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18 MARS AU 26 AVRIL 2002, 58e SESSION DE LA COMMISSION __Mary Robinson annonce qu'elle renonce à briguer un nouveau mandat
S'exprimant à l'ouverture de la 58e session de la Commission des droits de l'homme, l'ancienne président irlandaise, à la tête du Haut Commissariat aux droits de l'homme depuis 1997, a également annoncé qu'elle ne briguerait pas un nouveau mandat, en septembre 2002. "En fait, écrit Pierre Hazan, dans Le Temps [19 mars, Genève], depuis des mois, [Mary Robinson] espérait être reconduite dans ses fonctions, mais l'opposition en coulisses des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine et de certains pays du Sud lui a coûté sa réélection. Reed Brody, de Human Rights Watch, a déclaré que "Mary Robinson avait payé le prix pour avoir critiqué la politique de pays puissants". "Perçue comme trop proche des grandes organisations non gouvernementales (ONG) comme Amnesty International, Mary Robinson a reconnu que son approche devait parfois sembler "étrange" à bien des oreilles de diplomates. "Mais j'ai simplement suivi le conseil de Kofi Annan qui m'avait dit: "Restez en marge tout en travaillant à l'intérieur du système onusien." Elle avait en effet critiqué les bombardements de l'OTAN au Kosovo, puis plus récemment la poursuite des bombardements américains en Afghanistan. "Elle avait aussi eu des mots fermes pour contester le refus des Etats-Unis d'accorder le statut de prisonniers de guerre aux détenus talibans et d'Al-Qaida emprisonnés à Guantanamo. Dans le passé, la haut commissaire avait aussi dénoncé les violations des droits de l'homme commises par les forces russes dans la sale guerre en Tchétchénie." [
] La porte-parole des victimes des violations des droits de lhommeLes seuls alliés de Mary Robinson, indique pour sa part Afsané Bassir Pour, dans Le Monde [20 mars, Paris], ont été les défenseurs des droits de lhomme, avec qui elle avait de facto formé une alliance contre les gouvernements abusifs, devenus plus nombreux, selon elle, depuis le 11 septembre [2001] sous prétexte de lutte antiterroriste. "Si son départ navre les ONG, elle satisfait bon nombre de diplomates: "Sa capacité à ruer dans les brancards était sans doute une forme de courage, mais était aussi profondément improductive. A quoi toute son énergie a-t-elle servi?" s'interroge l'un d'eux. " A New York, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, a salué le bilan positif de l'action de Mary Robinson à la tête du Haut Commissariat : "Mary Robinson n'a jamais craint de se faire la porte-parole des victimes des violations des droits de l'homme, partout où elles se sont manifestées, et de prêter sa voix puissante aux cris de ces victimes, qui autrement n'auraient pas été entendus". LES DECLARATIONS DE MARY ROBINSONLa lutte anti-terroriste doit préserver les droits de l'homme Au cours de son intervention (et d'une conférence de presse tenue peu après devant la presse internationale), Mary Robinson, a passé en revue la situation de divers pays. Le terrorisme et les droits de l'homme. "La Commission [doit] réaffirmer très vigoureusement et fermement l'importance d'adhérer aux normes internationales des droits de l'homme dans le combat contre le terrorisme, particulièrement après les attentats du 11 septembre" 2002, a-t-elle déclaré, ajoutant : "J'ai le sentiment que le respect des règles internationales dans ce domaine est en danger. C'est le point le plus important que [je veux] signaler aux membres de la Commission". [ ] "Les bâtiments qui ont été détruits le 11 septembre peuvent être remplacés. Mais si les fondations du système international sont endommagées ou détruites, ce ne sera pas si facile de les restaurer". Evoquant le traitement des personnes détenues dans le cadre de la lutte anti-terroriste, elle a rappelé la nécessité de respecter les principaux textes internationaux, tels que la Convention sur les droits civils et politiques et les Conventions de Genève. Afghanistan où elle s'est rendue à la mi-mars. "La question la plus urgente à résoudre actuellement est celle de la sécurité", a-t-elle indiqué. "Quand j'ai visité Mazar-i-Charif (nord), des femmes m'ont parlé des viols auxquels elles ont été soumises ainsi que leurs filles par les milices qui contrôlent actuellement la zone". Elle s'est dit satisfaite que le président afghan Hamid Karzai ait envoyé sur place une commission d'enquête. Tchétchénie. Mary Robinson a rappelé qu'elle entretenait depuis deux ans un dialogue avec les autorités russes sur la situation des droits de l'homme en Tchétchénie et qu'elle avait reçu des informations détaillées sur les "opérations de "nettoyage" par l'armée russe, la détention de civils, accompagnée de violences, tortures, disparitions et meurtres. "Il est temps de mettre fin au cycle de la violence", a-t-elle déclaré, précisant que le faible nombre de poursuites judiciaires n'était pas en rapport avec l'étendue des allégation de violations des droits de l'homme. Proche-Orient. Mary Robinson a réitéré son appel à l'envoi d'observateurs internationaux sur le terrain où "les Palestiniens continuent d'être soumis à toutes sortes de violations de leurs droits liées à l'occupation qui se poursuit", tandis qu'Israël "continue de souffrir des meurtres délibérés de civils". Zimbabwe. Mary Robinson a évoqué la "difficile élection au Zimbabwe", entachée de violences et de non-respect des règles démocratiques. Enfin la haut commissaire s'est montrée préoccupée par la situation "profondément inquiétante" en Colombie; en outre, elle a mentionné "un certain nombre de préoccupations" sur des sujets touchant aux droits de l'homme en Chine. Sources : Nations unies, Genève et New York; presse internationale, 18 et 19 mars 2002. |