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GENEVE, 60e SESSION / LA SITUATION AU PROCHE-ORIENT La Commission des droits de l'homme eu, le 22 avril 2004, un bref débat sur l'évolution de la situation dans le territoire palestinien occupé à la suite de l'assassinat, par l'armée israélienne, de Abdel Aziz Al-Rantissi, nouveau chef du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), le samedi 17 avril. Elle a entendu les déclarations des représentants du Pakistan, s'exprimant au nom de l'Organisation de la Conférence islamique, d'Israël et de la Palestine. Le 24 mars2004, la Commission avait déjà tenu une réunion extraordinaire d'urgence faisant suite à l'assassinat, le 22 mars, du Cheikh Ahmad Yassine, précédent dirigeant du Hamas. La Commission avait adopté, à l'issue de cette réunion, une résolution condamnant cet assassinat et notant avec une profonde inquiétude les incidences de tels assassinats, liquidations et meurtres ciblés de dirigeants politiques par les forces israéliennes d'occupation sur la situation générale dans le territoire palestinien occupé. Des déclarations ont été faites par les représentants du Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence islamique, d'Israël et de la Palestine. LES DECLARATIONSM. SHAUKAT UMER (Pakistan, au nom de l'Organisation
de la Conférence islamique) a rappelé que la Commission
a déjà dû se réunir à titre
exceptionnel après l'assassinat par Israël, en mars,
dans sa chaise roulante, du cheikh Ahmad Yassine, un vieillard
aveugle et handicapé, pour demander à cet Etat de
respecter les principes du droit international et de cesser ses
violations des droits de l'homme dans les territoires palestiniens.
La réaction d'Israël face à l'injonction de
la Commission a été l'assassinat, il y a quelques
jours, de Abdelaziz al-Rantissi, successeur du cheikh Yassine,
illustrant ainsi son mépris pour la résolution adoptée
par cette Commission le 24 mars qui condamnait les assassinats
extrajudiciaires, a dit M. Umer. Le Rapporteur spécial
sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens
a pu chiffrer à plus de 230 personnes, dont 80 femmes,
enfants et passants innocents, le nombre de Palestiniens tués
par Israël par des assassinats ciblés entre octobre
2000 et avril 2003. Rien qu'entre les 10 et 14 juin 2003, ce sont
27 Palestiniens qui ont perdu la vie dans des attaques par hélicoptères.
Aujourd'hui, la Commission doit examiner les conséquences
de l'assassinat de M. Rantissi, a dit M. Umer, rappelant que depuis
le début de la deuxième Intifada, 2'755 Palestiniens
ont été tués et plus de 28'000 blessés. M. Umer a dit que l'Organisation de la conférence islamique appelait une nouvelle fois la communauté internationale, en particulier les grandes puissances, à faire des efforts sincères pour empêcher Israël de se livrer à des actes de violence délibérée et de mettre un terme à des pratiques qui violent les principes du droit international. La communauté internationale doit obtenir d'Israël qu'il renonce à la violence et retourne à la table des négociations pour faire avancer la cause de la paix et appliquer les principes de la feuille de route. Il a aussi prévenu que la construction de murs de séparation ne favorisera pas la sécurité ni ne pourra étouffer les aspirations d'un peuple sous occupation : le problème fondamental reste en effet que la Palestine est bel et bien occupée et qu'il n'y a aucun exemple dans l'histoire de puissance occupante ayant de son propre chef libéré des peuples colonisés. Enfin, M. Umer a relevé que l'occupation et les assassinats ne sont pas la marque de la démocratie dont se prévaut Israël et qu'une solution durable ne pourra être obtenue, pas plus que la paix, dans les conditions actuelles de semi-esclavage du peuple palestinien. M. YAAKOV LEVY (Israël) a rappelé que le Hamas est une organisation terroriste dont l'objectif est la destruction d'Israël. Rantissi, un de ses dirigeants les plus extrémistes, se vantait ouvertement de tous les attentats-suicides en Israël et a clairement énoncé les objectifs politiques du Hamas à l'égard d'Israël, dont il n'accepte pas l'existence. Sous la direction de Rantissi, le Hamas a envoyé plus de cent kamikazes qui ont perpétré des attentats suicides dans lesquels 377 Israéliens ont perdu la vie et des milliers ont été blessés. M. Levy a souligné que Rantissi, comme Yassine, a personnellement approuvé des douzaines d'attentats suicides massifs dans le cadre de la stratégie du Hamas. Rantissi, lui-même pédiatre de profession, a envoyé des enfants au suicide. Il s'est déclaré non seulement ennemi d'Israël mais aussi de la paix, de la feuille de route et de tout effort pour parvenir à un cessez-le-feu. Lorsque Israël répond à ces attaques en légitime défense en frappant la source de cette terreur, à la tête de cette organisation que les Etats-Unis et l'Union européenne ont définie comme terroriste, ou lorsqu'il cherche à se protéger par une barrière de sécurité, Israël fait face aux critiques. Le droit à la vie d'un des peuples représenté dans cette assemblée n'est-il pas aussi sacré que celui des autres, s'est interrogé M. Lévy qui a dénoncé les deux poids, deux mesures qui prévalent dans les décisions de la Commission? L'Autorité palestinienne aurait du agir contre les groupes terroristes tels que le Hamas. Ne l'ayant pas fait, Israël a l'obligation de défendre ses citoyens contre les vagues continues d'attaques suicides, a-t-il fait valoir indiquant que le matin où Rantissi a été tué, le Hamas avait envoyé un autre kamikaze dans la zone industrielle d'Eretz. Mais le Hamas n'est pas la seule organisation qui a adopté une politique radicale, a-t-il relevé, faisant remarquer que depuis qu'il a attiré l'attention sur le papier à en-tête utilisé par l'Observateur de la Palestine, qui présentait une carte de la Palestine qui englobe la bande de Gaza, la Cisjordanie et Israël dans ses frontières d'avant 1967, celui-ci ne distribue plus de discours écrit, ne voulant pas exposer la large disparité qui existe entre ses discours et la politique formelle de son organisation, l'OLP. Rappelant qu'Israël a récemment pris une initiative majeure pour se désengager de Gaza, le représentant israélien a souhaité que les Palestiniens saisissent cette occasion pour mettre un terme à la vague de violence et s'engager à nouveau dans un processus de dialogue. M. NABIL RAMLAWI (Palestine) a rappelé qu'en dépit des nombreuses condamnations prononcées à son encontre par la Commission des droits de l'homme, Israël ne renonce pas à sa politique d'assassinat des dirigeants palestiniens. Une politique qui s'inscrit en réalité dans une longue tradition israélienne, dont l'assassinat de Abdelaziz al-Rantissi n'est malheureusement que l'illustration la plus récente. De telles pratiques ne sont rien d'autres que des exécutions extrajudiciaires qui se perpétuent avec l'appui politique du gouvernementaméricain, dont bénéfice Israël. De telles pratiques violent gravement, et de manière flagrante, les dispositions du droit international, a affirmé le représentant. En 48 heures, 15 Palestiniens ont été tués et des dizaines d'autres blessés au cours d'une attaque livrée au nord de la bande de Gaza. La responsabilité de ces assassinats est entièrement imputable à Israël. Aussi, lançons-nous un appel à la Commission des droits de l'homme et à la communauté internationale pour qu'elles agissent en vue de mettre un terme aux crimes commis par Israël. |