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LA CLÔTURE DE LA 58e SESSION DE LA COMMISSION __Mary Robinson demande le respect des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme
Elle a aussi exprimé ses préoccupations - "qui sont celles du mouvement de défense des droits de l'homme" - face à une nouvelle tendance qui s'est manifestée au cours de cette session et qui a pour but d'affaiblir " le rôle de protection" de la Commission. "Certains pays ont indiqué leur préférence pour des stratégies qui excluent l'action si le consensus n'est pas obtenu sur certaines questions", a-t-elle indiqué au cours d'une conférence de presse. Elle a déploré la tendance de certains pays à faire bloc, lors du vote des résolutions. "Si nous recherchons le consensus sur les résolutions concernant les pays, la Commission remplit-elle alors réellement son rôle ?", s'est-elle interrogé, en appelant les 53 Etats membres de la Commission à avoir une haute idée de leur mandat. Mary Robinson, qui s'adressait pour la dernière fois à la Commission, avant la fin de son mandat en septembre 2002, a lancé une mise en garde: "Nous avons entendu les voix de certains pays en développement argumentant qu'il y avait trop de critiques contre eux. C'est mon devoir en tant que haut commissaire de poser la question: n'est-ce pas justifié quand il y a des violations grossières des droits de l'homme que cette Commission cherche à protéger les victimes ?" "J'entends la détresse et la préoccupation" de certains "face à une possible politisation accrue au détriment des vrais problèmes des droits de l'homme", a ajouté Mary Robinson, qui a rappelé le rôle majeur joué dans ce domaine par des organisations non gouvernementales qui doivent "pouvoir présenter des positions alternatives" à celles des gouvernements. L'intervention de Mary RobinsonDans son allocution, Mary Robinson a relevé les contraintes d'organisation qui ont entravé cette année les travaux de la Commission des droits de l'homme, et qui posent la question d'une réflexion quant à la nécessité de réévaluer la contribution de la Commission à l'avancement des droits de l'homme. À ces problèmes matériels se sont ajoutées des difficultés de procédure et de fond résultant d'abord de la dégradation de la situation en Palestine. La Commission a reconnu qu'il fallait réagir aux graves pertes en vies humaines à la fois chez les Palestiniens et les Israéliens et a appelé à ce qu'une mission de visite établisse un rapport sur les faits. Ces mesures témoignent de la détermination de la Commission à protéger les victimes de violations des droits de l'homme dans un contexte particulièrement difficile. La deuxième ombre qui a plané sur les travaux de la Commission a été les attentats du 11 septembre 2001. A cette occasion, la Commission a fermement insisté sur la nécessité de combattre le terrorisme dans le plein respect des droits de l'homme. La Commission doit également réfléchir aux accusations répétées de politisation de ses travaux. Il convient que la Commission garde bien présent à l'esprit son rôle essentiel dans le domaine de la protection des êtres humains contre les violations de leurs droits, et la critique publique de ces violations. Elle doit aussi demeurer un forum ouvert aux victimes pour l'expression de leurs doléances, permettre aux organisations non gouvernementales de présenter une vision complémentaire à celles des Etats, et fixer des règles. La Commission doit pour cela pouvoir compter sur le travail de ses Rapporteurs spéciaux et des représentants des organisations non gouvernementales et des institutions nationales de protection des droits de l'homme. Mary Robinson a d'autre part évoqué le rôle historique des pays en développement dans l'élaboration des méthodes de travail de la Commission, notamment de son système d'examen annuel de situations. Certains de ces mêmes pays ont récemment déploré qu'ils fassent l'objet de trop de critiques. La haut commissaire a ici souligné qu'il appartenait à la Commission de protéger toues les victimes de violation des droits de l'homme, et ce en vertu de son devoir de protection. Le risque est de voir les réussites mêmes de la Commission dans ce domaine susciter une réaction qui viserait à minimiser son influence. Cette tendance est perceptible dans les votes sur certaines situations de pays, l'inaction étant favorisée quand le consensus n'est pas possible, a-t-elle déploré. Elle a également regretté une fracture Nord-Sud préoccupante constatée lors des votes sur le racisme. Malgré ces difficultés, des progrès significatifs ont été enregistrés lors de cette session. Ainsi de l'adoption d'une résolution sur les disparitions forcées, des progrès en cours dans le cadre de la résolution sur les droits des handicapés, ou encore de la résolution demandant un rapporteur spécial sur la santé. Ces progrès pourraient être parachevés par l'adhésion des membres de la Commission aux instruments auxquels ils ne sont pas encore parties ce serait là montrer l'exemple. Dès 1947, l'importance des mesures d'application des instruments des droits de l'homme par les Etats avaient été soulignées par le professeur Cassin. Dans quelle mesure la Commission a-t-elle été fidèle à ce principe et que peut-elle faire pour améliorer son application, tels doivent être les questions au centre de la réflexion de la Commission, a conclu Mary Robinson. |