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15 MARS - 25 AVRIL 2003, 59e SESSION DE LA COMMISSION
__ II. ADOPTION DE RESOLUTIONS, DECISIONS ET DECLARATIONS
DROITS CIVILS ET POLITIQUES
Au titre des droits civils et politiques, la Commission
des droits de l'homme a adopté 13 résolutions et
une décision.
Par une résolution portant sur la question des
prises d'otages (E/CN.4/2003/L.55), adoptée sans vote,
la Commission condamne toute prise d'otages, en quelque
lieu qu'elle se produise dans le monde, et exige que tous les
otages soient immédiatement libérés sans
condition préalable et exprime sa solidarité avec
les victimes des prises d'otages. Elle demande aux Etats de prendre
toutes les mesures nécessaires, conformément aux
dispositions pertinentes du droit international et aux normes
internationales relatives aux droits de l'homme, pour prévenir,
combattre et réprimer les prises d'otages, y compris en
renforçant la coopération internationale dans ce
domaine. Elle demande instamment à tous les rapporteurs
spéciaux et groupes de travail thématiques de continuer
à aborder, le cas échéant, la question des
conséquences de la prise d'otages dans leurs prochains
rapports à la Commission.
Aux termes d'une résolution portant sur l'incompatibilité
entre la démocratie et le racisme (E/CN.4/2003/L.56),
adoptée sans vote, la Commission réaffirme
que le fait de cautionner, par des politiques gouvernementales,
le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et
l'intolérance qui y est associée constitue une violation
des droits de l'homme risquant de compromettre les relations amicales
entre les peuples, la coopération entre les nations, la
paix et la sécurité internationales et la coexistence
harmonieuse des personnes vivant côte à côte
au sein d'un même Etat. Elle demande instamment aux Etats
de se montrer plus fermes dans leur engagement en faveur de la
promotion de la tolérance et des droits de l'homme, ainsi
que de la lutte contre le racisme, la discrimination raciale,
la xénophobie et l'intolérance qui y est associée,
en tant que moyen de consolider la démocratie et l'Etat
de droit et d'encourager une gestion transparente et responsable
des affaires publiques.
Par une résolution sur le droit à la
liberté d'opinion et d'expression (E/CN.4/2003/L.59
amendé), adoptée sans vote, la Commission
se déclare toujours préoccupée par les assassinats
et les attaques dirigés particulièrement contre
des journalistes dans des situations de conflit armé, ainsi
que par d'autres menaces et actes de violence, y compris des actes
terroristes, dirigés contre les professionnels des médias.
Elle demande instamment à tous les Etats de ne pas saisir
le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour limiter
le droit à la liberté d'expression de manières
qui contreviennent à leurs obligations au regard du droit
international. La Commission invite le Rapporteur spécial
à s'efforcer de participer au Sommet mondial de la société
de l'information afin de fournir des informations et des avis
autorisés sur des questions liées au droit à
la liberté d'opinion et d'expression.
Par une résolution sur l'indépendance
et impartialité du pouvoir judiciaire, des jurés
et des assesseurs et indépendance des avocats (E/CN.4/2003/L.48
amendé), adoptée sans vote, la Commission décide de proroger pour une nouvelle période de trois ans le mandat du Rapporteur spécial sur cette question. Elle encourage les gouvernements qui éprouvent des difficultés à garantir l'indépendance des magistrats et des avocats, ou qui sont résolus à agir pour mieux assurer la mise en uvre de ces principes, à consulter le Rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats et à envisager de faire appel à ses services, par exemple en l'invitant à se rendre dans leur pays s'ils le jugent nécessaire.
Par une décision sur la discrimination dans
le système de justice pénale (projet de décision
3 de la Sous-Commission), adoptée sans vote, la Commission
approuve la décision de la Sous-Commission de nommer
Mme Leïla Zerrougui rapporteuse spéciale chargée
d'entreprendre une étude détaillée sur la
discrimination dans le système de justice pénale
en vue de déterminer les moyens les plus efficaces pour
assurer l'égalité de traitement dans le système
de justice pénale à toutes les personnes sans discrimination
et notamment aux personnes vulnérables.
Par une résolution adoptée sans vote,
la Commission décide de proroger de trois ans le
mandat du Groupe de travail sur la question de la détention
arbitraire (E/CN.4/2003/L.40), et encourage les gouvernements concernés à mettre en uvre les recommandations du Groupe de travail concernant les personnes mentionnées dans son rapport, qui sont détenues depuis plusieurs années. Elle encourage tous les gouvernements à inviter le Groupe de travail à se rendre dans leur pays, afin de lui permettre de remplir son mandat avec encore plus d'efficacité. Elle prie les gouvernements concernés d'accorder l'attention voulue aux "appels urgents" qui leur sont adressés par le Groupe de travail sur une base strictement humanitaire et sans préjuger de ses éventuelles conclusions finales. 
Aux termes d'une résolution sur la torture
et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
(E/CN.4/2003/L.42 amendé), adoptée sans vote, la
Commission demande à tous les gouvernements d'appliquer
pleinement l'interdiction de la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants. Elle demande à
tous les gouvernements de prendre des mesures effectives appropriées
d'ordre législatif, administratif, judiciaire ou autre
pour prévenir et interdire la production, le commerce,
l'exportation et l'utilisation de matériel spécialement
conçu pour infliger des actes de torture. Elle demande
à tous les gouvernements d'envisager sérieusement
d'accéder aux demandes que fait le Rapporteur spécial
sur la torture pour se rendre dans leur pays.
Par une résolution sur les droits de
l'homme et la médecine légale (E/CN.4/2003/L.43),
adoptée sans vote, la Commission se félicite
de la publication par le Haut Commissariat aux droits de l'homme
du Protocole d'Istanbul : Manuel pour enquêter efficacement
sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants (Série sur la formation professionnelle
n°8). Elle se félicite également de la création
au Haut Commissariat d'une base de données unifiée
sur les spécialistes de médecine légale et
demande au Haut Commissaire d'actualiser constamment cette base.
Elle encourage les gouvernements à mettre en place des
procédures permettant d'enquêter et d'établir
la réalité des faits de manière approfondie,
prompte et impartiale.
Aux termes d'une résolution sur le droit à
restitution, à indemnisation et à réadaptation
des victimes de graves violations des droits de l'homme et des
libertés fondamentales (E/CN.4/2003/L.44), adoptée
sans vote, la Commission demande l'établissement,
en consultation avec les experts indépendants, M. Theo
van Boven et M. Cherif Bassiouni, d'une version révisée
des Principes fondamentaux et directives concernant le
droit à un recours et à réparation des victimes
de violations du droit international relatif aux droits de l'homme
et du droit international humanitaire. Elle demande au Haut-Commissaire
d'organiser une deuxième réunion de consultation,
en vue de mettre au point la version définitive des Principes.
Par une résolution sur le renforcement de
la participation populaire, de l'équité, de la justice
sociale et de la non-discrimination en tant que fondements essentiels
de la démocratie (E/CN.4/2003/L.47), adoptée
par 29 voix contre 12, avec 12 abstentions, la Commission réaffirme
que, si toutes les démocraties ont des points communs,
il n'existe pas un modèle unique de démocratie.
Elle affirme que la consolidation de la démocratie exige
la promotion et la protection de tous les droits de l'homme pour
chacun, qu'il s'agisse des droits civils et politiques ou des
droits économiques, sociaux et culturels, notamment le
droit au développement. Elle réaffirme aussi que
la tenue d'élections libres et régulières,
la participation et le contrôle populaires, le débat
public et l'égalité politique des citoyens sont
les éléments essentiels de la démocratie.
Elle exhorte tous les Etats à promouvoir une démocratie
qui, s'appuyant sur la reconnaissance de la dignité intrinsèque
et des droits égaux et inaliénables de tous les
membres de la famille humaine, favorise le bien-être des
populations, en rejetant toutes les formes de discrimination et
d'exclusion.
Par une résolution sur l'interdépendance
de la démocratie et des droits de l'homme (E/CN.4/2003/L.49
amendé), adoptée par 36 voix pour, aucune contre
et 17 abstentions, la Commission réaffirme être
convaincue que la démocratie, le développement et
le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales
sont interdépendants et synergiques, et que la démocratie
est fondée sur la volonté librement exprimée
des êtres humains de déterminer leurs propres systèmes
politiques, économiques, sociaux et culturels, ainsi que
sur leur pleine participation à tous les aspects de leur
existence. Elle prie le Haut Commissariat d'élaborer un
recueil de documents ou de textes adoptés et utilisés
par différentes organisations intergouvernementales internationales,
régionales et sous-régionales, qui s'efforcent de
promouvoir et consolider la démocratie. Elle prie le Haut
Commissariat d'organiser un second séminaire d'experts,
en 2004, afin d'examiner plus avant l'interdépendance de
la démocratie et des droits de l'homme, sur le thème
La démocratie et l'état de droit, qui sera
financé par des contributions volontaires.
Aux termes d'une résolution sur les droits
de l'homme et terrorisme (E/CN.4/2003/L.51), adoptée
par 30 voix contre 12, avec 11 abstentions, la Commission demande
instamment aux États de s'acquitter des obligations qui
leur incombent au titre de la Charte des Nations Unies,
dans le strict respect du droit international, pour empêcher,
combattre et éliminer le terrorisme sous toutes ses formes.
Elle engage les Etats à prendre les mesures appropriées,
conformément aux dispositions pertinentes de leur législation
nationale et du droit international afin de s'assurer, avant d'octroyer
le statut de réfugié, que les demandeurs d'asile
n'ont pas organisé ou facilité la perpétration
d'actes de terrorisme ou n'y ont pas participé, et à
veiller, conformément au droit international, à
ce que les auteurs ou les organisateurs d'actes de terrorisme
ou ceux qui facilitent de tels actes ne détournent pas
à leur profit le statut de réfugié, et à
ce que la revendication de motivations politiques ne soit pas
considérée comme pouvant justifier le rejet de demandes
d'extradition de terroristes présumés.
Par une résolution adoptée sans vote (E/CN.4/2003/L.53/Rev.1),
la Commission exhorte les gouvernements concernés
à coopérer avec le Groupe de travail sur la question
des disparitions forcées ou involontaires ; à prendre des mesures pour protéger les témoins des disparitions forcées, ainsi que les avocats et les familles des personnes disparues, contre toute intimidation ou tout mauvais traitement dont ils pourraient faire l'objet; et à prévoir dans leur système juridique un mécanisme permettant aux victimes de disparitions forcées ou involontaires ou à leurs familles de rechercher une indemnisation équitable et adéquate. Elle demande au Groupe de travail intersessions ayant pour mandat d'élaborer un projet d'instrument normatif juridiquement contraignant pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées de poursuivre ses travaux.
Par une résolution sur l'intégrité
de l'appareil judiciaire (E/CN.4/2003/L.54 amendé),
adoptée par 31 voix contre une et avec 21 abstentions,
la Commission souligne qu'il importe que toute personne
accusée d'un acte délictueux soit présumée
innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été
légalement établie au cours d'un procès public
où toutes les garanties nécessaires à la
défense lui auront été assurées. Elle
prie instamment les Etats de garantir à toute personne
traduite devant un tribunal ou une cour relevant de leur juridiction
le droit d'être présente à son procès
et de se défendre elle-même ou d'avoir l'assistance
d'un défenseur de son choix. Elle demande aux Etats qui
ont institué des tribunaux militaires pour juger les auteurs
d'infractions pénales de veiller à ce que ces tribunaux
fassent partie intégrante de l'appareil judiciaire normal
et appliquent les procédures dûment établies.
Par une résolution sur les exécutions
extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires (E/CN.4/2003/L.57/Rev.1),
adoptée par 37 voix pour, aucune contre et 16 abstentions,
la Commission condamne énergiquement une fois de
plus toutes les exécutions extrajudiciaires, sommaires
ou arbitraires qui continuent d'avoir lieu partout dans le monde.
Elle réaffirme que tous les Etats ont l'obligation de garantir
la protection du droit naturel à la vie de toutes les personnes
placées sous leur juridiction et demande aux Etats concernés
d'enquêter promptement et de manière approfondie
sur tous les crimes qui sont perpétrés de par le
monde sous le prétexte de la passion ou au nom de l'honneur,
sur tous les crimes commis pour un motif discriminatoire quelconque,
y compris à raison de l'orientation sexuelle, sur les actes
de violence à caractère racial entraînant
la mort de la victime, sur les meurtres de membres de minorités
nationales, ethniques, religieuses et linguistiques, de réfugiés,
de personnes déplacées à l'intérieur
de leur propre pays, d'enfants des rues ou de membres de communautés
autochtones, sur les crimes motivés par les activités
menées par les victimes en tant que défenseurs des
droits de l'homme, avocats, journalistes ou manifestants, en particulier
en tant que conséquence de l'exercice par ces personnes
du droit à la liberté d'opinion et d'expression
ainsi que sur les autres cas où le droit à la vie
de la victime a été violé, d'en traduire
les auteurs en justice devant les magistrats compétents,
indépendants et impartiaux.
Aux termes d'une résolution portant sur l'élimination
de toutes les formes d'intolérance religieuse (E/CN.4/2003/L.58
amendé), adoptée par 51 voix, aucune contre et 2
abstentions, la Commission, reconnaissant avec une profonde
préoccupation la montée générale de
cas d'intolérance qui ont pour cible les membres de nombreuses
communautés religieuses de par le monde, y compris des
cas motivés par l'islamophobie et l'antisémitisme,
condamne toutes les formes d'intolérance et de discrimination
fondées sur la religion ou la conviction et demande instamment
aux Etats de veiller à ce que leurs systèmes constitutionnels
et législatifs instituent des garanties adéquates
et effectives pour assurer à tous, sans distinction, la
liberté de pensée, de conscience, de religion et
de conviction et à ce qu'aucun individu relevant de leur
juridiction ne soit privé, en raison de sa religion ou
de ses convictions, du droit à la vie ou du droit à
la liberté et à la sûreté de sa personne,
ni soumis à la torture, ni arbitrairement arrêté
ou détenu pour cette raison, et à ce que tous les
auteurs de violations de ces droits soient traduits en justice.
Source : Nations unies, Genève, 25 avril 2003.
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