La Commission des droits de l'homme


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58e session

18 MARS AU 26 AVRIL 2002, 58e SESSION DE LA COMMISSION

__La Commission des droits de l'homme adopte une résolution sur la diffamation des religions


La Commission des droits de l'homme a adopté, le 15 avril 2002, par 30 voix contre 15, avec 8 abstentions, une résolution dans laquelle elle se déclare profondément préoccupée par le fait que l'islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l'homme et au terrorisme et note avec inquiétude que la campagne de diffamation contre les religions s'intensifie depuis les événements tragiques du 11 septembre

La Commission déplore vivement les agressions et les attaques matérielles dont des commerces et entreprises, des centres culturels et des lieux de culte de toutes les religions, et particulièrement musulmans, sont la cible dans de nombreuses régions du monde. La Commission prie le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et l'intolérance qui y est associée d'étudier la situation des populations musulmanes et arabes dans diverses régions du monde en accordant une attention particulière aux agressions et attaques matérielles dont leurs lieux de culte, leurs centres culturels, leurs commerces et entreprises et leurs biens sont la cible à la suite des événements du 11 septembre 2001.

LA RÉSOLUTION

Aux termes de la résolution portant sur la lutte contre la diffamation des religions, adoptée telle qu'amendée par 30 voix pour, 15 contre et avec 8 abstentions (Arménie, Burundi, Chili, Costa Rica, Inde, Pérou, République de Corée, Swaziland), la Commission des droits de l'homme, qui note avec inquiétude que la campagne de diffamation contre les religions s'intensifie depuis les événements du 11 septembre 2001, se déclare préoccupée :

par les images stéréotypées négative des religions,

par le fait que l'islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l'homme et au terrorisme.Up

par toute forme d'utilisation de la presse écrite, des médias audiovisuels ou électroniques ou de tout autre moyen dans le but d'inciter à des actes de violence, à la xénophobie ou à l'intolérance et à la discrimination à l'égard de l'islam et de toute autre religion,

par les programmes des organisations et des groupes extrémistes qui s'emploient à diffamer les religions, en particulier quand ils ont l'appui des gouvernements.

La Commission engage tous les Etats à prendre, dans le cadre de leur système juridique interne et en conformité avec les instruments internationaux de défense des droits de l'homme, toutes les mesures appropriées pour combattre la haine, la discrimination, l'intolérance et les actes de violence, d'intimidation et de coercition motivés par l'intolérance religieuse, y compris les attentats contre les lieux de culte. Elle déplore vivement les agressions et les attaques matérielles dont des commerces et entreprises, des centres culturels et des lieux de culte de toutes les religions, et particulièrement musulmans, sont la cible dans de nombreuses régions du monde.

La Commission réaffirme enfin la nécessité d'accroître la connaissance des civilisations et des cultures grâce à la communication et à la coopération en vue de la promotion des valeurs universelles communes. Elle demande à la communauté internationale d'engager un dialogue mondial en vue de promouvoir une culture de la tolérance fondée sur le respect de tous les droits fondamentaux et le respect de la diversité religieuse.

Ont voté pour (30) : Afrique du Sud, Algérie, Arabie saoudite, Argentine, Bahreïn, Brésil, Cameroun, Chine, Cuba, Equateur, Fédération de Russie, Indonésie, Jamahiriya arabe libyenne, Kenya, Malaisie, Mexique, Nigeria, Ouganda, Pakistan, République arabe syrienne, République démocratique du Congo, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Thaïlande, Togo, Uruguay, Venezuela, Viet Nam et Zambie.

Ont voté contre (15) : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Croatie, Espagne, France, Guatemala, Italie, Japon, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Suède.

Abstentions (8): Arménie, Burundi, Chili, Costa Rica, Inde, Pérou, République de Corée, Swaziland.

[Explications de vote. L'Espagne, au nom de l'Union européenne, a déclaré que le projet de résolution n'a pas de raison d'être, car il accorde la préférence à une religion. En effet, l'orientation choisie s'éloigne du principe de tolérance envers toutes les religions, car elle tend à protéger une religion donnée par rapport aux autres religions. Depuis trois ans, son pays, au nom de l'Union européenne, est à la recherche d'une résolution concernant la tolérance universelle des religions, mais l'Organisation de la Conférence islamique insiste pour faire admettre le projet de résolution soumis au vote aujourd'hui. C'est pourquoi les pays de l'Union européenne voteront contre ce projet de résolution.]Up

Source : Nations unies, Genève, 15 avril 2002.