La Commission des droits de l'homme


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58e session

18 MARS AU 26 AVRIL 2002, 58e SESSION DE LA COMMISSION

__La situation des droits de l'homme au Burundi


La Commission des droits de l'homme a entendu, le 3 avril 2002, Marie-Thérèse Kéita-Bocoum, Rapporteuse spéciale sur "la situation des droits de l'homme au Burundi". Celle-ci a rappelé que la situation économique du pays était toujours désastreuse et que les combats entre rebelles et forces gouvernementales se poursuivaient, malgré quelques avancées constatées depuis le début du processus d'Arusha en 2001.

LE RAPPORT SUR LA SITUATION DES DROITS DE L'HOMME AU BURUNDI

Présentant son rapport, Marie-Thérèse Kéita-Bocoum a souligné que la situation sur le terrain n'a que peu évolué : la situation économique est toujours désastreuse, les combats entre rebelles et gouvernement se sont poursuivis, malgré quelques avancées constatées depuis le processus d'Arusha en 2001. La situation des réfugiés a certes connu quelques changements. Toutefois, aussi longtemps que se poursuivront les combats à l'arme lourde, avec de nombreuses exactions contre les civils, il est exclu de voir des retours massifs. Pour que la situation se débloque, estime la Rapporteuse spéciale, il est impératif que les belligérants acceptent de négocier. Il faudra également que les soutiens financiers de la communauté internationale constatés soient maintenus. Au niveau interne, la Rapporteuse spéciale a demandé au Gouvernement burundais d'améliorer les programmes de formation et de sensibilisation à la bonne gouvernance, et de coopérer avec les organisations non gouvernementales locales.

Mettre un terme effectif à l'incorporation d'enfants dans les forces armées

Marie-Thérèse Kéita-Bocoum demande aux groupes armés actuellement en conflit de dépasser les égoïsmes individuels pour ne prendre en considération que la sauvegarde de l'intérêt du peuple burundais en négociant un arrêt immédiat du conflit. Elle les invite expressément à ne plus enrôler des enfants dans leurs forces armées.

Par ailleurs, la Rapporteuse spéciale félicite le gouvernement burundais de l'installation des institutions de transition, de la nomination de femmes en son sein et des mesures de lutte contre le VIH/sida. Cependant, elle demande aussi, notamment, que le gouvernement prenne des mesures vigoureuses pour mettre fin à la pratique de la torture, qu'il confie la mission du maintien de la sécurité publique à des forces dûment constituées et juridiquement responsables, qu'il mette un terme effectif à l'incorporation d'enfants dans ses forces armées et qu'il garantisse la réinsertion matérielle, éducative et psychosociale de ceux qu'il aura démobilisés. A ce dernier égard, la Rapporteuse spéciale en appelle à la communauté internationale pour qu'elle assiste le gouvernement burundais dans ses efforts.

Source : Nations unies, Genève, 3 avril 2002.Up