts internationaux, qui traite en même temps d'affaires criminelles en cours et des violations des droits de l'homme commises dans la passé. Jusqu'à présent, cette instance provisoire a émis vingt sentences, la majorité d'entre elles concernant des meurtres commis pendant le conflit. Deux sentences concernant des crimes contre l'humanité.

Malheureusement, a-t-il précisé, les responsables de la campagne de violence sont en dehors de la juridiction du Timor-Oriental, et il est très important que Jakarta et Dili coopèrent pour amener ceux-ci devant la justice.

60 à 100.000 réfugiés timorais sont toujours au Timor-Occidental

Un des plus importants problèmes concernant les droits de l'homme est de résoudre la situation des 60 à 100.000 réfugiés timorais qui sont toujours au Timor-Occidental. L'ATNUTO, a entrepris un certain nombre d'initiatives pour faciliter leur retour. Depuis le début de la mission, 180.000 d'entre eux ont pu le faire.

Sérgio Vieira de Mello a fait part à la Commission de la proposition avancée par l'ATNUTO en coopération avec des représentants de la société civile, concernant une commission pour l'accueil, la vérité et la réconciliation. Si la proposition était approuvée, elle demanderait la recherche de fonds pour son établissement. Au moment où une nouvelle économie est en train de se mettre en place, le respect des droits économiques et sociaux connaît des difficultés à différents égards. Il faut regretter la grave pénurie de personnel, notamment d'enseignants des écoles supérieures et de médecins.

Pour ce qui concerne le futur, Sérgio Vieira de Mello a assuré qu'un processus fort et dynamique s'est engagé dans le pays, qui vise à le préparer à la première élection démocratique. En effet, il s'agira d'élire la première assemblée constituante qui aura la tâche de rédiger la première constitution du pays. De plus, un programme d'éducation aux droits de l'homme a été mis en oeuvre dans le cadre d'une collaboration entre l'unité des droits de l'homme de l'ATNUTO et le Haut commissariat.

L'administrateur transitoire a enfin souligné que le Timor-Oriental a la chance de pouvoir compter sur une population qui, généralement, dans sa résistance à l'occupation et dans sa dignité face à la plus extrême des violences, a démontré à plusieurs reprises que tout ce qu'il souhaitait était de vivre en paix et de contrôler sa propre destinée.

Source : Nations unies, Genève, 5 avril 2001.Up