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18 MARS AU 26 AVRIL 2002, 58e SESSION DE LA COMMISSION __La situation des droits de l'homme en Afghanistan
Kamal Hossain a souligné que des événements dramatiques se sont déroulés depuis la présentation de son sixième rapport périodique devant l'Assemblée générale des Nations unies le 8 novembre 2001. Après le retrait des troupes soviétiques d'Afghanistan en 1989, la communauté internationale a en fait permis que ce pays devienne un terrain de conflit entre factions rivales soutenues de l'extérieur. Les événements du 11 septembre 2001 ont alors mis en branle un enchaînement d'événements qui ont créé une opportunité de changement pour le pays, qui s'est traduite par le cadre de Bonn pour la transition. Le Rapporteur spécial a souligné que la communauté internationale ne doit pas, cette fois-ci, faillir à ses responsabilités. Elle ne peut une fois de plus laisser tomber les Afghans. Le Rapporteur spécial a rappelé que de graves préoccupations avaient été exprimées par les organisations internationales des droits de l'homme face aux décès enregistrés au fort de Qala-i-Jangi où étaient détenus des prisonniers taliban, et face aux circonstances qui avaient entouré le soulèvement de ces prisonniers et les opérations qui ont suivi, entraînant la mort de centaines d'entre eux. Le 21 décembre 2001, face à ces préoccupations, Kamal Hossain a demandé que des enquêtes soient menées par les autorités concernées, rappelant qu'il avait souligné l'importance de considérer l'action internationale contre le terrorisme comme une campagne visant à faire prévaloir la primauté du droit international. Il a également rappelé qu'il avait également insisté sur la nécessité pour les forces engagées dans cette campagne de respecter le droit humanitaire international. Des crimes "ethniquement motivés"Kamal Hossain a rappelé que la direction de l'Administration intérimaire afghane a réitéré son engagement en faveur des droits de l'homme et en faveur du désarmement du pays. A cet égard, le soutien de la communauté internationale reste essentiel si l'on veut que ces objectifs soient atteints, a-t-il souligné. Il a regretté que les annonces de contributions faites en janvier 2002 lors de la Conférence de Tokyo sur la reconstruction de l'Afghanistan souffrent d'un certain nombre de lacunes, comme en témoigne les besoins urgents de ressources qui se font sentir en ce qui concerne le recrutement et la mise sur pied d'une force de police nationale qui devrait jouer un rôle clef pour assurer la sécurité des personnes en Afghanistan. En l'absence d'une capacité d'application de la loi à l'échelle nationale, des rapports en provenance de différentes régions d'Afghanistan font état de crimes violents dont certains seraient "ethniquement motivés", voire dirigés contre les femmes. La principale priorité, dans le cadre du programme de restauration des droits de l'homme, devrait être de remplacer le règne du pistolet par la primauté du droit, a déclaré le Rapporteur spécial. Il a précisé que c'est aux Afghans eux-mêmes qu'il appartiendra de discuter, dans le cadre de l'Accord de Bonn, pour décider de la politique nationale à suivre s'agissant de l'importante question de l'obligation redditionnelle des responsables des massacres et autres violations massives des droits de l'homme commises par le passé. |