La Commission des droits de l'homme


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58e session

18 MARS AU 26 AVRIL 2002, 58e SESSION DE LA COMMISSION

__Détenus libanais en Israël : la Commission demande au gouvernement israélien de respecter les Conventions de Genève


La Commission des droits de l'homme a adopté, le 19 avril 2002, une résolution sur la situation des détenus libanais en Israël.

Par 34 voix contre 2 (Guatemala et Pérou), avec 17 abstentions, la Commission des droits de l'homme a adopté une résolution sur la situation des droits fondamentaux des détenus libanais en Israël dans laquelle elle demande au gouvernement israélien de respecter les Conventions de Genève du 12 août 1949 et les Protocoles additionnels s'y rapportant et de renoncer à garder les citoyens libanais détenus dans ses prisons en otage comme monnaie d'échange et de les libérer immédiatement.

Elle affirme qu'il est impératif qu'Israël prenne l'engagement d'autoriser le Comité international de la Croix-Rouge à rendre régulièrement visite aux détenus, ainsi que d'autoriser d'autres organisations internationales humanitaires à faire de même et à vérifier les conditions de détention sur les plans sanitaire et humanitaire et, notamment, à enquêter sur les circonstances de leur détention.

La Commission demande au gouvernement israélien de remettre à la Force intérimaire des Nations unies au Liban toutes les cartes des champs de mines terrestres, qui ont été mises en place un peu partout dans les villages peuplés de civils, les champs et les exploitations agricoles, faisant des morts parmi la population civile, y compris les femmes et les enfants, et empêchant la reprise d'une vie normale dans la région. Elle prie le Secrétaire général de porter la présente résolution à l'attention du Gouvernement israélien et de demander à celui-ci de se conformer à ses dispositions.

Ont voté pour (34) : Afrique du Sud, Algérie, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Bahreïn, Brésil, Burundi, Chili, Chine, Cuba, Equateur, Fédération de Russie, Inde, Indonésie, Jamahiriya arabe libyenne, Kenya, Malaisie, Mexique, Nigeria, Ouganda, Pakistan, République arabe syrienne, République démocratique du Congo, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Swaziland, Thaïlande, Togo, Uruguay, Venezuela, Viet Nam et Zambie.

Ont voté contre (2) : Guatemala et Pérou.

Abstentions (17): Allemagne, Autriche, Belgique, Cameroun, Canada, Costa Rica, Croatie, Espagne, France, Italie, Japon, Pologne, Portugal, République de Corée, République tchèque, Royaume-Uni et Suède.

[Le Liban, s'exprimant en tant que partie intéressée, a souligné qu'Israël détient des prisonniers libanais depuis 1978, date de l'invasion du territoire libanais par Israël. Il a rappelé que dix projets de résolutions adoptés par les Nations unies demandent à Israël de libérer tous les détenus libanais. D'autre part, un demi million de mines ont été laissées par Israël au Liban et Israël refuse de fournir les cartes sur l'emplacement de ces mines. Le Liban a insisté sur le fait qu'il est impérieux de fournir toutes les cartes des champs de mines. Le projet demande à Israël "toutes les cartes des champs de mines terrestres".

S'exprimant en qualité de partie intéressée, Israël a rappelé qu'il a retiré ses forces du Liban en mai 2000 de manière unilatérale parce qu'il ne parvenait pas à un accord avec le Gouvernement libanais. Il a estimé que les déclarations faites dans cette salle oublient les faits sur le terrain. Il a précisé qu'Israël avait remis à la FINUL des cartes avec les emplacements de toutes les mines au Liban. Si le Liban n'a pas pris ses responsabilités par rapport à ces champs de mines, cela ne peut pas être du fait d'Israël. De la même manière, il appartient au gouvernement libanais d'affirmer son autorité sur le sud du pays et de veiller à ce que le Hezbollah ne puisse agir librement contre Israël depuis le territoire libanais, ce qui oblige Israël à se défendre. S'agissant des détenus, il a expliqué que c'est au Liban qu'il y avait des détenus et a regretté que les textes et les débats de cette Commission se distinguent par leurs omissions flagrantes.]

Source: Nations unies, 19 avril 2002.Up