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15 MARS - 25 AVRIL 2003, 59e SESSION DE LA COMMISSION
__ II. ADOPTION DE RESOLUTIONS, DECISIONS ET DECLARATIONS
PROMOTION ET PROTECTION DES DROITS DE LHOMME
[Fonctionnement efficace des mécanismes de protection des droits de l'homme - Sous-Commission pour la promotion et la protection des droits de l'homme]
Au titre de la promotion et de la protection des droits de l'homme, la Commission a adopté huit résolutions et une décision.
Par une résolution sur les défenseurs
des droits de l'homme (E/CN.4/2003/L.87), adoptée sans
vote, la Commission décide de proroger de trois
ans le mandat de la Représentante spéciale du Secrétaire
général pour la question des défenseurs des
droits de l'homme. Elle condamne toutes les violations des droits
de l'homme commises à l'encontre des personnes qui s'emploient
à promouvoir et défendre les droits de l'homme et
les libertés fondamentales dans le monde entier. Elle invite
instamment tous les gouvernements à coopérer avec
la Représentante spéciale, à l'aider dans
l'accomplissement de sa tâche et à lui fournir, sur
sa demande, toutes les informations nécessaires à
l'exécution de son mandat.
Par une résolution sur la question de la
peine de mort (E/CN.4/2003/L.93), adoptée par 24 voix
pour, 18 contre et 10 abstentions, la Commission engage
tous les Etats qui n'ont pas encore aboli la peine de mort à
limiter progressivement le nombre d'infractions qui emportent
cette peine. Elle les engage aussi à abolir définitivement
la peine de mort et, en attendant, instituer un moratoire sur
les exécutions. Elle prie enfin les Etats qui ont reçu
une demande d'extradition concernant une personne qui encourt
la peine de mort de se réserver explicitement le droit
de refuser l'extradition s'ils ne reçoivent pas des autorités
compétentes de l'Etat demandeur des assurances concrètes
que la peine capitale ne sera pas appliquée.
Dans une résolution portant sur l'impunité
(E/CN.4/2003/L.101 amendé), adoptée sans vote, la
Commission demande aux Etats de continuer à appuyer
les travaux du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie
et du Tribunal international pour le Rwanda, et d'étudier
les moyens d'appuyer d'autres initiatives visant à la création
de mécanismes judiciaires, avec le concours de l'Organisation
des Nations unies, dans le respect des normes internationales
relatives à la justice, à l'équité
et à l'état de droit, y compris aux niveaux régional
et national. Elle prie le Secrétaire général
de commander une étude indépendante, assortie de
recommandations, sur les pratiques exemplaires, pour aider les
Etats à renforcer les moyens dont ils disposent au niveau
national pour combattre tous les aspects de l'impunité,
et de la présenter à la Commission à sa prochaine
session au plus tard.
Dans une résolution portant sur le rôle
d'une bonne gouvernance dans la promotion des droits de l'homme
(E/CN.4/2003/L.90 amendé), adoptée sans vote, la
Commission prie le Haut Commissaire aux droits de l'homme
d'inviter à participer au séminaire les Etats, les
institutions nationales de défense des droits de l'homme,
les organes et organismes compétents des Nations unies,
les autres organismes internationaux compétents ainsi que
les organisations non gouvernementales nationales et internationales
intéressées, et d'établir une compilation
des idées et pratiques dont il serait possible de s'inspirer,
telles qu'elles se dégageront du séminaire.
Par une résolution portant sur le renforcement
de la coopération internationale dans le domaine des droits
de l'homme (E/CN.4/2003/L.39 amendé), adoptée
sans vote, la Commission prie instamment tous les acteurs
intervenant sur la scène internationale d'édifier
un ordre international fondé sur la non-exclusion, la justice,
l'égalité et l'équité, la dignité
humaine, la compréhension mutuelle et la promotion et le
respect de la diversité culturelle et des droits de l'homme
universels, et de rejeter toutes les doctrines d'exclusion fondées
sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie
et l'intolérance qui y est associée. Elle demande
aux Etats Membres, aux institutions spécialisées
et aux organisations intergouvernementales de continuer à
mener un dialogue constructif et des consultations en vue de faire
mieux comprendre tous les droits de l'homme et toutes les libertés
fondamentales, de les promouvoir et de les protéger plus
efficacement.
Aux termes d'une résolution relative à
la promotion de la paix en tant que condition essentielle du
plein exercice par toutes les personnes de tous les droits de
l'homme (E/CN.4/2003/L.76), adoptée par 33 voix contre
16, avec 4 abstentions, la Commission déclare solennellement
que préserver la paix et la promouvoir constituent une
obligation fondamentale pour chaque Etat. Elle invite instamment
tous les Etats à respecter et à mettre en pratique
les principes et les buts de la Charte des Nations Unies
dans leurs relations avec tous les autres États, quels
que soient leurs systèmes politique, économique
ou social, leur taille, leur situation géographie ou leur
niveau de développement économique. 
Aux termes d'une résolution relative au développement
des activités d'information dans le domaine des droits
de l'homme, y compris la Campagne mondiale d'information sur les
droits de l'homme (E/CN.4/2003/L.80), adoptée sans
vote, la Commission prie instamment prie instamment le
Département de l'information de produire, en coopération
avec le Haut Commissariat, des documents d'information, en particulier
des matériels audiovisuels, sur tous les aspects des droits
de l'homme à l'occasion de la Campagne mondiale d'information
sur les droits de l'homme et la Décennie des Nations
unies pour l'éducation dans le domaine des droits de l'homme.
Elle insiste sur la nécessité de disposer d'un mécanisme
approprié pour diffuser efficacement le message des droits
de l'homme. Elle prie le Secrétaire général
de prélever sur le budget ordinaire de l'ONU des ressources
suffisantes pour permettre au Haut Commissariat et au Département
de l'information d'exécuter intégralement leurs
programmes respectifs.
Aux termes d'une résolution relative à
la promotion d'un ordre international démocratique et
équitable (E/CN.4/2003/L.84), adoptée par 31
voix contre 15 et avec 7 abstentions, la Commission exhorte
tous les acteurs intervenant sur la scène internationale
à édifier un ordre international fondé sur
la non-exclusion, la justice, la paix, l'égalité
et l'équité, la dignité humaine, la compréhension
mutuelle, ainsi que la promotion et le respect de la diversité
culturelle et les droits de l'homme universels, et à rejeter
toutes les doctrines d'exclusion fondées sur le racisme,
la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance
qui y est associée. Elle exhorte les Etats à continuer
de s'efforcer, par une coopération internationale accrue,
de créer un ordre international démocratique et
équitable
. Par une résolution sur la Convention pour la prévention
et la répression du crime de génocide (E/CN.4/2003/L.91
amendé), adoptée sans vote, la Commission invite
les Etats qui ne l'ont pas encore fait à ratifier la Convention
ou à y adhérer et, en tant que de besoin, à
adopter une législation nationale conformément aux
dispositions de la Convention.
La Commission a adopté sans vote une résolution
sur la protection des droits de l'homme dans la lutte contre
le terrorisme (E/CN.4/2003/L.94) dans laquelle elle encourage
les Etats à tenir compte, dans la lutte antiterroriste,
des résolutions et décisions pertinentes de l'Organisation
des Nations unies concernant les droits de l'homme. Elle les incite
à prendre en considération les recommandations émanant
des procédures et mécanismes spéciaux de
la Commission des droits de l'homme et les observations et vues
pertinentes des organes des Nations Unies créés
en vertu des traités internationaux relatifs aux droits
de l'homme.
Par une résolution portant sur les droits
de l'homme et la bioéthique (E/CN.4/2003/L.95), adoptée
sans vote, la Commission prie instamment les Etats de prendre
des mesures en vue d'assurer la protection et la confidentialité
des données génétiques à caractère
personnel concernant des individus vivants ou décédés.
Elle encourage les Etats à participer aux débats
du Groupe de travail de la Sixième Commission, qui se tiendront
du 29 septembre au 3 octobre 2003, au titre du point appelé
Convention internationale contre le clonage humain à
des fins de reproduction.
Aux termes d'une résolution sur la Décennie
des Nations unies pour l'éducation dans le domaine des
droits de l'homme (E/CN.4/2003/L.99 amendé), adoptée
sans vote, la Commission demande instamment à tous
les gouvernements de renforcer leur contribution à l'application
du Plan d'action de la Décennie, notamment en encourageant
la création, compte tenu de la situation existant dans
chaque pays, de comités nationaux pour l'éducation
dans le domaine des droits de l'homme largement représentatifs,
qui seront chargés d'établir des plans d'action
nationaux détaillés, efficaces et viables pour l'éducation
et l'information dans ce domaine. La Commission prie en outre
le Haut Commissariat, en coopération avec l'UNESCO, de
consulter les Etats Membres sur les succès et les lacunes
de la Décennie en cours sur l'éducation dans le
domaine des droits de l'homme, en tenant compte des vues exprimées
dans le rapport d'évaluation à mi-parcours (A/55/360).
La Commission, par une résolution portant
sur les droits de l'homme et l'environnement en tant qu'éléments
du développement durable (E/CN.4/2003/L.100/Rev.1),
engage les États à prendre toutes les mesures nécessaires
pour garantir à toute personne menant une activité
de promotion de la protection de l'environnement et du développement
durable l'exercice légitime de ses droits fondamentaux.
Elle encourage tous les efforts visant à mettre en application
les principes de la Déclaration de Rio, en particulier
le Principe 10, de manière à contribuer, entre autres,
à assurer l'accès effectif à des actions
judiciaires et administratives, notamment des réparations
et des recours.
Par une décision (projet de décision
10 de la Sous-Commission) adoptée sans vote, la Commission
approuve la décision de la Sous-Commission de nommer Mme
Barbara Frey Rapporteuse spéciale chargée de procéder
à une étude complète de la question de la
prévention des violations des droits de l'homme imputables
à la disponibilité et à l'utilisation abusive
d'armes de petit calibre et d'armes légères.
Au titre de la question du fonctionnement efficace des mécanismes
de protection des droits de l'homme, la Commission a adopté
quatre résolutions et une décision.
Par une résolution portant sur les institutions
nationales pour la promotion et la protection des droits de l'homme
(E/CN.4/2003/L.89), adoptée sans vote, la Commission
encourage les Etats à créer de telles institutions
ou à les renforcer, quand elles existent déjà,
comme il est indiqué dans la Déclaration
et le Programme d'action de Vienne. Elle reconnaît
le rôle important et constructif que les institutions nationales
peuvent jouer dans l'éducation aux droits de l'homme, notamment
par la publication et la diffusion de matériel sur les
droits de l'homme et d'autres activités d'information.
Elle prie le Secrétaire général de continuer
à fournir, dans la limite des ressources existantes, l'assistance
nécessaire pour que le Comité international de coordination
se réunisse pendant les sessions de la Commission, sous
les auspices du Haut Commissariat et en coopération avec
lui. Elle le prie de continuer à fournir, dans les limites
des ressources existantes et des disponibilités du Fonds
de contributions volontaires pour la coopération technique
dans le domaine des droits de l'homme, l'assistance nécessaire
aux réunions internationales et régionales des institutions
régionales.
Aux termes d'une résolution sur la composition
du personnel du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits
de l'homme (E/CN.4/2003/L.83), adoptée par 32 voix
contre 14 et 7 abstentions, la Commission prie le Secrétaire
général de prendre les mesures nécessaires
pour qu'une attention particulière soit accordée
au recrutement de personnes originaires d'Etats Membres non représentés
et sous-représentés. Elle demande instamment aux
donateurs de verser, dans toute la mesure possible, leurs contributions
volontaires sans affectation particulière, pour donner
au Haut Commissaire une souplesse dans la répartition du
personnel et des ressources entre les différents projets
et activités.
Par une décision sur l'amélioration
du fonctionnement du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits
de l'homme s'agissant des mécanismes de la Commission des
droits de l'homme (E/CN.4/2003/L.96), la Commission
a décidé de prier le Haut Commissaire de veiller
à une coordination plus efficace entre les divers services
du Haut Commissariat afin de prévenir les chevauchements
et/ou les doubles emplois; de s'assurer que les communications
reçues ou les appels urgents émis dans le cadre
du système des procédures spéciales sont
transmis au pays visé accompagnés de l'autorisation
écrite des rapporteurs spéciaux, experts indépendants
ou groupes de travail conformément aux critères
normaux et aux normes d'admissibilité en la matière;
d'abandonner la pratique actuelle consistant à transmettre
d'office des listes mensuelles de communications et leur contenu
à d'autres organes ou organismes des Nations unies, sauf
autorisation expresse à cet effet accordée par la
Commission et le Conseil économique et social.
Aux termes d'une résolution sur la coopération
régionale pour la promotion et la protection des droits
de l'homme dans la région de l'Asie et du Pacifique
(E/CN.4/2003/L.82), adoptée sans vote, la Commission encourage tous les Etats de la région à prendre des mesures concrètes au niveau national, en ce qui concerne la mise en uvre du Cadre du programme de coopération technique régionale en Asie et dans le Pacifique, et à faire en sorte que les ateliers régionaux organisés dans le contexte du Cadre s'accompagnent d'activités concrètes et durables ainsi que de programmes de formation et de sensibilisation destinés aux agents de l'État et aux représentants de groupes professionnels clefs concernés, tels que les fonctionnaires de police et de l'administration pénitentiaire, les éducateurs, les juges, les avocats et les parlementaires, selon les besoins.
Par une résolution sur les arrangements
régionaux pour la promotion et la protection des droits
de l'homme (E/CN.4/2003/L.88), adoptée sans vote, la
Commission prie le Secrétaire général de continuer de renforcer les échanges entre l'ONU et les organisations intergouvernementales régionales qui s'occupent de questions relatives aux droits de l'homme, et de dégager, au titre du budget ordinaire de la coopération technique, des ressources permettant au Haut Commissariat d'uvrer en faveur des arrangements régionaux.
Enfin, par une résolution sur les travaux
de la Sous-Commission de la promotion et de la protection des
droits de l'homme (E/CN.4/2003/L.66, amendé), la Commission
décide que la meilleure façon pour la Sous-Commission
de seconder la Commission est de lui soumettre : des études
d'experts et des documents de travail uniquement réalisés
à titre indépendant par ses membres ou leurs suppléants,
des recommandations établies sur la base de ces études
et après un examen exhaustif de celles-ci, ainsi que des
études, travaux de recherche et conseils d'experts, à
la demande de la Commission. Elle se félicite en outre
des améliorations qu'a apportées la Sous-Commission
à ses méthodes de travail lors de deux dernières
sessions. Elle réaffirme une fois encore sa décision
à l'effet que la Sous-Commission n'adopte pas de résolution,
de décision ou de déclaration du Président
visant des pays spécifiques. Elle réaffirme aussi
que la Sous-Commission devrait pouvoir continuer à débattre
de situations dont la Commission n'est pas saisie et à
examiner des questions urgentes concernant des violations graves
des droits de l'homme dans n'importe quel pays. La Commission
demande aux Etats, en présentant des candidats et en élisant
des membres de la Sous-Commission et leurs suppléants:
d'être conscients qu'il importe particulièrement
que cet organe soit indépendant et qu'il soit perçu
comme tel; d'avoir à l'esprit la nécessité
de tenir compte, d'une façon équilibrée,
tant des vertus de la continuité que de l'importance du
renouvellement; d'élire des membres ayant une compétence
reconnue dans le domaine des droits de l'homme.
Source : Nations unies, Genève, 25 avril 2003.
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