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GENEVE, 60e SESSION / LA SITUATION AU PROCHE-ORIENT La Commission des droits de l'homme a condamné,
le 24 mars 2004, l'assassinat par Israël du chef spirituel
du Hamas cheikh Ahmad Yassine, dans une résolution
adoptée à une large majorité. Elle note avec
inquiétude les incidences de tels assassinats, liquidations
et meurtres ciblés de dirigeants politiques par les forces
israéliennes d'occupation sur la situation générale,
et en particulier le risque d'une nouvelle vague de violence.
Elle exhorte Israël à respecter le plus strictement
les principes du droit international humanitaire et à cesser
toute forme de violation des droits de l'homme dans le territoire
palestinien occupé. Le texte "condamne vigoureusement les graves violations des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, en particulier l'assassinat tragique de cheikh Ahmad Yassine le 22 mars, en contradiction avec la IVème Convention de Genève" [sur la protection des populations civiles en temps de guerre]. Avant l'adoption de ce texte, une quarantaine de délégations d'Etats membres et observateurs ont fait des déclarations, les deux premiers étant les représentants d'Israël et de la Palestine, en tant que parties concernées. Des organisations non gouvernementales ont également pris la parole sur cette question. Le représentant d'Israël a assuré
que l'opération menée contre le cheikh Yassine n'était
pas un acte de vengeance, mais s'inscrit dans un effort général
de lutte contre le terrorisme et ses sources. Il a affirmé
que le Hamas, fondé et dirigé par le cheikh
Yassine, est le principal instigateur de la vague de violence
subie par Israël ces dernières années.
Le cheikh Yassine n'était pas un dirigeant spirituel innocent
ni un "vieux monsieur", comme certains ont pu l'affirmer
ici. Il a approuvé des douzaines d'attentats contre des
civils; il était un acteur éminent du terrorisme
international. Le représentant israélien a ajouté
que la guerre contre le terrorisme ne concerne pas seulement Israël
mais le monde entier. Il s'agit d'un combat pour le droit à
la vie, le droit de vivre sans peur sur son propre territoire. Pour sa part, le représentant de la Palestine a rappelé que la Commission a très souvent adopté des résolutions demandant à Israël de mettre un terme aux multiples violations des droits de l'homme dans le territoire palestinien occupé et, notamment, de mettre fin aux exécutions extrajudiciaires qui sont une violation flagrante du droit fondamental qu'est le droit à la vie. Mais Israël fait fi des résolutions internationales. Plus de 73 Palestiniens ont perdu la vie dans ces assassinats ciblés dont la dernière victime est le cheikh Ahmed Yassine. Ces assassinats, individuels ou collectifs, font d'Israël un Etat terroriste au même titre que les individus ou les groupes qui ont recours à ces méthodes et qu'il prétend combattre. Ce crime exige que la communauté internationale réagisse et ne permette pas que ses principes soient foulés aux pieds dans l'impunité, a déclaré le représentant palestinien. Presque tous les membres de la Commission et observateurs qui ont participé au débat ont condamné l'assassinat du cheikh Yassine et la politique d'assassinats ciblés menée par le gouvernement israélien. Certains ont toutefois estimé que la Commission n'était pas le lieu pour l'examen de ces questions, soulignant en particulier que le Conseil de sécurité des Nations unies est actuellement saisi de la question. Plusieurs intervenants ont demandé l'adoption de mesures pour assurer la protection du peuple palestinien. L'ADOPTION DE LA RESOLUTION "SUR LA GRAVE SITUATION DANS LE TERRITOIRE PALESTINIEN OCCUPE"Aux termes de la résolution "sur la grave situation dans le territoire palestinien occupé" (E/CN.4/2004/L.4), adoptée par 31 voix pour, 2 voix contre et 18 abstentions, la Commission condamne fermement les violations graves des droits de l'homme qui continuent d'être perpétrées dans le territoire palestinien occupé, en particulier le tragique assassinat, le 22 mars 2004, de cheikh Ahmed Yassine, en infraction à la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre. La Commission note avec inquiétude les incidences de tels assassinats, liquidations et meurtres ciblés de dirigeants politiques par les forces israéliennes d'occupation sur la situation générale et en particulier le risque d'une nouvelle vague de violence. Elle exhorte Israël à respecter le plus strictement les principes du droit international humanitaire et à cesser toute forme de violation des droits de l'homme dans le territoire palestinien occupé. Ont voté pour (31) : Afrique du Sud, Arabie saoudite,
Argentine, Arménie, Bahreïn, Bhoutan, Brésil,
Burkina Faso, Chili, Chine, Congo, Cuba, Egypte, Ethiopie, Erythrée,
Fédération de Russie, Inde, Indonésie, Mauritanie,
Mexique, Népal, Nigeria, Ouganda, Pakistan, Paraguay, Qatar,
Soudan, Sri Lanka, Swaziland, Togo et Zimbabwe. Ont voté contre (2): Australie et Etats-Unis. Abstentions (18): Allemagne, Autriche, Costa Rica, Croatie, France, Guatemala, Honduras, Hongrie, Irlande, Italie, Japon, Pays-Bas, Pérou, République de Corée, République dominicaine, Suède, Royaume-Uni et Ukraine. LE DEBATM. YAAKOV LEVY (Israël), intervenant à titre de partie concernée, a déclaré que la Ligue arabe et l'Organisation de la Conférence islamique se sont efforcées de détourner la Commission des droits de l'homme de sa fonction première, à savoir, l'examen et le débat autour des violations des droits de l'homme partout dans le monde. Il convient de noter que nombre de pays qui appuient le projet de résolution connaissent de telles violations sur leur propre territoire. Le représentant a rappelé que depuis trois ans et demi, d'une vague de violence contre Israël, pas moins de 945 israéliens ont perdu la vie, des milliers d'autres ont été blessés, des centaines marqués à vie. Le premier instigateur de la terreur est le Hamas, fondé par le cheikh Yassine. Cette organisation est à l'origine d'un nombre important d'attentats suicides, d'assassinats dans lesquels des centaines d'Israéliens ont perdu la vie. Le cheikh Yassine n'était pas un dirigeant spirituel innocent ni un "vieux monsieur", comme certains ont pu l'affirmer ici. Il a approuvé des douzaines d'attentats contre des civils; il était un acteur éminent du terrorisme international et le manipulateur cynique de ses adeptes, détournant les principes religieux en amenant des Palestiniens à commettre des attentats suicides. L'opération menée contre le cheikh Yassine n'était pas un acte de vengeance; elle faisait partie intégrante d'un effort général de lutte contre le terrorisme et ses sources. Le représentant israélien a déclaré que, quelles que soient les critiques et les préoccupations exprimées par certains s'agissant du conflit israélo-palestinien, la guerre contre le terrorisme imposée à Israël est une guerre de la plus haute importance et qui ne concerne pas seulement Israël mais le monde entier. Il s'agit d'un combat pour le droit à la vie, le droit de vivre sans peur sur son propre territoire, débarrassé de terroristes cherchant à attaquer notre présent et notre futur. M. NABIL RAMLAWI (Palestine), s'exprimant en tant que
partie concernée, a rappelé que la Commission a
très souvent adopté des résolutions demandant
à Israël de mettre un terme aux multiples violations
des droits de l'homme dans le territoire palestinien occupé
et, notamment, de mettre fin aux exécutions extrajudiciaires
qui sont une violation flagrante du droit fondamental qu'est le
droit à la vie. Mais Israël fait fi des résolutions
internationales. Plus de 73 Palestiniens ont perdu la vie dans ces assassinats ciblés et la dernière victime est le cheikh Ahmed Yassine. Israël est un pays qui a recours à tous les moyens pour commettre des crimes contre les Palestiniens. Pire encore, à chaque assassinat de civils palestiniens, le gouvernement israélien se félicite, comme cela s'est produit après l'assassinat de cheikh Yassine ou celui d'autres leaders palestiniens. Ces assassinats, individuels ou collectifs, font d'Israël un État terroriste au même titre que les individus ou les groupes qui ont recours à ces méthodes et qu'il prétend combattre. Le terrorisme d'Etat d'Israël ne se contente pas de semer la terreur parmi les Palestiniens mais menace aussi la communauté internationale comme cela s'est produit avec l'assassinat de l'envoyé des Nations Unies, le Comte Bernadotte, en 1948. Et depuis, les massacres se sont poursuivis, à Sabra et Chatila, à Gaza, et tous les actes criminels qui sont commis dans le territoire palestinien occupé. Il y a deux ans, a-t-il ajouté, Israël a ouvert le feu sur Mary Robinson, haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, lors de sa visite officielle dans le territoire palestinien. L'assassinat de cheikh Yassine, et des sept personnes qui l'accompagnaient, est bel et bien un crime flagrant et une violation flagrante des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Ce crime exige que la communauté internationale réagisse et ne permette pas que ses principes soient foulés aux pieds dans l'impunité. M. MOHAMED-SALAH DEMBRI (Algérie) a vivement déploré qu'Israël se félicite publiquement de l'assassinat du cheikh Ahmed Yassine, chef spirituel d'un mouvement de résistance populaire. L'autodéfense du peuple palestinien depuis 50 ans est le seul moyen qui lui reste d'être entendu. Les chars israéliens viennent d'autre part d'entrer à Jénine et y sèment la mort. L'holocauste du peuple palestinien se poursuit donc en ce début du troisième millénaire. Israël a déjà commis des assassinats de dirigeants palestiniens par le passé, mais jamais, a dénoncé M. Dembri, même dans les pires moments de l'histoire, un chef de gouvernement n'a revendiqué ouvertement une entreprise d'extermination d'un peuple entier. Israël doit être sanctionné de manière exemplaire par la Commission. MME CAROLINE MILLER (Australie) a déclaré que son pays n'a pas voté en faveur de la convocation d'une séance extraordinaire car il considère que cela ne favorisera la cause de la paix au Moyen-Orient. L'Australie a toujours soutenu le droit d'Israël à se défendre contre le terrorisme. Le Hamas est une organisation terroriste interdite par la loi australienne. Toutefois, l'Australie est opposée à des assassinats ciblés et exprime sa préoccupation face à l'assassinat de dirigeants palestiniens qui ne peut que conduire à l'escalade de la violence. L'Australie a appelé les parties au conflit au calme et à la mesure. M. SAEED MOHAMED AL-FAIHANI (Bahreïn) a estimé
que l'assassinat du cheikh Yassine constitue une escalade sans
précédent et ne peut ouvrir la porte qu'à
d'autres assassinats, ce qui ne peut que provoquer d'autres effusions
de sang. La Commission devrait garantir le droit du peuple palestinien
et condamner cet assassinat. Il a souhaité que la communauté
internationale veille à ce que cessent ces assassinats
et que les négociations de paix reprennent. M. TOUFIK ALI (Bangladesh) a condamné vigoureusement l'acte odieux, violation flagrante du droit international. Les forces israéliennes doivent cesser immédiatement leurs entreprises inhumaines et contraires au droit humanitaire. Le Bangladesh appuie le droit inaliénable du peuple palestinien à une patrie qui lui soit propre. M. CARLOS ANTONIO DA ROCHA PARANHOS (Brésil) a condamné l'assassinat du cheikh Yassine et a appelé les deux parties au conflit israélo-palestinien à la modération et à la reprise des négociations afin qu'une recrudescence déplorable de la violence ne porte pas atteinte aux perspectives de paix dans la région. M. JUAN MARTABIT (Chili) a condamné sans ambiguïtés les actes terroristes et exprimé son refus ferme de tout acte de violence d'où qu'il vienne, surtout quand il est en violation du droit international. Rien ne justifie l'assassinat d'hommes, de femmes et d'enfants, israéliens ou palestiniens sous quelque prétexte que ce soit. Il s'est félicité de la tenue de cette session extraordinaire, rappelant que les Palestiniens ont le droit de vivre dans un Etat indépendant et les Israéliens, à l'intérieur de frontières sûres. Il a appelé les parties à faire tout le nécessaire pour renverser cette spirale de violence et se réengager dans le processus de paix. M. SHA ZUKANG (Chine) a déclaré être choqué par l'assassinat du cheikh Yassine par Israël et condamne cet acte, estimant que les "assassinats ciblés" ne sont pas une solution à la question proche-orientale, mais qu'elles ne feront qu'aggraver la situation. Cette solution passe par le dialogue et la négociation basés sur résolutions des Nations Unies et sur le principe de "la paix pour la terre". Israël doit cesser ces assassinats ciblés, mettre un terme à ses actions militaires dans les territoires palestiniens et retourner à la table de la négociation. En tant que membre du Conseil de sécurité, la Chine soutiendra la cause palestinienne, a conclu le représentant chinois. M. ROGER JULIEN MENGA (Congo) a déclaré
que l'assassinat du cheikh Yassine, perpétré avec
beaucoup de cynisme est une violation manifeste du droit international
et des droits de l'homme en ce qu'il constitue une exécution
extrajudiciaire inacceptable qui ne peut qu'envenimer les tensions
dans la région et créer un obstacle supplémentaire
au nécessaire dialogue devant mener à la résolution
pacifique du conflit. Le Congo appelle les deux parties à
beaucoup de retenue, et condamne cet assassinat odieux. M. MANUEL A. GONZÁLEZ-SANZ (Costa Rica) a réaffirmé sa solidarité avec les peuples palestinien et israélien et a souligné que le Costa Rica désire la paix. Le Costa Rica estime que le dialogue et la négociation sont les seules voies valables pour la résolution du conflit au Proche-Orient. Les deux peuples ont le droit de vivre en paix; mais ils ont également la responsabilité de rechercher la paix par tous les moyens, a souligné le représentant costa-ricien. Le Costa Rica ne saurait souscrire aux exécutions ni aux attentats suicides, a-t-il poursuivi. Par le passé, le mouvement du Hamas a eu l'occasion de dialoguer, mais il a préféré opter pour l'agression, a-t-il rappelé. Pour autant, le caractère atroce des actes perpétrés par ce mouvement ne peut justifier la violation du droit international que constituent les assassinats ciblés. Le Costa Rica condamne fermement de tels assassinats, a souligné le représentant costa-ricien. Il a toutefois précisé que le projet de texte présenté dans le cadre de cette séance spéciale aurait dû aborder les deux aspects du problème. M. JUAN ANTONIO FERNÁNDEZ PALACIOS (Cuba) a déploré qu'une solution n'ait pu être trouvée au conflit israélo-palestinien, de manière à mettre un terme aux souffrances du peuple palestinien. L'assassinat du cheikh Yassine, qui sortait de la mosquée dans son fauteuil roulant et a été victime d'un missile tiré depuis un hélicoptère, est inacceptable, a-t-il déclaré. Le gouvernement israélien prétend justifier de tels actes criminels en invoquant l'autodéfense alors qu'il recourt au terrorisme d'État en s'appuyant sur un appareil de mort qui n'a pu être perfectionné au fil des années que grâce à l'appui des Etats-Unis. Aucun autre pays n'agit avec autant de mépris à l'égard du droit international et cela n'est possible que parce qu'Israël bénéficie du soutien inconditionnel des États-Unis, qui lui offrent une totale impunité, a souligné le représentant cubain. Cuba condamne sans équivoque l'assassinat du cheikh Yassine et votera pour le projet de résolution L.4, a-t-il indiqué. MME NAELA GABR (Egypte) a dénoncé l'assassinat du cheikh Yassine. Elle a rappelé que l'Egypte a été le premier pays à faire la paix avec Israël à travers les Accords de Camp David et qu'elle considère depuis lors que la paix est une option irréversible. L'Egypte a toujours collaboré avec les parties pour la promotion de la paix au Moyen-Orient, a-t-elle rappelé. Le droit international est la seule force disponible pour aller vers la paix, a-t-elle souligné. Elle a affirmé que l'assassinat du cheikh Yassine est un acte barbare qui ne fera qu'accentuer l'escalade de la violence dans la région. Pourquoi Israël procède-t-il à un tel assassinat, s'est demandée la représentante égyptienne ? La réponse est peut-être qu'Israël ne veut pas la paix. L'Egypte espère que cette séance rendra l'espoir aux peuples innocents et pacifiques et permettra de signifier au peuple palestinien que le monde ne l'oublie pas. M. AMARE TEKLE (Erythrée) a rappelé que
selon son pays, la question à l'examen aurait pu être
traitée dans le cadre d'autres discussions de la Commission.
Il n'en demeure pas moins que l'Erythrée condamne l'assassinat
du cheikh Yassine et votera donc en faveur du projet de résolution
présentée aujourd'hui. M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) s'est inquiété de ce que l'assassinat du cheikh Yassine n'attise le cycle de violence au Moyen-Orient, éloignant un peu plus les espoirs de relance du processus de paix. Convaincu qu'il ne peut y avoir de solution militaire au conflit israélo-palestinien, le représentant indien a rappelé la responsabilité qui incombe aux Etats de respecter le droit international. L'Inde déplore profondément la détérioration de la situation, a-t-il ajouté. Il a réaffirmé le soutien inconditionnel de son pays à la cause palestinienne, tout en insistant sur le fait qu'il ne peut y avoir de compromis avec le terrorisme. M. EDDI HARIYADHI (Indonésie) s'est dit particulièrement préoccupé par le fait que le monde assiste à un cycle incessant d'assassinats commis contre les dirigeants du peuple palestinien. La Commission des droits de l'homme devrait contraindre le Gouvernement israélien à mettre fin à ce carnage. Elle devrait inviter Israël à respecter pleinement les principes et règles du droit international. MME MARY WHELAN (Irlande, au nom également de l'Union européenne) a condamné les assassinats extrajudiciaires, contraires au droit international, et dont Israël doit immédiatement cesser la pratique. Elle a également dénoncé les attentats commis par le Hamas contre les civils israéliens. Israël a le droit de défendre ses citoyens, mais le recours aux assassinats ciblés est illégal. De plus, il ne fait qu'envenimer la situation. L'Union européenne appelle le Ggisraélien à lever les obstacles qui empêchent les organisations humanitaires et le personnel médical d'accomplir leurs missions. Elle appelle encore les peuples palestinien et israélien à regarder au-delà des récents événements et à prendre les mesures politiques indispensables au progrès dans les efforts de paix. D'autre part, a déclaré Mme Whelan, l'Union européenne aurait souhaité discuter du projet de résolution avec ses promoteurs, afin de le rééquilibrer. L'Union européenne s'abstiendra lors du vote. M. MOHAMMAD REZA ALBORZI (Iran) a fermement condamné le massacre sans merci de Palestiniens et l'assassinat ciblé du cheikh Yassine, estimant qu'il s'agit là d'un acte évident de terrorisme d'État qui révèle un peu plus à la communauté internationale le visage violent du Gouvernement israélien. Ces atrocités sont d'autant plus choquantes qu'elles se produisent pendant la session de la Commission, montrant encore une fois la défiance persistante d'Israël face à cet organe. Il est grand temps que la Commission examine des mécanismes préventifs pour mettre un terme à l'agression persistante d'Israël contre le peuple palestinien sans défense. M. SHIGERU ENDO (Japon) a profondément regretté
l'assassinat du cheikh Yassine, qui risque d'exacerber la violence
dans la région. Le gouvernement du Japon prie Israël
de faire preuve du maximum de retenue afin d'éviter que
la situation ne se détériore encore davantage. Nous
invitons les deux parties à garder le calme et à
reprendre immédiatement le dialogue. M. SHEHAB A. MADI (Jordanie) a estimé que l'assassinat commis par Israël est un crime contre le peuple palestinien et une violation claire du droit international. Israël doit se retirer des territoires qu'il occupe et retourner à la table des négociations. La Jordanie demande à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et d'uvrer au redémarrage du processus de paix et d'empêcher la poursuite des violences dans la région. M. DHARAR ABDUL-RAZZAK RAZZOOQI (Koweït) s'est interrogé sur l'objectif visé par Israël en assassinant un homme âgé et handicapé. Doutant que cela puisse améliorer la sécurité d'Israël, il a au contraire estimé que cet acte gravissime ne peut déboucher que sur une aggravation de la situation. M. GEBRAN SOUFAN (Liban) a souligné que l'assassinat ciblé du cheikh Yassine est un acte criminel dont les incidences sur la situation au Moyen-Orient sont graves dans la mesure où il pose en principe un nouveau code de conduite international fondé sur la liquidation et les exécutions extrajudiciaires. Un tel assassinat, s'il reste impuni, met en péril les règles qui visent à assurer un minimum de compréhension dans un monde troublé. M. ABDARAHMAN BEAMRAN (Libye) a condamné le plus récent assassinat commis par Israël, nouvelle manifestation du terrorisme d'Etat à un moment délicat pour la situation au Moyen-Orient. Israël doit assumer ses responsabilités et revenir à la table des négociations. La Commission doit contribuer à mettre un terme à ces agissements qui sont une menace pour la sécurité de la région. Le peuple palestinien mérite l'indépendance, indépendance dont le cheikh Yassine était le symbole. MME RAJMAH HUSSAIN (Malaisie) a condamné fermement l'escalade des campagnes militaires israéliennes contre le peuple palestinien et sa direction, et en particulier les crimes de guerre et les assassinats délibérés de civils. Les exécutions extrajudiciaires de dirigeants politiques ne sont pas des actes d'autodéfense mais des actes de terrorisme d'Etat. La représentante malaisienne a appelé la Commission à adopter sans hésitation la résolution dont elle est saisie. M. MOHAMED SALECK OULD MOHAMED LEMINE (Mauritanie) a
déclaré que l'assassinat du cheikh Yassine ne peut
qu'aviver la tension et ouvrir la porte du chaos au Moyen-Orient.
L'élimination physique des dirigeants n'a jamais fait fléchir
la volonté d'un peuple, a souligné le représentant.
Les assassinats ciblés n'apporteront pas la sécurité
au peuple israélien. La communauté internationale
doit se poser la question de la sécurité du peuple
palestinien et agir avec davantage de fermeté. M. LUIS ALFONSO DE ALBA GÓNGORA (Mexique) a vivement déploré l'assassinat ciblé commis par l'armée israélienne et dont a été victime le leader spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine. Le gouvernement du Mexique estime que ce genre d'actes entrave la recherche de solutions au conflit israélo-palestinien. Seul le dialogue et la réalisation du droit international constituent des solutions à cet égard. Le Mexique reconnaît le droit du peuple palestinien à un État et le droit du peuple israélien à la sécurité. Il condamne le terrorisme, et réaffirme que les Etats ont l'obligation de le combattre. Les victimes ont quant à elles droit à la justice. Le respect des droits de l'homme, des libertés fondamentales et du droit international doit dans tous les cas prévaloir. Il faut doter l'ONU de normes propres à défendre ces droits dans le cadre de la lutte antiterroriste. M. OMAR HILALE (Maroc) a condamné fermement l'assassinat du cheikh Yassine et d'autres civils sans défense, soulignant les conséquences néfastes de cet acte qui ne peut que provoquer la déstabilisation de la région tout entière. Rappelant qu'il n'y a pas d'alternative aux négociations pour instaurer la paix, il a estimé qu'il est de la responsabilité de tous de condamner cette tendance israélienne de mener des attaques aériennes pour subjuguer le peuple palestinien. Cette session spéciale est une condamnation claire des agissements illégaux d'Israël. Le Maroc demande au quatuor de protéger le peuple palestinien. Il demande également que des mesures immédiates soient prises pour mettre un terme à la détérioration de la situation et pour la reprise des négociations. MME JILLIAN DEMPSTER (Nouvelle-Zélande) a déclaré que des assassinats tels que celui de cheikh Yassine constituent des violations flagrantes des normes du droit international. En outre, ce sont des actes contre productifs au regard du processus de paix au Moyen-Orient qui ne peuvent qu'entraîner une escalade de la violence. Le représentant a par ailleurs souligné qu'en assassinant le leader spirituel du Hamas, on ne fait qu'encourager la sympathie pour ses idées et favoriser le recrutement de nouvelles recrues par les groupes terroristes. La Nouvelle Zélande lance un appel à Israël afin qu'il cesse sa politique d'assassinats ciblés et demande aux deux parties au conflit à agir de façon à briser le cercle de la violence. M. ABDUL BIN RIMDAP (Nigeria) a déclaré
que son pays s'opposait à toutes les formes de terrorisme,
qui doit être résolument combattu. Le conflit israélo-palestinien
est empêtré dans un cycle de violence. Les assassinats
ciblés ne doivent pas se reproduire et les négociations
doivent reprendre selon les modalités prévues par
la feuille de route. Le Nigeria votera en faveur de la résolution. M. AHMED MOHAMED MASOUD AL-RIYAMI (Oman) s'est félicité de la convocation rapide de cette session qui augure d'un sursaut de la communauté internationale pour la défense des droits du peuple palestinien. Toutefois, les pratiques d'agression d'Israël se poursuivent quotidiennement, comme en témoigne ce dernier acte criminel qu'est l'assassinat du cheikh Yassine. Il faut prendre des décisions pour mettre un terme à cette barbarie. M. SHAUKAT UMER (Pakistan) a déclaré que son pays aurait préféré que de telles séances extraordinaires n'aient pas lieu. Cela signifierait que les actes de violence contraires aux droits de l'homme commis par Israël auraient cessé. Malheureusement, ce n'est pas le cas, et la Palestine est fondée à demander le soutien de la communauté internationale. M. MOHAMED ABDULLA AL-DUHAIMI (Qatar) a déploré et réprouvé l'acte barbare commis par Israël contre le cheikh Yassine, qui vise à faire tomber la région dans un cycle de violences sans fin. La communauté internationale doit exiger la fin de ces agressions et refuser le meurtre et l'assassinat d'innocents. Le Qatar se déclare solidaire du peuple palestinien dans la poursuite de son droit à un Etat indépendant. M. VLADIMIR PARSHIKOV (Fédération de Russie) a rappelé que son pays était favorable à la tenue de cette séance extraordinaire car il est très inquiet de l'évolution de la situation dans les territoires occupés, qui est porteuse de nouvelles violences et qui risque de réduire à néant tous les efforts de reprise des négociations. Il est extrêmement important que les deux parties fassent preuve de responsabilité et qu'elles n'aient pas recours à des actes qui risquent d'alimenter encore plus le cycle de la violence et entraver les efforts du quatuor pour mettre en uvre la feuille de route, seule solution pour un règlement juste du conflit au bénéfice de tous. Un projet de résolution au Conseil de sécurité a été examiné sur ce même sujet, a rappelé le représentant russe, précisant que la Fédération de Russie votera pour ce projet qui condamne tous les actes de violence. M. ABDULWAHAB ABDULSALAM ATTAR (Arabie saoudite) a déclaré que les violations flagrantes des droits de l'home par Israël ont atteint leur paroxysme. Le représentant a souligné qu'Israël n'a que faire des résolutions adoptées par les Nations unies. L'assassinat du cheikh Yassine équivaut à une exécution extrajudiciaire. L'Arabie saoudite lance un appel à la communauté internationale afin que cessent ces crimes ignobles. Il est important que la Commission des droits de l'homme condamne cet assassinat. Il en va de la crédibilité de cet organe. M. OUSMANE CAMARA (Sénégal) a exprimé
sa grande préoccupation devant la violence au Proche-Orient,
qui a culminé avec l'assassinat inacceptable du
cheikh Yassine. Le Sénégal rejette le recours à
la force sous toutes ses formes et d'où qu'elle vienne
et demande à Israël de cesser immédiatement
la liquidation planifiée des dirigeants palestiniens. Le
Sénégal se déclare solidaire du peuple palestinien
et votera en faveur de la résolution. MME DUDU KHOSA Afrique du Sud) a condamné l'assassinat du cheikh Yassine, estimant que ces exécutions extrajudiciaires ne peuvent servir que ceux qui ne veulent pas la paix. L'Afrique du Sud a réaffirmé que la seule solution pour mettre un terme à la violence est la fin de l'occupation et des négociations de paix fondées sur la reconnaissance de deux Etats. MME SARALA M. FERNADO (Sri Lanka) a lui aussi condamné l'assassinat du cheikh Yassine, estimant qu'une telle exécution extrajudiciaire représente une violation flagrante du droit international dans le domaine des droits de l'homme. Le Sri Lanka connaît le phénomène du terrorisme qui entraîne d'immenses souffrances pour les civils innocents. Le pays continue d'appuyer les efforts visant à renforcer les mécanismes internationaux de lutte contre le terrorisme. La représentante a appelé Israël et la Palestine à renoncer à toute forme de violence et à faire preuve de retenue. Nous espérons qu'Israël et la Palestine continueront d'uvrer en faveur de la paix au Moyen-Orient sur la base des résolutions pertinentes des Nations Unies. M. MOHAMED ELHASSAN AHMED ELHAJ (Soudan) a déclaré que le peuple palestinien devait pouvoir réaliser son rêve d'état indépendant. L'acte barbare commis par Israël s'inscrit dans une suite de liquidations ignobles de dirigeants palestiniens, il est aussi une tentative de porter le coup de grâce au processus de paix. Le Soudan approuvera le projet de résolution L.4 et appelle tous les pays à faire de même. M. JEAN-DANIEL VIGNY (Suisse) a déploré qu'Israël ne respecte pas ses obligations internationales et poursuive ses exécutions extrajudiciaires et autres violations, ainsi qu'un usage disproportionné de la force contre les civils palestiniens. De même, la Suisse condamne les attentats-suicides qui constituent une des formes les plus abjectes du recours aveugle à la violence et appelé l'Autorité palestinienne à démontrer sa détermination à lutter contre de tels actes. Le respect du droit est condition sine qua non pour mettre un terme à la logique de représailles qui caractérise le conflit israélo-palestinien depuis trop longtemps, a-t-il affirmé. La Suisse appelle les parties à honorer leurs engagements et à reprendre la voie du dialogue. M. HUSSAM-EDIN A'ALA (Syrie) a dénoncé l'ignominie de l'assassinat commis par Israël contre le cheikh Yassine. Ce crime vient s'ajouter à la longue liste des crimes déjà commis par les autorités israéliennes. Une exécution extrajudiciaire de cette sorte ne peut qu'entraîner une escalade de la violence dans la région. Le représentant a estimé qu'il appartient à toutes les organisations internationales compétentes de se mobiliser pour que Israël cesse de se livrer à de tels crimes. Les Nations unies doivent trouver les mécanismes adéquats pour faire cesser de telles violations des droits de l'homme. M. HABIB MANSOUR (Tunisie) a déploré l'assassinat
du cheikh Yassine, acte répréhensible qui ne fera
que compliquer la recherche d'une solution pacifique au conflit
du Proche-Orient. La communauté internationale doit
unanimement condamner cet acte d'Israël. M. RICHARD S. WILLIAMSON (Etats-Unis) a rappelé que son pays se tient aux côtés de ceux qui luttent pour leurs libertés partout dans le monde. Il a relevé que l'ordre du jour de la Commission est déjà très chargé et qu'il contient déjà plusieurs points qui se concentrent sur la conduite d'Israël. Il faut maintenant que toutes les parties exercent un maximum de retenue et se concentrent sur les mesures à prendre pour mettre un terme à l'escalade de la violence et calmer la situation. La communauté internationale doit se demander comment réaliser la paix, a-t-il rappelé, estimant que des résolutions mal équilibrées ne peuvent que porter atteinte aux efforts du Quatuor pour mettre en uvre la feuille de route. Il s'est dit effaré que la Commission des droits de l'homme se soit saisie d'une question examinée au même moment au Conseil de sécurité, ce qui démontre la politisation qui discrédite cet organe. MME BLANCANIEVE PORTOCARRERO (Venezuela) a estimé justifiée l'organisation d'une séance extraordinaire pour entendre les protestations de la communauté internationale face à l'acte impitoyable qui vient d'être commis sur la personne du cheikh Yassine. Le Venezuela condamne l'assassinat du cheikh Yassine et le recours systématique de la violence. La représentante a assuré le peuple palestinien de toute sa sympathie. Elle a lancé un appel aux parties afin qu'elles reprennent le processus de paix. M. MANAF AL SALAHI (Yémen) a dit que son pays condamnait l'escalade de la politique israélienne qui culmine avec l'assassinat ciblé d'hommes politiques palestiniens, mesures illégales contraire aux droit international et qui risque d'entraîner la région dans un cycle de violence incontrôlable. Le processus de paix est actuellement dans l'impasse, et la communauté internationale ne doit pas laisser commettre de tels actes. M. MAJID TRAMBOZ (International Human Rights Association
of American Minorities, au nom de plusieurs organisations non
gouvernementales [1] a condamné l'assassinat du
cheikh Yassine et la politique systématique d'exécutions
extrajudiciaires et le terrorisme d'Etat perpétré
par Israël, ainsi que l'impunité dont il jouit, faisant
fi des résolutions des Nations Unies depuis des années.
Ces politiques ne pourront jamais apporter la paix et la sécurité
à Israël. La Commission doit condamner ces actes
pour ne pas donner son aval à ces exécutions extrajudiciaires,
en particulier dans des pays qui connaissent des mouvements d'autodétermination.
Il a appelé à redoubler les efforts en faveur de
la paix. M. FRAUKE DE KORT (Al Haq, au nom de plusieurs organisations non gouvernementales [2] a exhorté la Commission des droits de l'homme à condamner la politique d'assassinats ciblés menée par Israël et à appeler ce pays à mettre fin à toutes formes de violations des droits de l'homme dans les territoires occupés. La Commission devrait enjoindre les mécanismes spéciaux de contrôler étroitement la situation dans les territoires occupés. La Commission devrait enfin lancer un appel à Israël afin qu'il se retire des territoires occupés et mette ainsi fin à son occupation illégale. LAZARO PARY ANAGUA (Mouvement indien "Tupaj Amaru", au nom de plusieurs organisations non gouvernementales [3] a dénoncé le crime atroce commis par Israël avec l'assentiment tacite des États-Unis et de l'Europe. Après ce crime, le Premier Ministre Sharon a sans vergogne déclaré qu'il poursuivrait cette politique d'assassinats ciblés, a encore déploré le représentant. Comment Israël a-t-il pu humilier le peuple palestinien, tout en accusant son chef, Yasser Arafat, d'être un terroriste, sinon grâce à la complicité des puissances occidentales qui lui ont fourni son arsenal militaire, a demandé le représentant. M. SHIMON SAMUELS (Centre Simon Wiesenthal, au nom également des Associations internationales des avocats et juristes juifs; Organisation internationale des femmes sionistes; Conseil international des femmes juives) a rappelé quel était le vrai visage du cheikh Yassine, qui utilisait son handicap pour avoir une emprise politique encore plus forte. Aucun pays ne peut tolérer les activités meurtrières de quelqu'un comme Yassine contre son propre peuple. Le Hamas a organisé l'escalade de la terreur récemment afin d'empêcher le retrait israélien de Gaza. Sa suppression est un acte de guerre et la législation internationale reconnaît dans ce contexte l'assassinat ciblé comme légal. Israël est une fois de plus victime du deux poids, deux mesures qui caractérisent les travaux de cette Commission. Cette session extraordinaire est un prix payé à la terreur et un feu vert à d'autres atrocités, a estimé le représentant. M. DAVID LITTMAN (l'Union mondiale pour le judaïsme libéral) a rappelé que le cheikh Yassine avait déclaré qu'Israël devait complètement disparaître de la carte. Il a attiré l'attention de la Commission sur le fait que la Charte du Hamas contient un appel non équivoque au génocide et souhaité que la Commission alerte le Comité anti-terroriste du Conseil de sécurité des Nations unies sur ce point. M. HILLEL NEUER (United Nations Watch) a déclaré que les souffrances de millions d'êtres humains dans le monde seront ignorées tandis que seul un Etat est pointé du doigt dans cette procédure ? Chaque Etat peut se joindre à un groupe régional - sauf Israël; certains Etats ne sont jamais dénoncés pour leurs crimes, tandis qu'Israël sera dénoncé cinq fois au cours de cette session, a dit le représentant. 1. Déclaration conjointe : International
Human Rights Association of American Minorities; Secrétariat
international du mouvement 12 décembre; Conseil international
de traités indiens; Nord Sud XXI ; Société
africaine de droit international et comparé; Association
internationale contre la torture; International Educational Development;
Comité international pour le respect et l'application de
la charte africaine des droits de l'homme et des peuples; Commission
africaine des promoteurs de la santé et des droits de l'homme;
Congrès du monde islamique; Fédération internationale
islamique d'organisations d'étudiants. |